Test de Draize

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Le test de Draize est un protocole d'expérimentation animale et test toxicologique (en) invasif, mis au point en 1944 par John H. Draize et Jacob M. Spines, toxicologues de la Food and Drug Administration (FDA). Le test consiste à évaluer un produit chimique sur la peau, les muqueuses ou l’œil d'un animal afin d'évaluer son innocuité dermatologique.

Protocole[modifier | modifier le code]

D'abord réalisé pour tester des cosmétiques, le test consiste à appliquer 0,5 millilitre (mL), ou 0,5 gramme (g), de la substance testée sur l’œil ou la peau d'un animal immobilisé et conscient[1], puis de laisser la substance en place un certain temps avant de l'enlever et de noter les effets[2].

Les animaux sont ainsi observés durant une période s'étendant jusqu'à 14 jours, où l'on tente notamment de détecter des signes d'érythèmes et d'œdème sur la peau testée, ou de la rougeur, enflure, écoulement, ulcération, hémorragie, voilement et cécité de l’œil testé.

Le sujet habituel est un lapin albinos, bien que d'autres espèces (telles le chien) soient parfois utilisées[3].

Protection animale[modifier | modifier le code]

L'utilisation d'animaux en laboratoire dans le cadre du test de Draize est un sujet polémique controversé par les défenseurs des animaux.

Au sein de l’Union européenne, l'expérimentation animale est encadrée par la directive 2010/63, qui encourage le développement de méthodes de tests alternatives[4].

Aux États-Unis, la FDA soutient que « selon la communauté scientifique, aucun autre test ou batterie de tests n'a jusqu'ici pu remplacer adéquatement [...] le test de Draize[trad 1],[5] ».

Selon le NAVS, une association américaine luttant contre la vivisection et l'utilisation des animaux en laboratoire, les sujets sont euthanasiés ou gardés en vie afin d'être réutilisés pour d'autres tests[6].

Son utilisation aux États-Unis et en Europe tendrait à diminuer ou à être modifiée de manière à être faite sous anesthésie ou à administrer de plus faibles doses de la substance testée[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Notes de traduction :
  1. (en) « to date, no single test, or battery of tests, has been accepted by the scientific community as a replacement [for] ... the Draize test »
  • Références :
  1. Carbone 2004, p. 63.
  2. (en) « Eye irritancy », Research Defence Society (version du 28 septembre 2007 sur l'Internet Archive)
  3. Carbone 2004, p. 24.
  4. Directive 2010/63/UE du parlement européen et du conseil du 22 septembre 2010 relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques, Journal officiel de l’Union européenne, 20 octobre 2010, L 276/33.
  5. (en) « Validation of In Vitro Methods: Regulatory Issues », Animal Welfare Information Center Newsletter, vol. 5, no 2,‎ (lire en ligne)
  6. (en) « Animals in Product Testing », National Anti-Vivisection Society (version du 15 avril 2012 sur l'Internet Archive) via Internet Archive.
  7. (en) « Alternatives to Animal Testing Web Site » (version du 16 juillet 2008 sur l'Internet Archive) via Internet Archive

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Holden C, « Much work but slow going on alternatives to Draize test », Science, vol. 242, no 4876,‎ , p. 185–186 (PMID 3175645, DOI 10.1126/science.3175645)
  • (en) Holden C, « Cosmetics firms drop Draize test », Science, vol. 245, no 4914,‎ , p. 125 (PMID 17787868, DOI 10.1126/science.245.4914.125)
  • (en) Larry Carbone, What Animals Want : Expertise and Advocacy in Laboratory Animal Welfare Policy, Oxford University Press, , 304 p. (présentation en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) K. N. Clelatt, Textbook of Veterinary Ophthalmology, Philadelphie, Lea & Febiger,
  • (en) J. H. Prince, C. D. Diesem, I. Eglitis et G. L. Ruskell, Anatomy and Histology of the Eye and Orbit in Domestic Animals, Springfield, Charles C. Thomas,
  • (en) S. Karger, Ophthalmic Pathology in Animals, New York,
  • (en) D W. Swanston, Animals and Alternatives in Toxicity Testing, New York, Academic Press, , « Eye irritancy testing », p. 337–367
  • (en) E. V. Buehler et E. A. Newmann, « A comparison of eye irritation in monkeys and rabbits », Toxicol Appl Pharmacol, vol. 6,‎ , p. 701-710
  • (en) R. Sharpe, « The Draize test-motivations for change », Fd Chem Toxicol, vol. 23,‎ , p. 139-143
  • (en) F. E. Freeberg, D. T. Hooker et J. F. Griffith, « Correlation of animal eye test data with human experience for household products: an update », J Toxicol-Cut & Ocular Toxicol, vol. 5,‎ , p. 115-123
  • (en) J. F. Griffith et F. E. Freeberg, In Vitro Toxicology : Approaches to Validation, New York, Mary Ann Libert, , « Empirical and experimental bases for selecting the low volume eye irritation test as the validation standard for in vitro methods », p. 303–311
  • (en) C. Shopsis, E. Borenfreund et D. M. Stark, In Vitro Toxicology : Approaches to Validation, New York, Mary Ann Liebert, , « Validation studies on a battery of potential in vitro alternatives to the Draize test », p. 31–44
  • (en) D. Maurice, In Vitro Toxicology : Approaches to Validation, New York, Mary Ann Liebert, , « Direct toxicity to the cornea: a nonspecific process? », p. 91-93
  • (en) J. Leighton, J. Nassauer, R. Tchao et J. Verdone, In Vitro Toxicology : Approaches to Validation, New York, Mary Ann Liebert, , « Development of a procedure using the chick egg as an alternative to the Draize rabbit test », p. 165-167
  • (en) V. C. Gordon et H. C. Bergman, « The EYETEX-MPA system », Progress in In Vitro Technology, Johns Hopkins University School of Hygiene and Public Health, Baltimore, Maryland,‎
  • (en) H. R. Hertzfeld et T. D. Myers, In Vitro Toxicology : Approaches to Validation, New York, Mary Ann Liebert, , « The economic viability of in vitro testing techniques », p. 189-202

Voir aussi[modifier | modifier le code]