Trust Hugenberg

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Le Trust Hugenberg, appelé aussi « Hugenberg-Konzern » était un groupe de médias placé sous la direction du principal industriel de l'acier Alfred Hugenberg et contrôlant directement ou indirectement 1 600 journaux allemands à la fin de la Première Guerre mondiale, sous la République de Weimar. C'était alors le premier groupe de presse européen.

Histoire[modifier | modifier le code]

Premier trust remontant à 1867, il contrôlait les journaux Berliner Tageblatt, Berliner Volkszeitung, Uhr Abendblatt, tous prussiens. En 1916, Alfred Hugenberg, fondateur en 1891 et ex-leader de la Ligue pangermaniste, président du comité de direction des entreprises Krupp et président d’innombrables conseils d’administration, réalisa d'importantes acquisitions. Il acheta l'empire de presse d’August Scherl, qui comptait les journaux à sensation Berliner Lokal Anzeiger, Die Woche, Die Gartenlaube. L'objectif de cette acquisition était de promouvoir un « nouveau mouvement spirituel » afin de repousser l’influence croissante des idées libérales-démocrates.

Au même moment, le trust de l'industriel Hugo Stinnes acquiert ainsi la Deutsche Allgemeine Zeitung (DAZ).

À partir des années 1920, le Trust Hugenberg a mis en place une agence de presse, la Telegraphen Union (TU), à laquelle il a ajouté la société de production d’actualités filmées UFA, rachetée le 1er avril 1927 et dirigée jusqu'en 1931 par Klitsch, puis un atelier central de composition, en rapport direct avec les journaux de province, qui lui donnaient de nombreux travaux de sous-traitance. L'empire regroupe aussi la maison d'édition August Scherl.

En 1931, Alfred Hugenberg forma à Bad-Harzbourg, avec les nationaux-socialistes du NSDAP, l’alliance dite « de front national » pour « la destruction du mouvement révolutionnaire marxiste d’inspiration bolchevique ». Adolf Hitler eut alors accès aux moyens de propagande du trust Hugenberg[1] et le parti nazi multiplia par huit son score de 1928 lors des élections du Reichstag du 14 septembre 1930, pour atteindre 6 400 000 voix, tandis que le parti de Hugenberg en perdit deux millions[2].

Le 27 juin 1933, Alfred Hugenberg est contraint d'abandonner ses portefeuilles ministériels, et le lendemain, son parti est dissous et son groupe de presse lui est confisqué. Il obtient, grâce à l'intervention de Gœbbels, le droit de garder sa maison d'édition.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joachim C. Fest, Les maitres du Troisième Reich, 1965, [1]
  2. Bruno Gaudiot, Adolf Hitler : l'archaïsme déchaîné, page 86 [2]