Tarsius bancanus

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Tarsius bancanus
Description de cette image, également commentée ci-après

Tarsier de Horsfield
ou tarsier occidental (Sabah, Malaisie)

Classification selon MSW
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Ordre Primates
Sous-ordre Haplorrhini
Infra-ordre Tarsiiformes
Famille Tarsiidae
Genre Tarsius

Nom binominal

Tarsius bancanus
Horsfield, 1821

Statut de conservation UICN

( VU )
VU A2cd : Vulnérable

Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 04/02/1977

Répartition géographique

Description de l'image Horsfield's Tarsier area.png.
  •      Tarsius bancanus

Tarsius bancanus, le tarsier de Bornéo[1] ou tarsier de Horsfield (traduction de l'anglais) ou tarsier de Banca[2] ou tarsier occidental[3], est une espèce de tarsier. Comme les autres tarsiers, il est caractérisé par des yeux exceptionnellement grands qui l'aident à voir dans l'obscurité[4] afin de capturer ses proies.

Cette espèce fait l'objet d'une controverse taxinomique. Elle est considérée par certains comme appartenant au genre Tarsius[5] mais est considérée par d'autres comme la seule espèce du genre Cephalopachus[6].

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Tarsius bancanus est présent en Indonésie sur les îles de Bangka et de Sumatra, sur les Îles Karimata et Belitung et dans les Îles Natuna du sud. Il est également présent sur l'île de Bornéo (Indonésie, Malaisie et Brunei)[5].

Ce primate vit dans les forêts primaires et secondaires ainsi que dans les forêts de mangrove[7]. Il préfère les habitats forestiers avec un sous-bois dense et semble incapable de s'adapter aux milieux agricoles[8].

Description[modifier | modifier le code]

Cephalopachus bancanus borneanus (Sabah, Malaisie)

Tarsius bancanus est un petit primate qui mesure corps et tête compris environ 13 cm[9] pour une taille totale de 32 à 37 cm[3]. Il pèse de 105 à 135 g[10],[3].

Il possède, par rapport à la taille de sa tête, les plus gros yeux chez un mammifère[3]. Il ne présente pas d'incisives intermédiaires sur la mâchoire supérieure[2]. Les oreilles sont arrondies, horizontales et beaucoup plus courtes que la tête[2].

Il possède une queue grêle[2], courte mais bien développée[3].

Le pelage est brun[2], parfois de couleur sable[3].

Comportement[modifier | modifier le code]

Ce primate arboricole[3], nocturne[6] et crépusculaire[3], grimpe verticalement au plus près des troncs et des branches mais peut sauter[11]. Il affectionne particulièrement les troncs de 1 à 4 cm de diamètre[3]. Pour se déplacer, il ne peut visiblement pas tourner suffisamment ses yeux dans ses orbites et doit tourner la tête. Il réalise de 650 à 850 sauts par nuit[7].

Cet animal territorial semble pouvoir communiquer par vocalises[7].

Alimentation[modifier | modifier le code]

Il est exclusivement carnivore et se nourrit essentiellement d'arthropodes parmi lesquels des coléoptères, des sauterelles, des cafards, des papillons, des mites, des mante religieuse, occasionnellement des fourmis, des phasmides et des cigales. Il consomme également des oiseaux comme des oiseaux chasseurs d'araignées du genre Arachnothera, des fauvettes, des matins-pêcheurs ou des pittas. Il capture également des chauve-souris comme Taphosus sp., Cynopterus brachyotis et Balionycteris maculata. Son régime alimentaire inclut également des serpents comme Maticora intestinalis et il a déjà été observé mangeant des lézards du genre Draco[7].

Sa technique de prédation comporte un repérage de la proie par l’ouïe puis par la vue avec en général un saut puis une morsure les yeux fermés. Il ne mange que les proies fraîchement tuées (celles qui tombent au sol ne sont pas consommées). Un individu peut manger jusqu'à 10 % de son poids en une nuit pendant laquelle la durée totale d'alimentation est de 2 heures environ[7].

Reproduction[modifier | modifier le code]

La gestation chez Tarsius bancanus est de 178 jours[12] et la femelle donne naissance à un seul petit[3]. Les naissances ont lieu tout au long de l'année, avec une fréquence plus importante en fin de saison des pluies entre février et juin. Le petit qui pèse environ un quart du poids de sa mère, est capable de grimper dès le premier jour[3].

Publication originale[modifier | modifier le code]

  • Horsfield, T. 1824. Zoological Researches in Java, and the Neighbouring Islands. London, 324 pages [La planche 4 est datée de novembre 1821].

Liste des sous-espèces[modifier | modifier le code]

  •      T. b. borneanus
  •      T. b. saltador
  •      T. b. natunensis
  •      T. b. bancanus

Selon Mammal Species of the World (28 mai 2014)[13] :

  • Tarsius bancanus bancanus Horsfield, 1821 - (Sumatra, île de Bangka, Indonésie)[14]
  • Tarsius bancanus borneanus Elliot, 1910 - (île de Bornéo, Brunei, Indonésie, Malaisie)[14]
  • Tarsius bancanus natunensis Chasen, 1940 - (île Serasan, îles Natuna, Indonésie)[14]
  • Tarsius bancanus saltator Elliot, 1910 - (île Belitung, Indonésie)[10],[14]

Cette liste de sous-espèces est sujette à discussion. Certains[6] pensent par exemple que Tarsius bancanus saltator est un synonyme de Tarsius bancanus bancanus alors que d'autres[10] considèrent qu'il s'agit d'une sous-espèce valide caractérisée par un pelage moins laineux et une teinte dorsale de couleur gris fer plus marquée. Le même débat existe concernant Tarsius bancanus natunensis[6].

Le tarsier de Bornéo et l'Homme[modifier | modifier le code]

Croyances[modifier | modifier le code]

Chez les Iban, anciens chasseurs de tête de Bornéo, le tarsier était considéré comme un animal-présage. Du fait de son épine dorsale extrêmement souple qui lui permet une rotation de la tête de 360°, sa tête était considérée comme non fixée. Si un chasseur de têtes rencontrait un tarsier, il devait se retourner immédiatement ou risquait d'être frappé par les esprits ainsi que sa communauté par un sort[3].

Philatélie[modifier | modifier le code]

Le tarsier de Horsfield figure sur un timbre Malais de 2008 (2 MYR) et sur un timbre indonésien de 2010 (1500).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bouchaud, J. 2010. Malaisie: Modernité et traditions en Asie du Sud-Est. Éditions Olizane, 317 pages.
  2. a, b, c, d et e Desmarest, A. G. 1820. Encyclopédie méthodique ou par ordre de matières. Mammalogie ou description des espèces de mammifères. Première partie, contenant les ordres de bimanes, des quadrumanes et des carnassiers. Agasse, Paris, 555 pages.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Hutchins, M. (Ed). 2003. Grzimek’s Animal Life Encyclopedia, 2nd edition. Volumes 12-16, Mammals I-V, edited by Michael Hutchins, Devra G. Kleiman, Valerius Geist, and Melissa C. McDade. Farmington Hills, MI: Gale Group, 2003.
  4. Beard, J. M. , Goodman, M. 1976. The Hemoglobins of Tarsius bancanus [in] Molecular Anthropology: Genes and Proteins in the Evolutionary Ascent of the Primates, Springer US, Boston: 239-255.
  5. a et b Wilson, D. E., Reeder DA. M. 2005. Mammal Species of the World: A Taxonomic and Geographic Reference. The Johns Hopkins University Press, Baltimore, 2142 pages.
  6. a, b, c et d Brandon-Jones, D., Eudey, A. A., Geissmann, T., Groves, C. P., Melnick, D. J., Morales, J. C., Shekelle, M., Stewart, C.-B. 2004. Asian Primate Classification. International Journal of Primatology 25(1): 97-164.
  7. a, b, c, d et e Niemitz, C. 1979. Outline of the Behavior of Tarsius bancanus. [In]: Doyle, G.A., Martin, R.D. (eds). The Study of Prosimian Behavior. New York, Academic Press, 742 pages, p. 631-661.
  8. Merker, S., Yustian, I., Muhlenberg, M. 2005. Responding to forest degradation: Altered habitat use by Dian’s tarsier (Tarsius dianae) in Sulawesi, Indonesia. Oryx 39: 189-195.
  9. Blackham, G. 2005. Pilot survey of nocturnal primates, Tarsius bancanus borneanus (Western tarsier) and Nycticebus coucang menagensis (Slow loris) in peat swamp forest, Central Kalimantan, Indonesia. MSc. Oxford Brookes University, 59 pages.
  10. a, b et c Yustian, I. 2007. Ecology and Conservation Status of Tarsius Bancanus Saltator on Belitung Island, Indonesia. Ph.D, Göttingen, 73 pages.
  11. Rowe, N. 1996. The Pictorial Guide to the living primates. East Hampton, New York: Pogonias Press, 263 pages.
  12. Izard, M. K., Wright, P. C., Simons, E. L. 1985. Gestation length in Tarsius bancanus. American Journal of Primatology, 9(4): 327-331.
  13. Mammal Species of the World, consulté le 28 mai 2014
  14. a, b, c et d Gursky, S., Shekelle, M., Nietsch, A. 2008. The Conservation Status of Indonesia’s Tarsiers. Primates of The Oriental Night, 105-114.

Bibliographie[modifier | modifier le code]