Thierno Aliou

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Thierno Aliou Bhoubha Ndian (Thierno Aliou Bah, né vers 1850 à Donghol Guinée AOF, décédé le 23 mars 1927 à Labé Guinée AOF)[1] est un écrivain, théologien musulman et un homme politique peul important du Fouta-Djalon[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Ascendance[modifier | modifier le code]

Descendant de Ali Kali Doukouré dont le petit-fils, Thierno Malal (qui prit le nom de Bah lorsqu'il épousa une femme de ce clan) vint du Diafouna (République du Mali actuelle) et séjourna dans le Koin, près d'une montagne qu'il baptisa Diafouna.

Puis il continua dans le Labé et trouva Karamoko Alpha à Dimbin ; celui-ci lui proposa des cadeaux et des domaines pour sa famille ; mais il se contenta d'une petite parcelle pour sa tombe qu'il creusa d'ailleurs lui-même. Édifié par tant de vertus, Karamoko Alpha le nomma Imam Ratib, charge dont hérita son fils Thierno Abdourrahmane ; celui-ci suivit Karamoko Alpha dans sa nouvelle résidence à Missidé Hindé (qu'il légua par la suite à la famille de Modi Younoussa, arrière-grand-père de Thierno Diawo Pellel) et y mourut.

Enfin, lorsque Karamoko Alpha se fixa définitivement à Labé, il emmena les deux enfants de Thierno Malal et les sept fils de Thierno Abdourrahman ; il mourut dix ans plus tard, mais l'Imamat se transmit dans la famille de Thierno Malal jusqu'à Thierno Aliou en passant par Thierno Mamadou Bano et Thierno Mamadou.

Education[modifier | modifier le code]

Thierno Aliou étudia le Coran auprès de son père Thierno Mamadou ; il fit ses études secondaires et supérieures à l'école de trois grands érudits de l'époque : son oncle Thierno Abdoulaye Ndouyêdio, Thierno Boubacar Poti Séléyanké de Dimbin et Thierno Abdourrahmane Kaldouyanké de Sombili (surnommé Thierno Doura).
Il apprit les sciences islamiques (théologie, langue, littérature, grammaire, etc.). Il maîtrisait l'arabe littéraire ce qui lui permit d'écrire de nombreux ouvrages dans cette langue et de servir d'interprète pour les chefs du Labé lorsqu'ils recevaient des hôtes arabes.

Période à Bhoubha Ndian[modifier | modifier le code]

Son dernier maître (Thierno Doura) le choisit pour traduire, devant les érudits du Fouta, une lettre envoyée par les chefs arabes à l'Alamamy ; il acquit alors une renommée qui dépassa les frontières du Fouta et de la Guinée.

Alpha Ibrahima le choisit comme conseiller pour les affaires religieuses ; son fils Alpha Yaya lui renouvela cette confiance.

Thierno Aliou déménagea, à 30 km de Labé lorsque son oncle Thierno Abdourrahmane Talibé lui donna en mariage une de ses filles et lui offrit, en héritage, tous ses biens dispersés dans la contrée (cheptel, terres, récoltes, etc.). Il reçut depuis, le nom de Thierno Aliou Bhoubha Ndian. Il resta à Bhoubha Ndian pendant 24 ans dispensant des cours, recevant des étudiants venus de tous les coins du Fouta, notamment des enfants de chefs et de notables. Il ne comptait que sur le revenu généré par ses champs et ses transactions commerciales pour subvenir aux besoins de sa famille et de ses élèves et redistribuaient les cadeaux qui pouvaient lui être fait.

Période à Madina[modifier | modifier le code]

Les fonctions assumées par Thierno Aliou exigeaient de lui une présence de plus en plus suivie à Labé. Il déménagea vers 1898 à Madina, à 75 km de Labé. Il y trouva son oncle Modi Mamadou Samba qui lui donna en mariage une de ses filles ; il fut nommé chef de tous les Ourourbhé (Bah, Baldé) de Dowsaré Labé, Kolia, Manda Saran, Soumma, Fétoyambi et Woundoudi ; il y construisit une mosquée et en fit son lieu de retraite spirituelle.

Pendant la colonisation française, il devint juge principal de Labé, mais se fit remplacer par son fils aîné Thierno Siradiou en 1914.

Après la réforme administrative de 1912, il fut nommé chef du canton de Donghora, charge qu'il accepta sans enthousiasme et sur les conseils de ses amis et sympathisants qui craignaient pour lui la répression qui s'était abattue sur les érudits du Fouta ; il régna quatre ans et fut obligé d'abandonner en 1916. Il se consacra alors à ses activités culturelles et religieuses ; en témoignage sa prestation à la conférence des érudits africains organisée à Dakar par le Gouverneur Général de l'AOF.

Thierno Aliou Bhoubha Ndian mourut le 23 mars 1927 à l'âge de 80 ans ; il est enterré dans sa concession près de la grande mosquée dont la direction est actuellement assurée par son fils Thierno Abodurrahmane, ses deux petits fils El Hadj Ibrahima Caba et El Hadj Mamadou Badr ainsi que El Hadj Aliou Teli Laria petit-fils de son ami Thierno Mahmoudou Laria qui fut aussi imam de la mosquée de Labé.

Thierno Aliou a laissé de nombreux enfants[1] : Thierno Siradiou, Karamoko Bano, Thierno Lamine, Thierno Mamadou, Thierno Abdoulaye, Karamoko Chaikou, Thierno Habib, Thierno Abdourrahmane, Aguibou Oubaidoullahi Dai, Assiatou, Oussoumâni, Mariama Sira, Barratou Djiwo, Fatimatou Souadou, Diaraye, Kadiatou et Aissatou.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) « Tierno Aliou Bhoubha Ndiyan biographie 1 », sur www.diiwallabe.org (consulté le 23 novembre 2010)
  2. (fr) « Mon combat pour la Guinée, page 30Par Thierno Bah », sur books.google.fr (consulté le 23 novembre 2010)