Big Fish (film)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Big Fish)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Big Fish (homonymie).

Big Fish

Titre québécois Big Fish : La Légende du gros poisson
Titre original Big Fish
Réalisation Tim Burton
Scénario John August
d'après Daniel Wallace
Acteurs principaux
Sociétés de production Columbia Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Fantastique
Sortie 2003
Durée 125 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Big Fish ou Big Fish : La Légende du gros poisson au Québec, est un film fantastique américain de Tim Burton, écrit par John August et sorti en 2003.

Librement inspiré du roman de Daniel Wallace Big Fish: A Novel of Mythic Proportions, ce film a pour vedettes principales Ewan McGregor, Albert Finney, Billy Crudup et Jessica Lange. Albert Finney y interprète Edward Bloom, un représentant de commerce originaire du Sud des États-Unis qui a un don pour raconter des histoires et qui arrive à la fin de sa vie. Le fils de Bloom, un journaliste interprété par Billy Crudup, s'est brouillé avec son père et tente d'améliorer ses relations avec lui maintenant qu'il est mourant et qu'il lui conte le récit mouvementé de sa vie de jeune adulte, interprété par Ewan McGregor.

Après avoir lu le manuscrit du roman six mois avant sa publication, le scénariste John August convainc la Columbia Pictures d'en acquérir les droits. Il était initialement prévu que Steven Spielberg réalisât le film après avoir fini le tournage de Minority Report mais Spielberg abandonne le projet afin de se concentrer sur le film Arrête-moi si tu peux. Dans la version de Spielberg, l'acteur Jack Nicholson était pressenti pour incarner le personnage d'Edward Bloom. La réalisation est alors attribuée à Tim Burton et Richard D. Zanuck qui viennent d'achever La Planète des Singes. Le thème du père mourant et de la réconciliation avec son fils touche particulièrement Tim Burton dont le père est décédé en 2000 et la mère en 2002, un mois avant la signature du contrat.

Le film, tourné en Alabama, est une suite d'aventures, propres aux contes de fées, évoquant le genre littéraire américain du Southern Gothic par leurs caractères inhabituel ou grotesque[1]. Il a reçu 4 nominations aux Golden Globes, 7 nominations aux British Academy Film Awards, 2 nominations aux Saturn Awards ainsi qu'une nomination aux Oscars et aux Grammy Awards pour la bande originale composée par Danny Elfman.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Alors que l'on célèbre le mariage de son fils William, Edward Bloom raconte, pour la énième fois, mais avec talent, comment, le jour de la naissance de Will, il a attrapé un énorme poisson en utilisant comme appât sa propre alliance. Will est embarrassé et explique à son épouse, Joséphine, qu'à cause des mensonges que raconte son père sur tous les sujets, il ne peut lui faire confiance. Par la suite, les relations entre le père et le fils deviennent si tendues qu'ils ne se parlent pas durant trois ans. Mais, quand il apprend que son père est mourant, Will vient le voir en compagnie de Joséphine, enceinte. Dans l'avion qui le mène en Alabama, Will se remémore une histoire de son père où il prétendait qu'étant enfant il s'était aventuré dans un marais et avait rencontré une sorcière qui lui avait dévoilé l'instant de sa mort dans son œil de verre.

Edward, malgré sa maladie, continue à raconter l'histoire de sa vie à son fils et sa belle-fille. Il prétend avoir passé trois ans dans un lit quand il était enfant parce qu'il avait grandi trop vite. Il devient ensuite un sportif réputé dans sa petite ville natale d'Ashton mais, poussé par son ambition, la quitte en compagnie de Karl, un géant mal-aimé. Edward découvre alors la ville de Spectre, cachée du reste du monde et dont les habitants sont les gens les plus amicaux qui puissent exister. Néanmoins, Edward finit par quitter Spectre mais promet à une petite fille nommée Jenny qu'il reviendra. Karl et Edward commencent ensuite à travailler dans un cirque et Edward tombe amoureux au premier regard d'une jeune femme sur qui Amos Calloway, le Monsieur Loyal du cirque, lui révèle une information personnelle par mois à condition qu'Edward ne demande pas de salaire. Trois ans plus tard, et n'ayant toujours appris que des détails insignifiants sur la fille de ses rêves, Edward découvre qu'Amos est un loup-garou. Il se refuse toutefois à lui faire du mal et Amos le récompense en lui révélant que le nom de la fille est Sandra Templeton et qu'elle étudie à l'université d'Auburn.

Edward apprend alors que Sandra est promise à Don Price, également originaire d'Ashton. Don inflige une correction à Edward quand il apprend ses sentiments pour elle mais cela ne fait que dégoûter Sandra qui met fin à ses fiançailles et tombe amoureuse d'Edward. Celui-ci est alors appelé par l'armée et envoyé en Extrême-Orient. Au cours d'une mission, il vole d'importants documents ennemis et persuade les danseuses sœurs siamoises Ping et Jing de l'aider à rentrer en Amérique, contre la promesse de faire d'elles des stars. Edward devient ensuite représentant de commerce et rencontre le poète Norther Winslow, qu'il avait connu à Spectre, l'aidant à dévaliser une banque qui se révèle être en faillite. Edward suggère alors à Winslow de travailler à Wall Street et Winslow y devient un riche courtier, remerciant Edward de son conseil en lui envoyant une importante somme d'argent qu'Edward utilise pour acheter la maison de ses rêves.

À ce stade de l'histoire, Will se dispute avec son père en lui réclamant la vérité à la place de ses contes. Will part chercher la ville de Spectre et la trouve, y rencontrant une Jenny désormais âgée qui lui raconte comment son père a sauvé la ville de la banqueroute en l'achetant lors d'une vente aux enchères et en la reconstruisant avec l'aide financière de ses nombreuses relations. Will retourne chez son père et apprend que celui-ci a fait une attaque et est à l'hôpital. Il lui rend visite et le trouve dans un état qui le laisse incapable de parler trop longtemps. Edward demande alors à son fils de lui raconter comment se termine l'histoire de sa vie : tous deux s'échappent de l'hôpital et vont à la rivière où tous les amis qu'Edward s'est faits au cours de ses aventures se sont réunis pour lui faire un dernier adieu. Will emmène alors son père dans la rivière et Edward s'y transforme en énorme poisson. Edward approuve l'histoire contée par son fils et meurt en sachant que Will a fini par comprendre son amour pour les contes. Lors des funérailles, Will rencontre quelques-uns des amis dont lui avait parlé son père, notamment Amos, Karl, Winslow et Ping et Jing, et réalise que les histoires de son père étaient seulement exagérées, faisant par exemple de Karl un géant alors que celui-ci ne mesure « que » 2,30 mètres et de Ping et Jing des siamoises alors qu'elles sont jumelles. Quand son fils naît, Will lui transmet les histoires de son père, remarquant que son père est devenu une partie intégrante de ses histoires, lui permettant ainsi de vivre à travers elles.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Tim Burton, réalisateur du film, dont c'est le 10e long métrage.

Distribution[modifier | modifier le code]

Ewan McGregor est l'interprète principal du film.

Production[modifier | modifier le code]

Daniel Wallace, auteur du roman dont est adapté Big Fish.

Développement du projet[modifier | modifier le code]

Environ six mois avant qu'il soit publié et peu après la mort de son père, John August lut le manuscrit de Big Fish: A Novel of Mythic Proportions (1998) de Daniel Wallace[4]. Au mois de septembre 1998, August parvint à convaincre Columbia Pictures d'acquérir les droits cinématographiques du roman[5], et commença à travailler dessus de façon à le transformer en un scénario cohérent en faisant intervenir plusieurs narrateurs[6]. Au mois d'août 2000, les producteurs Bruce Cohen et Dan Jinks entrèrent en négociations avec Steven Spielberg pour qu'il dirige le film, ce que Spielberg prévoyait de faire après avoir terminé Minority Report (2002)[7].

Spielberg commença à courtiser Jack Nicholson pour que celui-ci interprète le rôle d'Edward Bloom mais finit par abandonner le projet pour se consacrer à Arrête-moi si tu peux[8]. Les producteurs envisagèrent alors un moment l'idée de confier la réalisation à Stephen Daldry[9], avant d'approcher finalement Tim Burton, alors que dans le même temps, August remaniait plusieurs fois son scénario, enlevant les éléments qu'il avait introduits en vue d'une réalisation par Spielberg et prenant ses éléments favoris des différentes versions pour faire une sorte de best-of[5].

Tim Burton n'avait jamais été particulièrement proche de ses parents, mais la mort de son père en octobre 2000 suivie de celle de sa mère en mars 2002 l'avaient profondément affecté. Après le tournage de La Planète des Singes (2001), il voulait revenir à un film plus intimiste et apprécia beaucoup le scénario, estimant que c'était la première histoire d'exception qui lui était offerte depuis Beetlejuice (1988). Burton trouvait aussi attrayante la combinaison d'un drame émotionnel avec des récits remplis d'exagérations, ce qui lui permettrait d'aborder des histoires variées dans des thèmes différents[6]. Il signa le contrat pour la direction du film en avril 2002, ce qui poussa Richard D. Zanuck, avec qui il avait collaboré sur La Planète des Singes, à rejoindre le projet en tant que producteur. Lui-même avait d'ailleurs eu des relations difficiles avec son père, Darryl F. Zanuck, qui l'avait même renvoyé alors qu'il était chef de production à la 20th Century Fox[5].

Choix des acteurs[modifier | modifier le code]

La Coosa River, près de Wetumpka, où a été tournée une partie du film.

Pour le personnage d'Edward Bloom, Tim Burton s'entretint d'abord avec Jack Nicholson, avec qui il avait déjà travaillé sur Batman (1989) et Mars Attacks! (1996), ayant dans l'intention de lui faire également jouer le rôle d'Edward jeune en utilisant une combinaison d'infographie avec une prothèse de maquillage. Mais il décida ensuite d'engager deux acteurs différents[6], ainsi Dan Jinks et Bruce Cohen, qui avaient travaillé avec Ewan McGregor sur Bye Bye Love (2003), lui suggérèrent d'engager McGregor et Albert Finney pour le rôle d'Edward. Tim Burton, ayant vu la performance d'Albert Finney dans Tom Jones (1963), lui trouva des ressemblances avec Ewan McGregor alors que dans le même temps, il tombait par hasard sur un article du magazine People qui comparait les deux acteurs[5]. McGregor, Écossais d'origine, trouva aisé d'adopter l'accent du Sud des États-Unis : « C'est un accent plus facile à prendre que l'accent américain standard car vous pouvez vraiment l'entendre. Vous pouvez rentrer à fond dedans ce qui est plus difficile avec l'accent américain traditionnel qui est plus lyrique »[10]. Le même double casting s'appliqua pour le rôle de la femme d'Edward, Sandra, qui serait interprété par Jessica Lange et Alison Lohman. Tim Burton expliqua qu'il avait été impressionné par la performance d'Alison Lohman dans Laurier blanc (2002)[11]. Helena Bonham Carter, la petite amie de Burton, interpréta quant à elle deux rôles et sa prothèse de maquillage pour jouer la sorcière prenait cinq heures pour être appliquée : « J'étais enceinte pendant le tournage et il était étrange d'être une sorcière enceinte. J'avais des nausées matinales et toutes ces exhalaisons avec le maquillage et le caoutchouc... C'était atroce », expliqua l'actrice[12].

Tim Burton personnalisa le film avec plusieurs caméos. Durant le tournage en Alabama, son équipe retrouva Billy Redden, le jeune joueur de banjo de Délivrance, alors qu'il travaillait dans un restaurant en Géorgie, et celui-ci fut d'accord pour interpréter un joueur de banjo de la ville de Spectre. Lors de la scène où Edward Bloom arrive à Spectre pour la première fois, on peut voir Redden sur un porche en train de jouer quelques notes de son célèbre air de banjo de Délivrance. Tim Burton fut satisfait du résultat : « Si vous regardez le film et que vous ne reconnaissez pas cette figure solitaire et énigmatique sur le porche, ce n'est pas grave. Mais si vous le reconnaissez, alors vous comprendrez pourquoi j'ai été si content de le voir et de penser que d'autres personnes ressentiraient la même chose »[13],[14]. Daniel Wallace, l'auteur du roman, fait également une brève apparition en tant que professeur d'économie de Sandra lorsque celle-ci est à l'université[15].

Tournage[modifier | modifier le code]

En dehors d'une semaine de tournage à Paris, Big Fish a été tourné presque entièrement en Alabama, principalement à Montgomery[8] et à Wetumpka[16]. Les décors de la ville de Spectre ont été construits sur une île située entre Montgomery et Millbrook. Le tournage a duré de janvier à mai 2003[17],[18] et Tim Burton a tourné en premier toutes les scènes se passant à l'hôpital et celles qui impliquaient Albert Finney, avant de passer aux récits dont le protagoniste principal était Ewan McGregor[5]. Durant les scènes du cirque de Calloway, le tournage fut interrompu durant quelques semaines à cause d'une tornade qui avait inondé le plateau[19] mais, en dépit de cela, Burton réussit à achever le film sans dépassement de budget ni de calendrier[5]. Le tournage a instillé environ 25 000 000 $ dans l'économie locale[16].

Tim Burton essaya d'utiliser aussi peu d'effets spéciaux numériques que possible mais il voulut néanmoins évoquer le ton fantaisiste du Southern Gothic et des techniques furent appliquées par Sony Pictures Imageworks afin de renforcer les couleurs[6]. Stan Winston, avec qui Burton avait déjà travaillé sur Edward aux mains d'argent (1990) et Batman : Le Défi (1992), s'occupa de la partie animatronique et de la prothèse de maquillage d'Helena Bonham Carter[20]. Quant aux scènes avec Karl le géant, elles furent tournées en utilisant la technique de perspective forcée[21].

Bande originale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Big Fish (bande originale).

La bande originale du film a été composée par Danny Elfman, un collaborateur régulier de Tim Burton[6]. Ce dernier a approché le groupe Pearl Jam durant la postproduction pour leur demander une chanson originale pour le générique de fin du film. Après avoir vu une première version du film, Eddie Vedder, le chanteur du groupe, a écrit Man of the Hour et la chanson a été enregistrée en studio quatre jours plus tard[22]. Mike McCready, guitariste de Pearl Jam, a déclaré : « Nous avions été tellement sonnés par le film. Eddie et moi en discutions ensuite et nous avions tous deux la larme à l'œil. Nous étions tellement chargés d'émotions et transportés par l'imagination et l'humanité que nous avions ressentie grâce au film »[22].

Analyse[modifier | modifier le code]

« Big Fish traite de ce qui est réel et de ce qui est imaginaire, de ce qui est vrai et de ce qui ne l'est pas, de ce qui est en partie vrai et de quelle manière, à la fin, tout devient vrai. »

— Tim Burton[23].

La réconciliation entre le père et le fils est le thème le plus important de Big Fish[24]. L'intérêt du romancier Daniel Wallace pour ce thème trouve ses origines dans sa propre famille. Wallace trouvait que le personnage « charmeur » d'Edward Bloom ressemblait à son propre père, qui se servait de son charme pour garder ses distances avec les autres[25]. Dans le film, Will croit qu'Edward n'a jamais été honnête avec lui car il a créé des mythes extravagants au sujet de son passé pour se cacher à l'intérieur, ses histoires étant sa manière d'échapper aux autres[26]. Les histoires d'Edward sont emplies de personnages (sorcière, géant, sirène, loup-garou) et de lieux (cirque, ville mythique) qui sont des images classiques des contes de fées[6] alors que le mécanisme de la quête sert à la fois à mettre en avant l'histoire d'Edward et les tentatives de Will pour les démêler. Wallace l'explique de la façon suivante : « La quête du père est d'être un gros poisson dans une grande mare alors que celle du fils est de voir la vérité à travers ses contes »[25].

Le scénariste John August s'est identifié au personnage de Will et l'a adapté d'après sa propre histoire. Le père d'August est mort alors que celui-ci était à l'université et, tout comme Will, August a tenté de mieux le connaître avant sa mort et a trouvé cela difficile. Dans le film, Will dit en parlant d'Edward : « Je n'ai jamais rien vu de moi-même dans mon père, et je ne pense pas qu'il ait jamais vu quelque chose de moi en lui. Nous sommes comme des étrangers qui se connaissent très bien », et cette description de leur relation ressemble à la relation d'August avec son père[27]. Tim Burton a également utilisé le film pour traiter de ses pensées et émotions au sujet de la mort de son propre père, survenue en 2000[24].

Kent L. Brintnall, spécialiste en cinéma et en religion, observe de quelle manière la relation père-fils se résout d'elle-même à la fin du film. Alors qu'Edward est en train de mourir, Will laisse de côté sa colère et commence à comprendre son père pour la première fois : « Dans un dernier geste d'amour et de compréhension, après avoir passé sa vie à mépriser les histoires de son père, Will finit l'histoire que son père a commencée, mêlant entre eux les thèmes et les personnages de l'histoire de sa vie et mélangeant le réel à l'imaginaire dans un acte de communion. En mettant de côté la colère qu'il a si longtemps entretenue, Will parvient à comprendre que les histoires de son père lui ont donné une substance et une dimension qui sont aussi authentiques que ses expériences quotidiennes. Il comprend alors que son père, et nous tous, sommes nos histoires, et que la réalité profonde de nos vies pourrait ne pas être notre moi le plus véritable »[28].

Pour Jean-Loup Bourget, de Positif, le film trouve son inspiration dans le grand conte, une hyperbole qui prend la forme d'une « épopée burlesque placée sous le signe de l'oralité et du grossissement » et aux « héros picaresques et folkloriques ». Il s'en différencie néanmoins dans le sens où la satire de la grande littérature mythologique présente dans le grand conte cède ici la place au féérique[29].

Accueil[modifier | modifier le code]

Sortie du film et box-office[modifier | modifier le code]

Une avant-première du film est organisée le 4 décembre 2003 au Hammerstein Ballroom de Manhattan[30]. Il est ensuite distribué dans quelques cinémas le 10 décembre[31] avant d'être distribué à l'échelle nationale le 9 janvier 2004, le film étant à l'écran dans 2 406 cinémas et rapportant 13 810 000 $ pour le premier week-end. Il est sorti en France le 3 mars 2004. Le film a finalement rapporté 122 919 055 $, dont 66 809 693 $ aux États-Unis et au Canada et 56 109 362 $ dans le reste du monde[2]. Il a réalisé 1 136 646 entrées en France, 189 036 au Québec, 118 359 en Suisse et 99 948 en Belgique[32]. Voici un tableau résumant les principaux résultats enregistrés au box-office par le film[33] :

Box-office mondial par pays du film Big Fish (par ordre décroissant)
Pays Box-office Pays Box-office Pays Box-office
Drapeau des États-Unis + Drapeau du Canada 66 809 693 $ Drapeau de la Suisse Suisse 1 197 270 $ Drapeau du Portugal Portugal 534 225 $
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 11 451 955 $ Drapeau de la Suède Suède 1 019 203 $ Drapeau de Hong Kong Hong Kong 509 466 $
Drapeau de la France France 7 588 333 $ Drapeau de la Grèce Grèce 872 386 $ Drapeau du Danemark Danemark 474 779 $
Drapeau du Japon Japon 7 285 268 $ Drapeau de la Russie Russie 818 784 $ Drapeau du Chili Chili 363 624 $
Drapeau de l'Italie Italie 4 263 215 $ Drapeau du Brésil Brésil 733 313 $ Drapeau de Singapour Singapour 301 362 $
Drapeau de l'Australie Australie 3 619 223 $ Drapeau de la Belgique Belgique 716 617 $ Drapeau d’Israël Israël 267 112 $
Drapeau de l'Espagne Espagne 3 257 239 $ Drapeau de l’Argentine Argentine 668 028 $ Drapeau de l'Autriche Autriche 239 756 $
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 2 736 251 $ Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 583 345 $ Drapeau de la Norvège Norvège 230 845 $
Drapeau du Mexique Mexique 1 460 019 $ Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande 549 673 $ Drapeau de la République de Chine Taïwan 194 501 $
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 1 378 446 $ Drapeau de la Finlande Finlande 548 511 $ Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud 189 456 $

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Sur les 210 critiques du film collectées par le site internet Rotten Tomatoes, 77 % sont positives avec un score moyen de 7,2/10[34]. Le site internet Metacritic est quant à lui plus balancé, attribuant au film un score moyen de 57/100, sur la base de 43 critiques[35]. Par ailleurs, Big Fish figure dans le Top 250 du classement des films de l'Internet Movie Database, basé sur les votes du public, avec une note de 8,1/10[36] et le site Slant Magazine le classe à la 85e place des meilleurs films de la première décennie du XXIe siècle[37].

Owen Gleiberman, d'Entertainment Weekly, évoque un film « picaresque que l'on regarde les yeux écarquillés et où chaque nouveau développement de l'intrigue est plus enchanteur que le précédent » et le compare à « Forrest Gump sans l'aspect politique venant le fausser »[38]. Peter Travers, du magazine Rolling Stone, salue la direction de Tim Burton, ressentant une célébration de l'art du conteur et un drame émouvant entre un père et un fils[39]. Mike Clark, de USA Today, met en avant les remarquables performances des acteurs[40] alors que James Berardinelli trouve que l'approche du conte de fées rappelle Princess Bride et les films de Terry Gilliam, notant que « Big Fish est un conte habile qui vise l'enfant à l'intérieur de chaque adulte sans insulter l'intelligence ni de l'un, ni de l'autre »[41].

Du côté des critiques négatives, Roger Ebert se montre ennuyé par le personnage de Will, en qui il ne voit qu'un « vantard dont les histoires cessent à un moment de fonctionner comme divertissement et tombent dans le sadisme »[42]. Richard Corliss, de Time Magazine, se montre déçu, trouvant que l'histoire de la réconciliation entre le père et le fils fait trop cliché dramatique[43].

En France, les critiques ont été globalement très positives[44]. Jean-Loup Bourget, de Positif, met en avant la « présence imposante » d'Albert Finney et estime que c'est l'une « des œuvres les plus personnelles et les plus profondes » de Burton qui « se confirme comme le grand enchanteur du cinéma américain » actuel[29]. Alain Grasset, du Parisien, évoque un film « tantôt drôle, tantôt touchant qui surprend par son originalité et sa folie » ; Stéphanie Vandevyver, de L'Écran fantastique, une œuvre ayant « trouvé l'équilibre parfait entre l'ampleur épique des contes et l'histoire plus intimiste et plus simple de cette famille » ; Olivier de Bruyn, de Première, un imaginaire qui « explose d'inventions diverses » et une magnifique mise en scène de Tim Burton ; Dominique Widemann, de L'Humanité, « une féerie où la vie se révèle plus grande que le rêve » ; et Emmanuèle Frois, du Figaro « un voyage homérique et une aventure extraordinaire »[44].

Isabelle Régnier, du Monde, et Antoine de Baecque, de Libération, sont plus nuancés, le premier mentionnant « une belle échappée » mais qui n'est pas « le film le plus inspiré de son auteur », et le second regrettant quelques longueurs et un côté trop « ensoleillé » loin des univers habituellement plus sombres de Tim Burton[44]. Antoine Thirion, des Cahiers du cinéma, délivre une critique négative, évoquant « un récit plutôt émouvant » mais décevant par son « passage à une forme plus traditionnelle de superproduction américaine » qui le rapproche de Steven Spielberg en mettant de côté l'effroi et le danger[45] ; alors que pour Frédéric Strauss, de Télérama, le film est une « démonstration poussive » qui confine Burton dans un rôle de « gentil conteur désuet »[46].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Big Fish a obtenu de nombreuses nominations mais n'a gagné aucun prix. Le film a notamment reçu quatre nominations lors des Golden Globes 2004[47] :

Il a également été nommé sept fois aux British Academy Film Awards pour les catégories du Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur scénario adapté, Meilleur second rôle masculin (Albert Finney), Meilleure direction artistique, Meilleurs effets visuels et Meilleur maquillage, mais, une nouvelle fois, sans remporter de prix[48].

Aux Saturn Awards 2004, le film a été nommé dans la catégorie « Meilleur film fantastique » et Albert Finney dans la catégorie « Meilleur acteur »[49].

Danny Elfman a été nommé aux Oscars 2004 dans la catégorie « Meilleure musique de film »[50], et aux Grammy Awards 2005 dans la catégorie « Meilleure bande originale de film »[51].

Sortie vidéo[modifier | modifier le code]

Le DVD est sorti en région 1 le 27 avril 2004[52], et le 7 juin de la même année en région 2[53]. Le DVD comprend un commentaire audio de Tim Burton ainsi que 7 documentaires sur : la réalisation de Tim Burton, l'importance des contes de fées, les effets spéciaux des créatures, la scénarisation (du livre à l'écran), le personnage d'Edward Bloom, le cirque Calloway et les relations entre le père et le fils. La version en disque Blu-ray est sortie le 20 mars 2007[54].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) William Arnold, « Big Fish », Seattle Post-Intelligencer,‎ 25 décembre 2003 (consulté le 13 octobre 2010)
  2. a et b (en) « Big Fish », Box-Office Mojo
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m « Fiche du doublage français Big Fish », sur Voxofilm
  4. « Big Fish: The Author's Journey », Columbia Pictures, 2004, DVD, 1:23
  5. a, b, c, d, e et f (en) Mark Salisbury, « Of Myth & Men », Empire,‎ février 2004
  6. a, b, c, d, e et f (en) Mark Salisbury et Tim Burton, Burton on Burton, London, Faber and Faber,‎ 2006, poche (ISBN 978-0-571-22926-0), « Big Fish », p. 203–222
  7. (en) Michael Fleming, « Col Fish may hook Spielberg », Variety,‎ 10 août 2000 (consulté le 13 octobre 2010)
  8. a et b (en) (en) Rick Harmon, « Movie's director spotted », Montgomery Advertiser,‎ 14 septembre 2002
  9. (en) Josh Tyrangiel, « Big Fish In His Own Pond », Time,‎ 1er décembre 2003 (consulté le 13 octobre 2010)
  10. (en) Rebecca Murray, « Ewan McGregor and Alison Lohman Pair Up on Screen in Big Fish », About.com,‎ 9 décembre 2003 (consulté le 13 octobre 2010)
  11. (en) Kevin Maynard, « Fish tale brings Burton to fantasyland », Variety,‎ 3 mars 2003 (consulté le 19 octobre 2010)
  12. (en) Rebecca Murray, « Big Fish Makes a Big Impression on Its Cast », About.com,‎ 9 décembre 2003 (consulté le 13 octobre 2010)
  13. (en) Andrew Buncombe, « Deliverance: Billy's back with his banjo », The Independent,‎ 16 novembre 2003 (consulté le 28 décembre 2010)
  14. « Big Fish commentaire audio », Columbia Pictures, 2004, DVD, 30:47
  15. « Big Fish commentaire audio », Columbia Pictures, 2004, DVD
  16. a et b (en) « Area sites reel in Big Fish », Montgomery Advertiser,‎ 28 août 2002
  17. Mark Salisbury, Burton on Burton, Londres, Faber & Faber,‎ 2006 (ISBN 0-57122-926-3), p. 207
  18. (en) Rick Harmon, « Big Fish will be filmed in the Montgomery area », Montgomery Advertiser,‎ 7 novembre 2002
  19. « Big Fish commentaire audio », Columbia Pictures, 2004, DVD, 53:43
  20. (en) Fred Topel, « An Interview with Ewan McGregor », IGN,‎ 10 décembre 2003 (consulté le 13 octobre 2010)
  21. (en) Bill Desowtiz, « Burton Applies Light CG Touch to Big Fish », VFX World,‎ 10 décembre 2003 (consulté le 13 octobre 2010)
  22. a et b (en) Tim Lammers, « Man Of The Hour Up For BFCA, Golden Globe Awards », WDIV-TV,‎ 8 janvier 2004 (consulté le 13 octobre 2010)
  23. (en) Lynn Hirschberg, « Drawn to Narrative », The New York Times Magazine,‎ 9 novembre 2003
  24. a et b (en) Tim Burton: Interviews, University Press of Mississippi,‎ 2005 (ISBN 1578067596), « Conversations with Filmmakers Series », p. XIX
  25. a et b (en) Jason Erik Lundberg, « Interview: Daniel Wallace », Strange Horizons,‎ 11 octobre 2004 (consulté le 13 octobre 2010)
  26. (en) Dave Kehr, « Tim Burton Comes Home with a Story about Tall Tales and Simply Truths », Film Comment, Film Society of Lincoln Center, vol. 39, no 6,‎ 2003, p. 14 (ISSN 0015119X)
  27. (en) John August, Big Fish: The Shooting Script, Newmarket Press,‎ 2004 (ISBN 1557046263, présentation en ligne)
  28. (en) Kent L. Brintnall, « Big Fish », Journal of Religion & Film, University of Nebraska at Omaha, vol. 8, no 1,‎ 2004 (lire en ligne)
  29. a et b Jean-Loup Bourget, « Tall Tale », Positif, no 517,‎ mars 2004, p. 13-14
  30. (en) Gabrielle Mitchell-Marell, « Big Fish fry for Gotham », Variety,‎ 8 décembre 2003 (consulté le 13 octobre 2010)
  31. (en) Brian Linder, « Burton's Fish Story Shifted », IGN,‎ 28 août 2003 (consulté le 13 octobre 2010)
  32. « Big Fish - Entrées », Base de données Lumière (consulté le 5 avril 2011)
  33. (en) « Big Fish par pays », Box-Office Mojo
  34. (en) « Fiche du film Big Fish », Rotten Tomatoes
  35. (en) « Big Fish (2003): Reviews », Metacritic (consulté le 13 octobre 2010)
  36. « Fiche IMDb de Big Fish », Internet Movie Database
  37. (en) « Best of the Aughts: Film », Slant Magazine (consulté le 13 octobre 2010)
  38. (en) Owen Gleiberman, « Big Fish », Entertainment Weekly,‎ 3 décembre 2003 (consulté le 13 octobre 2010)
  39. (en) Peter Travers, « Big Fish », Rolling Stone,‎ 20 novembre 2003 (consulté le 13 octobre 2010)
  40. (en) Mike Clark, « Fanciful Big Fish swimming in visual delight », USA Today,‎ 24 décembre 2003 (consulté le 13 octobre 2010)
  41. (en) James Berardinelli, « Big Fish », ReelViews (consulté le 13 octobre 2010)
  42. (en) Roger Ebert, « Big Fish », Chicago Sun-Times,‎ 24 décembre 2003 (consulté le 13 octobre 2010)
  43. (en) Richard Corliss, « Seven Holiday Treats », Time,‎ 8 décembre 2003 (consulté le 13 octobre 2010)
  44. a, b et c « Critiques de la presse », AlloCiné
  45. Antoine Thirion, « Big Fish », Cahiers du cinéma, no 588,‎ mars 2004, p. 52
  46. Frédéric Strauss, « Critique Big Fish », Télérama (consulté le 17 septembre 2013)
  47. (en) « Big Fish », Hollywood Foreign Press Association (consulté le 13 octobre 2010)
  48. (en) « Big Fish », British Academy of Film and Television Arts (consulté le 13 octobre 2010)
  49. (en) « Past Saturn Awards », Academy of Science Fiction, Fantasy & Horror Films (consulté le 13 octobre 2010)
  50. (en) Todd Leopold, « Chicago triumphs at Oscars », CNN,‎ 24 mars 2004 (consulté le 13 octobre 2010)
  51. (en) Chris Morris, « Grammy noms pointing West », The Hollywood Reporter,‎ 8 décembre 2004 (consulté le 13 octobre 2010)
  52. (en) Jason Buchanan, « Big Fish (Apr 27, 2004 Columbia TriStar) », Allmovie (consulté le 13 octobre 2010)
  53. (en) « Big Fish (Jun 7, 2004 Columbia Tristar) », Allmovie (consulté le 13 octobre 2010)
  54. (en) « Big Fish (Blu-ray) (Mar 20, 2007 Sony Pictures) », Allmovie (consulté le 13 octobre 2010)
Cet article est reconnu comme « bon article » depuis sa version du 2 novembre 2010 (comparer avec la version actuelle).
Pour toute information complémentaire, consulter sa page de discussion et le vote l'ayant promu.