Vieux Dongola

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Vieux Dongola
دنقلا العجوز
Image illustrative de l’article Vieux Dongola
Église des Colonnes de Granit en 2007.
Localisation
Pays Drapeau du Soudan Soudan
État Nord
Coordonnées 18° 13′ 23″ nord, 30° 44′ 38″ est
Géolocalisation sur la carte : Soudan
(Voir situation sur carte : Soudan)
Vieux Dongola
Vieux Dongola

Le Vieux Dongola (anglais Old Dongola, ancien nubien Tungul, en arabe Dunqulā al-ʿAjūz نقلا العجو) est une ville déserte et site archéologique localisé sur la rive Est du Nil à l'opposé de l'oued Howar, dans ce qui est aujourd'hui l'État du Nord, au Soudan. Ville importante de la Nubie médiévale, et point de départ des caravanes vers le Darfour et le Kordofan, elle est capitale de la Makurie du IVe au XIVe siècle. Un équipe d'archéologues polonais fouille le site depuis 1964.

Le centre urbain a descendu quelque 80 km le cours du fleuve et s'est établi sur la rive opposée du Nil dans ce qui est aujourd'hui le Dongola moderne.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'« Église des Colonnes de Granite » (chapiteaux décorés)

La ville de Vieux Dongola est fondée au Ve siècle, d'abord en tant que forteresse, mais une ville s'établit rapidement autour d'elle. Avec l'arrivée du christianisme, la ville devient capitale de Makurie et plusieurs églises y sont construites, dont le « Bâtiment X » et l'« Église du Pavage de Pierre », d'après les noms donnés par les archéologues modernes. Ces deux structures ont été édifiées à 100 m de distance du centre-ville fortifié, indiquant qu'au temps de leur érection, la ville s'étendait déjà au-delà des murailles originelles de la forteresse. Le « Bâtiment X » a été rapidement remplacé par la « Vieille Église ».

Plan de Vieux Dongola à l'époque médiévale.

Les deux églises principales sont détruites au milieu du VIIe siècle, puis reconstruites peu après. Les matériaux de construction de la « Vieille Église » ont alors servi à la réparation des murs de la cité. Les archéologues pensent qu'il s'agit là de preuves de la première (en) (642) puis de la deuxième (652) bataille de Dongola. Ornée de 16 colonnes de granite chacune coiffée d'un chapiteau de granite riche décoré, l'« Église des Colonnes de Granite » était peut-être la cathédrale de Vieux Dongola.

Reconstruction numérique de l'« Église cruciforme ».

Vieux Dongola atteint son apogée au Xe siècle. L'« Église du Pavage de Pierre » est remplacée par l'« Église cruciforme » à cette époque. On trouve également en usage à l'époque d'autres églises, au moins deux palais et un monastère assez important au nord. Plusieurs maisons sont bien équipées et possèdent salles de bains et des peintures murales.

Le Libro del Conoscimiento, un récit de voyage compilé par un moine espagnol peu après 1348 mentionne l'établissement de marchands génois à Vieux Dongola, qu'ils auraient atteint suite au traité commercial de 1290 entre Gênes et l'Égypte[1].

Salle du Trône[modifier | modifier le code]

Bâtiment de la salle du Trône.

La « salle du Trône » est une structure massive de type défensive de 28 par 18 par 12 m située sur un éperon rocheux à l'est de la forteresse. Construite au IXe siècle, ce bâtiment abritait la salle du trône des rois de Makurie[2]. En 1317, elle est transformée en mosquée ; cet évènement est consigné dans une stèle érigée par Sayf al-Din Abdullah Barshambu. La salle du trône cérémonielle du rez-de-chaussé est alors transformée en salle de prière. La mosquée reste utilisée jusqu'en 1969, puis le bâtiment est converti en monument historique[3].

Déclin[modifier | modifier le code]

Cimetière islamique avec des qubbas (en)

La ville décline cependant entre les XIIIe et XIVe siècles. Elle est attaquée plusieurs fois par les arabes. Une inscription datée de 1317 constitue la trace d'une expédition militaire envoyée par le sultan d'Égypte pour placer son protégé Abdullah, peut être un Nubien musulman, sur le trône[4]. Sous le Sultan funj, Vieux Dongola devient la capitale des provinces du Nord. L'explorateur français Charles-Jacques Poncet visite la ville en 1699, et la décrit dans ses mémoires comme localisée sur les versants d'une colline sablonneuse[5].

Cimetière islamique[modifier | modifier le code]

Un grand cimetière islamique avec de nombreuses qubbas (en), érigé au XVIIe siècle, témoigne de l'importance de Dongola même après les temps médiévaux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) O. G. S. Crawford, « Some Medieval Theories about the Nile », Geographical Journal, vol. 114,‎ , p. 7f (JSTOR 1789985)
  2. (en) Artur Obłuski, Włodzimierz Godlewski, Wojciech Kołątaj, Stanisław Medeksza et Cristobal Calaforra-Rzepka, « The Mosque Building in Dongola. Conservation and Revitalization project », Polish Archaeology in the Mediterranean, vol. 22,‎ , p. 248–272 (lire en ligne)
  3. (en) Mohammed El Fasi, General History of Africa III. Africa from the Seventh to the Eleventh Century, UNESCO, (ISBN 92-3-101 709-8, lire en ligne), p. 199-201
  4. (en) P. L. Shinnie et M. Shinnie, « New Light on Medieval Nubia », Journal of African History, vol. 6,‎ , p. 265 (JSTOR 180167)
  5. (en) Charles Jacques Poncet, The Red Sea and Adjacent Countries, Londres, Hakluyt Society, , p. 99f

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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