'Abd ar-Ra'ūf ibn Tāj al-'Arifīn al-Munāwī

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
‘Abd ar-Ra’ūf ibn Tāj al-‘Arifīn al-Munāwī
Biographie
Naissance
Décès
Activité

‘Abd ar-Ra’ūf ibn Tāj al-‘Arifīn al-Munāwī, est un docteur de la loi chaféiste et spirituel soufi. Il naît en Égypte en 1545 (952) au Caire et meurt en 1621 (1031).

Al-Muhibbī le décrit en ces termes : « Imam vertueux et ascète, homme de grande piété (…) proche de Dieu et dévoué à autrui (…) patient et sincère ». Issu d’une famille célèbre pour sa piété, originaire de Munayt ou Munāw, où ses ancêtres s’étaient établis après leur départ de Tunisie, il devint très jeune hāfiz et fut initié au taṣawwuf par Sha‘rānī. Après sa mort, il se rapprocha notamment de la confrérie khalwatiyya et de diverses autres. Après certaines fonctions religieuses, il se retira du monde pour écrire. Puis il revint dans le monde pour enseigner à l’Université d’aṣ-Ṣālihīyya, où la très grande qualité de son enseignement, qui attirait à lui les plus éminents savants de son temps, lui fit subir la jalousie de certains au point qu’il fut probablement empoisonné. Il en réchappa mais abandonna alors son enseignement pour, désormais trop affaibli pour écrire, dicter ses œuvres à l’un de ses fils, Tāj ad-dīn Muhammad. Il mourut en 1621. Le nombre de ses écrits dépasse la centaine et aborde des registres très divers, soufisme, sciences religieuses mais aussi logique, médecine ou botanique. Ils connurent un certain succès de son vivant et sont encore étudiés aujourd’hui, même si la majorité de ceux-ci ne sont plus guère accessibles que sous forme de manuscrits. Son livre, al-Kawākib ad-durriya fī tarājim as-sāda aṣ-ṣūfiyya, « Les astres resplendissants ou Biographies des maîtres soufis », connu aussi sous le titre Tabaqāt al-Munāwī aṣ-ṣughrā, répertorie la vie des grands spirituels des temps du prophète jusqu’à sa propre époque. Il y mentionne trente-cinq saintes musulmanes dans la partie qui en a été traduite en français par Nelly Amri[1].

Il a écrit sur le hadîth, le droit, la grammaire, l'histoire, la géographie, la zoologie, les successions, l'interprétation des rêves, et un livre regroupant logique, sources du droit, successions, grammaire, médecine, astronomie et soufisme, sous le titre Ithâf al-mubra bi-l-'ulûm al-'ashra, « La poluiche offerte aux dix sciences. »"[2]

Sa croyance[modifier | modifier le code]

Comme l'ensemble des savants de l'Islâm, l'Imâm Al-Munâwi rejetait les croyances impliquants que Allâh serait un corps ou qu'Il serait dans une direction ou un endroit. Il a clairement qualifié ces croyance d'innovation de mécréance. Dans son livre « Faydou l-Qadîr Charh Al-Jâmi’ As-Saghîr », le Chaykh Al-Munâwi a dit : « Quant à celui qui devient mécréant par sa mauvaise innovation, c’est comme celui qui renie la connaissance de Allâh en prétendant que Allâh ne connait pas le détail, ou qui prétend que Allâh serait un corps, ou qu’Il serait dans une direction. De même celui qui dit que Allâh est en contact avec le monde ou détaché de lui. On ne caractérise pas les actes de ces derniers seulement par le rejet car il est plus vil que cela par sa mauvaise croyance ».[3]

Son opposition à la croyance d'Ibn Taymiyah[modifier | modifier le code]

Dans son livre “Faydou l-Qadîr” à la suite du hadîth rapporté par Mouslim dans son sahîh d’après Aboû hourayrah qui rapporte que Prophète a dit :

« من يدخل الجنة يَنعَم لا ييْأس، لا تبلى ثيابه، ولا يفنى شبابه »

[Sens en français : ] « Celui qui entre au Paradis sera heureux et ne perdra plus espoir, ses habits ne s’useront plus et sa jeunesse ne passera jamais »  

Il (Al-Mounâwi) a dit : « Ceci est explicite pour confirmer que le Paradis est éternel et qu’il ne s’anéantira pas, et l’enfer pareillement. Et Jahm Ibnou Safwân a prétendu qu’ils s’anéantiront parce qu’ils sont entrés en existence, mais aucun des gens de l’Islâm ne l’a suivi, bien au contraire, ils l’ont déclaré mécréant pour cela. Certains ont été d’avis que l’enfer s’anéantira au contraire du paradis, Ibnou l-Qayyim tout comme son chaykh Ibnou Taymiyah, se sont longuement attaché à faire vaincre cet avis dans plusieurs ouvrages, ce faisant il est passé plus près de la mécréance que de la foi à cause de sa contradiction avec le texte du Qour-ân, il a conclu ainsi son livre qui décrit le paradis »[4].

  1. Source : Le Livre des Haltes, Émir Abd el-Kader, trad. de Abdallah Penot, Dervy, Paris 2008, avec l’aimable autorisation de M. Jean Annestay.
  2. Commentaire de 'Abd al-Rahmân Andreucci dans sa traduction de Sulamî, Femmes soufies, p. 166
  3. « Le Chaykh Al-Mounâwi déclare mécréant ceux qui attribuent la direction ou le corps à Allâh », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne)
  4. « Ibn taymiyya prétend que l’enfer aurait une fin (partie 1) », Ibn Taymiyya,‎ (lire en ligne)