Sister Fa

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Sister Fa
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Sister Fa (de son vrai nom Fatou Diatta), née en 1982, est une rappeuse sénégalaise et une militante contre les mutilations génitales féminines.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sister Fa est née en 1982 à Thionk Essyl, dans le département de Bignona[1].

Enfant, elle est victime d'une mutilation génitale. Elle précise dans une interview les modalités de l'excision subie et les douleurs intenses ressenties, à l'époque et encore aujourd'hui : « One organ just wasn't there," she says. (...) Why did they cut off the most sensitive part of my body? I just couldn't understand. » (Un organe seul n'était plus là [clitoris], dit-elle. (...) Pourquoi ont-ils tranché la partie la plus sensible de tout mon corps ? Je ne pouvais pas comprendre ça)[2].

Plus, elle est témoin d’autres mutilations qui tournent mal, avec le décès de deux petites filles[3].

Amenée à vivre chez un oncle à Dakar, elle écrit des textes et commence un parcours de rappeuse à 18 ans, en enregistrant une première maquette. L'année suivante, elle joue au Senegal Hip Hop Awards[3]. En 2005, elle sort son premier album, Hip Hop Yaw Law Fal. Elle rencontre également Lucas May, un éthologue autrichien, tournant un documentaire sur le hip hop au Sénégal et ils se marient. En , elle et son époux s’installent à Berlin[3]. En 2008, elle revient au Sénégal, dans son village puis dans quelques lieux pour diffuser une information sur les mutilations génitales féminines, s’engageant dès lors contre ces pratiques[3],[4]. >. Elle construit un projet Éducation sans excision, associant la musique et cette information contre les mutilations des femmes : « Le hip hop a commencé comme la musique de protestation, et au Sénégal, il l’est encore. »[5].

En 2009, elle sort son premier album international Sarabah: Tales From the Flipside of Paradise[6] ,[7]. En octobre de la même année, elle est sur scène une Journée des Nations Unies à New York, avec des artistes tels que Harry Belafonte, John McLaughlin et Angélique Kidjo[8]. Elle a également été conviée à Addis-Abeba, en Éthiopie, par l’Union africaine en partenariat avec World Vision. En 2011, elle participe à la création d’un documentaire, Sarabah, consacré à son projet, Éducation Sans Excision, et présenté au festival des droits de l'homme Movies That Matter[5].

En , elle est nommée ambassadrice de bonne volonté de l’organisation non gouvernementale World Vision au Sénégal[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mamadou Aliou Diallo, « Sister Fa : Une voix engagée dans la protection des enfants », Le Soleil,‎ (lire en ligne)
  2. https://www.aljazeera.com/indepth/features/2015/10/fgm-senegal-sister-fa-151015113021192.html
  3. a b c et d (en) Renate van der Zee, « Waging a lyrical war against FGM », Al Jazeera,‎ (lire en ligne)
  4. (es) « La mutilación genital femenina, tan cultural que Sierra Leona se niega a prohibirla », El País,‎ (lire en ligne)
  5. a et b (en) Kate Mossman, « Sister Fa: African rapper with a cause », The Observer,‎ (lire en ligne)
  6. (en) Mark Hudson,, « Sister Fa: Sarabah, CD review », The Telegraph,‎ (lire en ligne)
  7. (en) Anderson, Rick, « Sarabah Review », AllMusic,‎ (lire en ligne)
  8. a et b « Sister Fa, ambassadrice de bonne volonté de World Vision Sénégal », World Vision,‎ (lire en ligne)