Batailles de Villmergen

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47° 21′ N 8° 15′ E / 47.35, 8.25

La première bataille de Villmergen

Les batailles de Villmergen ont opposé les cantons réformés aux cantons catholiques de la Confédération des XIII cantons en Suisse le 24 janvier 1656 et le 24 juillet 1712 sur le territoire de la commune de Villmergen[1].

Première bataille[modifier | modifier le code]

Pfyffer d'Altishofen

La première bataille fut causée par une tentative de réforme de la Confédération en 1655 mais l'opération échoua à cause de la résistance catholique. Le conflit politique sur fond de Réforme entre Zurich et Schwytz s'envenima [2]. Zurich demanda dans les plus brefs délais à ses alliés de déclarer la guerre aux cantons catholiques. Les troupes zurichoises menées par le général Rodolphe Werdmüller assiégèrent vainement la cité de Rapperswil[3] alors que les troupes catholiques, commandées par Christophe Pfyffer d'Altishofen, coupaient les liens entre Zurich et Berne en battant de manière éclair[2] les soldats bernois à Villmergen en Argovie le 24 janvier 1656. Les hostilités cessèrent le 20 février et le traité de Villmergen du 7 mars restaura le statu quo de vigueur avant le début du conflit. Cette situation tournait à l'avantage des cantons catholiques puisque la Réforme n'avait pu progresser. Une révision de la Deuxième paix de Kappel ne put ainsi pas avoir lieu[2].

Seconde bataille[modifier | modifier le code]

En 1712, Berne et Zurich profitèrent d'un conflit entre Saint-Gall et ses sujets protestants du Toggenburg. La « guerre du Toggenburg » ou « Seconde guerre de Villmergen » eut lieu le 24 juillet 1712. Les protestants l'emportèrent sur les catholiques qui perdirent 2000 hommes[2]. La victoire mit un terme à l'hégémonie catholique sur le territoire suisse[4] grâce à la « Paix d'Aarau » [2]. L'égalité des confessions s'étend dans les bailliages communs[5]. Le conflit religieux allait toutefois couver jusqu'à la guerre du Sonderbund en 1847 qui mena à la Confédération suisse.

Les troupes bernoises et zurichoises, victorieuses, s'emparèrent de la bibliothèque de l'Abbaye de Saint-Gall. Si Berne rendit plus tard les biens dérobés, Zurich conserva une partie du butin, en particulier des manuscrits et un globe d'astronomie. Ce problème ne fut résolu qu'en 2006 puisque c'est grâce à l'intervention de Pascal Couchepin que les deux cantons trouvèrent un compromis[6],[7]. La propriété des objets resta en mains zurichoises mais un certain nombre de manuscrits furent prêtés à long terme à Saint-Gall. Le globe se trouve toujours au Landesmuseum de Zurich mais une copie conforme devrait être offerte à Saint-Gall.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Atrium : Section Histoire
  2. a, b, c, d et e La Suisse de la formation des alpes à la quête du futur, Ex Libris Verlags, 1975, page 71
  3. Saint Gall Sankt Gallen: Schloss Rapperswil Le château de Rapperswil
  4. « Contre-Réforme » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  5. L'aventure suisse de siècles en siècles, Migros, 1991
  6. Curia Vista - All parliament. business
  7. Le Conseil fédéral a déclaré « Ce litige opposant Saint-Gall et Zurich au sujet de la question des droits sur les biens culturels dérobés à l'abbaye de Saint-Gall par les troupes zurichoises en 1712, au cours de la Seconde guerre de Villmergen, a pu être définitivement réglé à Berne le 27 avril 2006 au moyen d'un accord signé par toutes les parties. »