Alberto V d'Este

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Alberto V d’Este
Alberto V d'Este

Naissance
Décès
Ferrare
Origine Italie
Distinctions Marquis d'Este,
Seigneur de Ferrare et Modène
Famille Maison d'Este
La statue d'Alberto V d'Este sur la façade de la cathédrale de Ferrare.

Alberto V d'Este (né le – décédé le ) est un homme politique italien, membre de la Maison d'Este, actif à Ferrare dans la seconde moitié du XIVe siècle. Fils d'Obizzo III, il reprend en 1388 l'héritage paternel, d'abord avec son frère Nicolas II, puis seul, en tant que seigneur de Ferrare et de Modène, de 1388 jusqu'à sa mort. Il abandonne la politique pro-guelfe de ses prédécesseurs pour se rapprocher des Visconti et, à travers eux, de Reggio. Il est le fondateur de l'université de Ferrare et fait édifier le palais Schifanoia.

Biographie

Fils d'Obizzo III d'Este (1294-1352), seigneur de Ferrare de 1388 à 1393, Alberto succède à son frère Niccolas II di Obizzo à la mort de ce dernier, devenant le seul détenteur des titres pontificaux de « Dominus generalis civitatis Ferrarie et Mutine »[1], c'est-à-dire, seigneur de Ferrare et de Modène.

Son règne court est marqué, à partir de 1389, par un remaniement du système d'alliances, qui voit Ferrare se rapprocher de Gian Galeazzo Visconti incarnant l'hégémonie milanaise sur une bonne partie de la plaine du Pô. Après un investissement important des armées ferraraises dans la guerre de Milan contre Florence, Alberto se retire de l'alliance et signe, en , un accord de paix avec les parties florentines et padouanes.

En , Alberto fait le voyage de Rome, en habit de pénitent, mais escorté de nombreux chevaliers, pour obtenir du pape Boniface IX l'annulation des dettes contractées envers l'Église par la Maison D'Este. Il se voit également renouveler le vicariat apostolique sur ses domaines, ainsi que la légitimation de son fils bâtard Niccolò. Il plaide également auprès du pontife pour modifier le régime juridique des biens séculiers progressivement aliénés à l'Église. L'année suivante, une « bulle bonifacienne » autorise la vente, les contrats et les successions pour les terres obérées par des droits ecclésiastiques. En 1393 une seconde bulle autorise la création d'un studium, c'est-à-dire d'une université, à Ferrare, ayant les mêmes privilèges que celles de Paris ou de Bologne[2] et qui attire les étudiants de toute l'Europe[3].

Cette ambassade couronnée de succès vaudra à Alberto sa statue, en habit de pénitent, sur la façade de la cathédrale de Ferrare[4].

Il épouse successivement Giovanna de' Roberti, issue de la noblesse ferraraise, puis Isotta Albaresani, sa maîtresse, quelques mois avant sa mort.

Il meurt le , ayant désigné pour successeur son fils naturel Niccolò (Nicolas III d'Este) qui, quoique mineur, a été investi du vicariat pontifical sur Ferrare et est entouré d'un conseil de régence fidèle à la maison d'Este.

Alberto, sans être un grand mécène, a procédé à des travaux d'embellissement de la ville de Ferrare, en faisant construire les premières « delizie » (les résidences d'apparat et de loisir des Este), et notamment le palais Schifanoia. Il fait également remodeler la façade de la cathédrale du XIIe siècle en y encastrant une sculpture le représentant en pèlerin.


Généalogie sommaire de la maison D'Este du temps d'Alberto V

Modèle:Arbre début

1309 - Les D'Este sont chassés de Ferrare par les armées du Pape.
1317 - Retour de la famille D'Este à Ferrare.

Modèle:Arbre fin

Postérité politique d'Alberto V Modèle:Arbre début

Modèle:Arbre fin Le , la Famille D'Este quitte définitivement Ferrare et se replie sur Modène.

Notes et références

  1. Archivio di Stato di Modena, Casa e Stato, b. 324.
  2. Archivio di Stato di Modena, Usi feudi e livelli, reg. A, "Liber jurium degli Estensi".
  3. Sophie Cassagnes-Brouquet, Bernard Doumerc, Les Condottières, Capitaines, princes et mécènes en Italie, XIIIe-XVIe siècle, Paris, Ellipses, , 551 p. (ISBN 978-2-7298-6345-6), Este de Ferrare et Gonzaga de Mantoue (page 179)
  4. Antonio Menniti Ippolito. Este, Alberto d'. Dizionario Biografico degli Italiani. Treccani. Volume 43, 1993.

Voir aussi

Bibliographie

  • Gundersheimer W.L., Ferrara : The Style of a Renaissance despotism, Princeton, 1973.
  • De Delayto I. Annales Estenses, Milan, 1731, tome XVIII.
  • Rosenberg C., The Este monuments and urban development in Renaissance Ferrara, New York, 1997.
  • Folin M., Rinascimento estense : politica, cultura, istituzioni di un antico Stato italiano, Rome, 2004.
  • Antonio Menniti Ippolito. Alberto d'Este, in Dizionario Biografico degli Italiani, Volume 43, Treccani, 1993.

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