Voyage autour du monde

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Voyage autour du monde est le journal de voyage de Louis Antoine de Bougainville, marin et militaire, qui mena entre 1766 et 1769, sous l'impulsion de Louis XV et de son Premier ministre Choiseul, une expédition autour du monde avec les vaisseaux La Boudeuse et l'Étoile. Cette expédition embarquait plusieurs scientifiques : botaniste, naturaliste et astronome.

Le récit, au-delà de l'évocation des péripéties du voyage, livre des descriptions détaillées de la colonie espagnole qui deviendra l'Argentine, des populations et des paysages de la Patagonie, de Tahiti, ainsi que des possessions hollandaises en Asie du Sud-Est (la future Indonésie).

Écrit par un homme qui se disait des Lumières, ce récit de voyage frappa les contemporains par son portrait d'une société tahitienne guidée par la quête du plaisir, où l'homme apparaissait délivré de la tyrannie du travail.

Dans son Supplément au Voyage de Bougainville, Denis Diderot s'appuie sur le récit de Bougainville pour entamer une réflexion sur la morale.

Extrait[modifier | modifier le code]

« La polygamie paraît générale chez eux, du moins parmi les principaux. Comme leur seule passion est l'amour, le grand nombre des femmes est le seul luxe des riches. Les enfants partagent également les soins du père et de la mère. Ce n'est pas l'usage à Tahiti que les hommes, uniquement occupés de la pêche et de la guerre, laissent au sexe le plus faible les travaux pénibles du ménage et de la culture. Ici une douce oisiveté est le partage des femmes, et le soin de plaire leur plus sérieuse occupation.

[...] Je ne saurais assurer si le mariage est un engagement civil ou consacré par la religion, s'il est indissoluble ou sujet au divorce. Quoi qu'il en soit, les femmes doivent à leurs maris une soumission entière : elles laveraient dans leur sang une infidélité commise sans l'aveu de l'époux. Son consentement, il est vrai, n'est pas difficile à obtenir, et la jalousie est ici un sentiment si étranger que le mari est ordinairement le premier à presser sa femme de se livrer. Une fille n'éprouve à cet égard aucune gêne ; tout l'invite à suivre le penchant de son cœur ou la loi de ses sens, et les applaudissements publics honorent sa défaite. Il ne semble pas que le grand nombre d'amants passagers qu'elle peut avoir eu l'empêche de trouver ensuite un mari. Pourquoi donc résisterait-elle à l'influence du climat, à la séduction de l'exemple ? L'air qu'on respire, les chants, la danse presque toujours accompagnée de postures lascives, tout rappelle à chaque instant les douceurs de l'amour, tout crie de s'y livrer. »

Analyse[modifier | modifier le code]

Éditions[modifier | modifier le code]

  • M. Bideau et S. Faessel (éd.), Louis-Antoine de Bougainville, Voyage autour du monde, Presses de L'Université de Paris-Sorbonne,‎

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