De profundis morpionibus

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De profundis morpionibus est une chanson paillarde. Elle a pour premier titre La mort, l'apparition et les obsèques du capitaine Morpion, et fut publiée pour la première fois en 1864 par Auguste Poulet-Malassis dans le Parnasse satyrique du XIXe siècle.

Les paroles sont de Théophile Gautier, mais ce dernier, souhaitant entrer à l'Académie française, prit soin de cacher l'origine de cette chanson en indiquant à Poulet-Malassis qu'il désavouerait tout texte signé de son nom publié dans ce recueil. Malassis tiendra plus ou moins en compte cette promesse en republiant ce texte quelques années plus tard dans un autre recueil, Poésies de Th. Gautier qui ne figureront pas dans ses œuvres.

La musique est tirée d'une marche funèbre composée par Ernest Reyer pour les obsèques du Maréchal Gérard.

Sommaire

[modifier] Paroles

Il existe de nombreux couplets différents; la version la plus complète (en général) est composée de 33 couplets:


DE PROFUNDIS MORPIONIBUS:


O! muse prête-moi ta lyre,

Afin qu'en vers je puisse dire

Un des combats les plus fameux,

Qui s'est déroulé sous les cieux.


Refrain :

De profundis morpionibus.

Et secatis roupettibus,

Et excita verolabus.*


Dans un vagin de forte taille

600 000 poux livraient bataille (Le nombre de poux diffèrent énormément)

À un nombre égal de morpions

Qui défendaient l’entrée du con.


Le choc fut épouvantable

On croyait que c’était le diable

Les femm’s enceintes en accouchant

Chiaient d’la merde au lieu d’enfants.


La bataille fut gigantesque

Tous les morpions périrent ou presque

À l’exception des plus trapus

Qui s’accrochaient aux poils du cul.


Ils ont bouché presque la fente

Que les morpions morts ensanglantent

Et la vallée du cul au con

Était jonchée de morpions.


Le commandant d’une escouade

Voyant périr ses camarades

Cria : Morpions ! Nous sommes foutus

Piquons un’ charge au trou du cul.


Un morpion de noble origine

Qui revenait de Palestine

Leva sa lance et s’écria :

Les morpions meurent et n’se rendent pas.


Pour reprendre l’avantage

Les morpions luttaient avec rage

Mais leurs efforts furent superflus

Les poux gardèrent le dessus.


Le général nouvel Enée

Sortant des rangs de son armée

À son rival beau chevalier

Propose un combat singulier.


À ch’val sur un poil de roupette

Armé d’une longue lorgnette

Le capitaine des morpions

Examinait les positions.


Tout à coup un obus arrive

Qui lui fait perdre l’équilibre

Le capitaine est bien foutu

Il tombe au fond du trou du cul.


Bardé d’un triple rang de crasse

Transpercé malgré sa cuirasse

Le capitaine des morpions

Tomba sans vie au fond du con.


Un morpion motocycliste

Prenant la raie du cul pour une piste

Vint avertir l’état-major

Que le capitaine était mort.


Pour retirer leur capitaine

Tous les morpions firent la chaîne

Mais hélas vains furent les efforts

L’abîme ne rend pas ses morts.


Puis au plus fort de la bataille

Soudain frappé par la mitraille

Le maréchal des morpions

Tomba mort à l’entrée du con.


Un soir au bord de la ravine

Tout couvert de foutre et d’urine

On vit un fantôme tout nu

À cheval sur un poil du cul.


C’était l’ombre du capitaine

De chancres et d’asticots pleine

Qui faute d’inhumation

Puait le maroilles et l’arpion.


Devant ce spectre qui murmure

D’être privé de sépulture

Tous les morpions firent serment

De lui él’ver un monument.


En vain l’on chercha sa dépouille

Sur la pine et sur les deux couilles

On ne trouva qu’un bout de queue

Qu’un sabre avait coupé en deux.


La troupe aussitôt prend les armes

L’enterre en versant force larmes

Comme au convoi d’un cardinal

Ou bien d’un garde national.


Puis les plus jolies morpionnes

Portaient en pleurant des couronnes

De fleurs blanch’s et de poils de cul

Qu’avait tant aimé le vaincu.


Son cheval même l’accompagne

Et quatre morpions d’Espagne

Un’ larme à l’œil le crêpe au bras

Tenaient les quatre coins du drap.


Au bord du profond précipice

On rangea les morpions novices

Ils déferlèr’nt par escadrons

Tout en sonnant de leurs clairons.


Ils le suivirent au cimetière

S’assirent en rond sur leur derrière

La crotte au cul, la larme à l’œil

Tous les morpions étaient en deuil.


On lui él’va un cénotaphe

Où l’on grava cette épitaphe

« Ci-gît un morpion de valeur

Tombé sans vie au champ d’honneur. »


Et l’on en fit une relique

Que l’on mit dans un’ basilique

Pour que les futurs bataillons

Sachent comment meurt un morpion.


Sur une couill’ grosse et velue

L’on érigea une statue

À ce capitain’ de morpions

Mort si brav’ment au fond d’un con.


Depuis ce jour on voit dans l’ombre

À la porte d’un caveau sombre

Les morpions de noir vêtus

Montant la garde au trou du cul.


Depuis ce temps dans la vallée

On entend des bruits de mêlée

Les morpions pour venger l’vaincu

S’cramponnent à tous les poils du cul.


Et parfois les soirs de brume

Quand sur la terr’ se lèv’ la lune

On voit les âmes des morpions

Voltiger sur les poils du con.


(*) Les deux dernières phrases du refrain sont parfois remplacées par : La, la, la, la, la, la, la! (bis)

[modifier] Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

[modifier] Références

  • L'Œuvre libertine des poètes du XIXe siècle
  • Poésies de Th. Gautier qui ne figureront pas dans ses œuvres, page 38 (1873)
  • les Fleurs du Mâle
  • Le Petit Bitu
  • Texte, variantes, illustration et musique dans Chansons paillardes - Chorale de l'ULB

[modifier] Liens externes

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