Solifugae

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Solifuge)
Aller à : navigation, rechercher

Les solifuges, en latin Solifugae, sont un ordre d'arachnides qui tiennent leur nom du latin signifiant « qui fuit le soleil ».

Ils sont également appelés Galéodes, Eremobates gladiolus, « scorpion du vent » dans certains pays africains, « araignée du soleil » en Espagne voire « araignée à dix pattes » (en raison de leurs pédipalpes imposants).

Description[modifier | modifier le code]

Cet ordre comprend 1 100 espèces connues.

La plupart des solifuges vivent dans les régions tropicales et semi-tropicales, préférant les régions chaudes et sèches, bien que certaines espèces vivent dans des zones plus vertes et dans des forêts. La plus grande particularité des solifuges est de posséder de larges chélicères. Chacun des deux chélicères est composé de deux articles formant une pince. Chaque article porte un nombre variable de dents. Tous les mâles, à l'exception de ceux des Eremobatidae, possèdent un flagelle sur l'article basal du chélicère. Les Solifuges possèdent également de longs pédipalpes, dont le rôle sensoriel est similaire à celui des antennes des Mandibulates. Les pédipalpes sont adhésifs et servent également d'appendices locomoteurs.

Les solifuges sont carnivores ou omnivores, la plupart se nourrissant de termites, de coccinelles et d'autres petits arthropodes. Les proies sont localisées grâce aux pédipalpes, tuées et découpées par les chélicères. Elles sont ensuite liquéfiées par les sucs digestifs hors du corps ; le liquide est ensuite aspiré par la bouche. Comme leur nom l'indique, les Solifuges sont principalement nocturnes et cherchent l'ombre pendant le jour. C'est ce comportement qui a amené les soldats américains postés en Irak à penser que ces arachnides les attaquaient, alors qu'ils cherchaient simplement de l'ombre auprès des tentes des soldats.

Comportements et reproduction[modifier | modifier le code]

Durant son existence, un solifuge peut creuser une quarantaine de terriers, certains s'enfonçant à une profondeur de deux mètres.

Un grand solifuge est capable de terrasser un scorpion et même certains vertébrés comme des lézards, des petits rongeurs et des oiseaux.

La reproduction peut inclure un transfert de sperme direct ou indirect : s'il est indirect, le mâle produit un spermatophore qu'il dépose sur le sol puis qu'il va déposer dans le pore génital de la femelle à l'aide de ses chélicères.

La femelle pond ses œufs (entre 50 et 200) dans un trou qu'elle a creusé et elle va veiller sur eux jusqu'à l'éclosion qui va mettre jusqu'à un mois (certaines abandonnent tout simplement leurs nids). La femelle peut attraper une proie pour nourrir le couvain entier ; elle mourra six semaines après la ponte, le mâle, quant à lui, meurt peu après l'accouplement. Les jeunes solifuges ne se nourrissent qu'après leur première mue, il leur en faudra neuf pour arriver au stade adulte, ils vivront, solitaires, environ une année.

Durée de vie[modifier | modifier le code]

Contrairement aux autres espèces de grandes araignées, les solifuges vivent rarement plus d'un an.

Classification[modifier | modifier le code]

Il y a treize familles dans l'ordre des solifuges dont douze actuelles.

Légendes[modifier | modifier le code]

Les solifuges sont l'objet de nombreuses légendes et exagérations à propos de leur taille, vitesse, comportement, appétit et dangerosité. Ils ne sont pas particulièrement grands, le record atteignant une dizaine de centimètres, et bien que plus rapides que les autres Arthropodes, le plus rapide doit courir à 16 km/h. Aucun représentant de cet ordre ne possède de venin[1].

Légende courante[modifier | modifier le code]

La croyance veut que les Solifuges du Moyen-Orient injectent une substance anesthésiante aux humains faisant une sieste dans la nature, et profitent alors de la situation pour dévorer une partie de la chair, la victime se réveillant avec une blessure béante[1]. Les Solifuges ne produisent aucun anesthésique et ne s'attaquent jamais à des individus plus grands qu'eux, sauf pour défendre leur progéniture. Du fait de leur apparence étrange et du son particulier qu'ils produisent lorsqu'ils se sentent menacés, beaucoup de gens en ont peur. La plus grande menace qu'ils puissent représenter pour l'Homme est la morsure qu'ils peuvent effectuer lorsqu'on les manipule. Il n'y a aucun risque de mourir directement de cette morsure, mais les muscles des chélicères étant puissants, celle-ci peut entraîner une grande plaie qui peut s'infecter.

« Camel Spiders »[modifier | modifier le code]

Depuis avril 2004 circule sur Internet un canular (hoax) concernant un solifuge irakien. En effet, des soldats américains avaient trouvé deux solifuges morts accrochés l'un à l'autre. Une photo a été prise et l'angle de vue fait qu'elle donne l'impression qu'il n'y a qu'un seul animal de grande taille. Cette fausse araignée a été baptisée « Camel Spider » (« araignée-chameau »)[1].

Tout a été dit à son sujet :

  • Un cri terrifiant (les arachnides ne peuvent crier).
  • Une rapidité ahurissante.
  • Une agressivité exacerbée (attaques de chameaux, voire d'hommes).
  • Une aptitude particulière à dévorer des morceaux de proie.

Des photos de blessures gigantesques attribuées à l'arachnide ont circulé sur le Net.

Cette rumeur lança une fascination collective pour les solifuges, jusqu'alors méconnus du grand public, engendrant malheureusement un grand nombre d'actes de cruauté dont la diffusion fut amplifiée par les sites de partage de vidéos (expérimentation sur les solifuges, combat contre des araignées, des scorpions, des serpents, des souris...).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Voir le site sur les légendes liées aux solifuges (« camel spiders »).

Publication originale[modifier | modifier le code]

  • Sundevall 1833 : Conspectus Arachnidum. Londini Gothorum, p. 1-39.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :