Solidarité féminine

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Solidarité féminine est une association marocaine créée en 1985 par sa présidente actuelle, Aïcha Ech-Chenna[1], qui vient en aide aux mères célibataires.

Historique[modifier | modifier le code]

« Quand on touche à la femme, on touche au sacré » Aicha Ech Enna, présidente de l’association Solidarité féminine.

Aicha Ech Enna nait dans la médina de Casablanca en 1941. Elle obtient un diplôme d’état d’infirmière en 1960. Elle a passé son enfance à Marrakech pour revenir à Casablanca en 1953 où elle devait poursuivre ses études à l'École française .Elle a commencé son action associative dans le bénévolat en adhérant à l'éducation sanitaire au sein de la Ligue de Protection de l'Enfance et au sein de la Ligue de Lutte contre la Tuberculose. Elle a également œuvré en faveur du planning familial et adhéré à l'Union nationale des Femmes marocaines à Casablanca, avant de créer l'association "Solidarité féminine"[2] dont la vocation est d'aider les mères célibataires à se prendre en charge par leur propre effort.

Les dates clés de l’association sise à Casablanca:

  • 1985: Création de l’ASF
  • 1988: Ouverture du centre Tizi Ousli à Ain Sebaâ
  • 1998: Prix du Grand Atlas pour le livre MISERIA (« Récits et témoignages »)
  • 1999: Ouverture du centre de Palmier, mise en place du centre d’écoute
  • 2000: Ech-Chenna reçoit la médaille d'honneur, remise par Sa Majesté le Roi Mohammed VI
  • 2004: Ouverture du centre de remise en forme
  • 2005: Ech-Chenna reçoit le prix Elisabeth Norgall
  • 2009: Ech-Channa reçoit l’Opus Prize (États-Unis) et le Prix Dona d’el Ano (Italie)
  • 2013: Ech-Channa reçoit la Légion d’honneur de la République française, au grade de chevalier[3]
  • 2013: Publication par l'association d'un recueil de témoignages de mères célibataires et de leurs enfants intitulé "A hautes voix"[4]
  • 2015: Publication d'un livre de cuisine "Le goût de la solidarité"
  • 2015: Ech-Chenna reçoit le prix de la banque mondiale « GPSA award pour le leadership en recevabilité sociale »

Objectifs[modifier | modifier le code]

Solidarité Féminine[5] vise un objectif principal : prévenir l’abandon des enfants par la réhabilitation (économique et sociale) de leurs mères. Pour ce faire, l’association a mis en place une stratégie en janvier 2003 qui répond à cinq buts spécifiques :

Communiquer[modifier | modifier le code]

- Développer sa communication : à l’aide de plaidoyers, de sensibilisations (auprès des adolescentes et des jeunes femmes), en intervenant dans le système éducatif (écoles publiques); - Promouvoir les droits humains grâce à plusieurs réseaux (nationaux et internationaux); - Agir auprès des populations à risque (ruraux) par des campagnes de sensibilisation; “Je me dis que notre grande réussite à l’ASF, c’est d’être rentré dans les foyers marocains, grâce aux médias.” Aïcha Ech-Chenna

Accompagner[modifier | modifier le code]

L’association accompagne près de 2 000 mères célibataires et leur(s) enfant(s) par an. Depuis sa création en novembre 1985, l'association Solidarité Féminine se bat pour la promotion des droits de la femme et de l'enfant au Maroc.

Intégrer[modifier | modifier le code]

Solidarité Féminine intègre et réhabilite 50 mères et 50 enfants les plus démunis chaque année. cette réhabilitation permet une prise en charge totale (accueil dans les crèches[6] et maternelles, travail). Celle-ci aboutit à la reconnaissance de droits (droit de protection, droit à l’éducation, droit à l’accès aux soins…)[7].

Former[modifier | modifier le code]

Solidarité Féminine permet aux mamans d’intégrer le monde du travail en accédant à des emplois émergents au Maroc. Les formations sont régulières, et elles permettent une alphabétisation de certaines femmes, les éduquent sur leurs droits et devoirs, les préviennent sur les risques d’une relation hors mariage…

Développer[modifier | modifier le code]

Enfin, Solidarité Féminine aide les bénéficiaires de ce centre à contribuer à leur tour pour aider les futures protégées de l’association en apportant de l’argent. En 2012, pas moins de 56 femmes et 57 bébés ont été pris en charge par l’association, environ un millier de dossiers est pris en charge par an depuis 2003. De quel type de femmes s’occupe l’association? Principalement des femmes fiancées sans qu’un acte de mariage ne soit signé. Ces femmes ont entre 15 et 40 ans, et la plupart veulent se séparer de leur enfant et non pas avorter. Elles cherchent un soutien d’abord psychologique, à la suite de la naissance de leur enfant. Chaque jour, environ 24 bébés sont abandonnés dans la rue.

Moyens[modifier | modifier le code]

Alors que Solidarité féminine fait son entrée dans le monde caritatif, la recherche de fonds est inéluctable. Madame Aicha Ech-Chenna débute avec la modique somme de 2 000 dirhams avant de, peu à peu, développer quelques « activités génératrices de revenus » tels qu’un restaurant « associatif » qui fonctionne encore aujourd’hui. En 2004, elle ouvre un hammam, avec sauna, fitness, jacuzzi et une salle de sport situés dans un centre de remise en forme, lui-même situé non loin de l’association. Ses revenus sont aussi basés sur les dons faits par de généreux donateurs (des associations, la Fondation Accor : 50 000 euros) ou, encore, sur l’argent rapporté par les multiples prix remportés par l’association (Prix Opus: 1 million de dollars en 2009). La présidente fait aussi la promotion de l’association en faisant le tour des plateaux-télé, émissions, scènes, et autres, (passant ainsi au Maroc, en France, à Washington DC, au sein du comité Marocco-Américain...) afin de parler de son projet et exposer les « problèmes » rencontrés au cours de son travail; tout comme elle l’a fait dans son livre Miseria[8] publié en 1996 (œuvre qui a, d’ailleurs, été traduite en arabe)[9].

Pour réaliser ces objectifs, l’association dispose de trois secteurs opérationnels :

  • le Centre de soutien aux Mères en Détresse (CSMD),
  • les crèches sur chacun des trois sites de formation,
  • les formations avec applications génératrices de recettes (restaurants, pâtisserie, service traiteur, atelier de couture, hammam, gestion de cafétéria, kiosques de vente).

Le 20 février 2015, un partenariat a été signé entre La Fondation SMarT et l'Association Solidarité Féminine. Cette convention facilitera l’accès des mères célibataires au milieu professionnel et les aidera à retrouver confiance en elles en tant que mamans responsables et indépendantes financièrement[10].

Résultats[modifier | modifier le code]

Aïcha Ech-Chenna, la grande militante associative marocaine[11], présidente-fondatrice de l’Association «Solidarité féminine», a déjà reçu des distinctions récompensant son travail. Parmi celles-ci, le Prix Opus[12], une sorte de Nobel de l'humanitaire doté d'un million de dollars, ainsi que le prix des droits de l'Homme de la République française en 1995. En 2000, elle reçoit la Médaille d’honneur du Roi Mohammed VI, puis en 2009 elle gagne le prix Dona d’El Ano (Italie). Elle a été nommée récemment au grade de Chevalier de la Légion d'honneur de la République française en 2013.

Solidarité Féminine a fourni des résultats positifs car elle a permis aux mères et aux enfants de réintégrer leurs familles. Elle a également offert à des mères célibataires et à leurs enfants une chance de s’intégrer dans la société tout en gardant leur dignité ( ces derniers n’étant “en rien” redevables à l’association puisque s’étant débrouillés, globalement, seuls afin d’avoir une source de revenus et donc un toit sur leurs têtes. ) . Grâce à Aicha Ech Chenna, de nombreux enfants qui ont eu une enfance difficile et qui ont vécu leur jeunesse dans la misère ont pu gravir les échelons de la société pour devenir hommes d’affaires, hauts fonctionnaires, artistes talentueux[13]

Aicha Ech-Chenna a été officiellement consultée en 2015 dans le cadre de la légalisation de l'avortement au Maroc[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Voici venu le temps des Marocaines », le Point no 1987, Monde, paru le 14 octobre 2010, p. 58-62, Mireille Duteil
  2. "Aïcha, ange gardien des mamans célibataires", Aujourd'hui en France, VIVRE MIEUX, paru le 24 juillet 2006, p. 9, Vincent Mongaillard.
  3. La vie éco, paru le 2 avril 2013
  4. Ech-Chenna, Aicha. A hautes voix. Éditions LE FENNEC. 12/2013. (ISBN 978-9954-1-6756-4), 145 p.
  5. «Je suis le Don Quichotte qui se bat contre les moulins», Interview avec Aicha Chenna, présidente de l'association Solidarité féminine, Al Bayane (Maroc), paru le 17 juillet 2013
  6. « Six lycéennes partent à la rencontre de mères célibataires marocaines », La Croix, no. 38591, France, paru le 17 février 2010, Denis PEIRON.
  7. « Tout le monde m'appelle maman », TEL QUEL Maroc no 396, 31 octobre 2009, p. 6-7, éditions Presse Directe S.A, Youssef Aït Akdim.
  8. Aïcha Ech Channa, Miseria : témoignages, Casablanca, Editions Le Fennec, (réimpr. 2010), 407 p. (ISBN 978-2-221-10384-5, OCLC 64168047)
  9. "Technopark rend hommage à la femme", La Nouvelle Tribune (Maroc), paru le 14 mars 2012
  10. Nadia Ouiddar,, « Une convention de partenariat en faveur des mères célibataires », Le Matin,‎ (lire en ligne)
  11. "Femmes du Maghreb, une écriture en marge", Le Monde, paru le 17 octobre 1997, Catherine SIMON.
  12. Opus Prize Winner, Aïcha Ech Channa, 2009
  13. "Ces fils du peuple qui ont réussi", TEL QUEL Maroc no 527, paru le 16 juin 2012, p. 43-55
  14. « Aïcha Ech-Chenna, celle qui a permis de légaliser l’avortement au Maroc - Elle » (consulté le 11 juillet 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]