Signaux faibles

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En intelligence économique, les signaux faibles sont les éléments de perception de l'environnement, opportunités ou menaces, qui doivent faire l'objet d'une écoute anticipative, appelée veille, dans le but de participer à l'élaboration de choix prospectifs en vue d'établir une stratégie, et de réduire l'incertitude. On constate une extension de l'usage de la notion de « signal faible », dont la pertinence reste interprétative.

Définition[modifier | modifier le code]

Selon Olivier Mevel[citation nécessaire], les « signaux faibles » sont des informations partielles et fragmentaires fournies par l’environnement, éventuellement en parallèle des signaux forts, qui sont porteuses d’un « ordre » spécifique et reconnues comme telles par l’organisation après un traitement approprié[1] . Des signaux faibles sont des signaux à faible fréquence, voire des signaux non apparents mais déduits d'une information ou d'un fait. L'importance des signaux faibles n'est pas dans leur perception qui se fait rarement au premier degré, mais dans ce qu'ils déclenchent comme réactions contrastées et contribuent à imaginer des scénarios dynamiques. Contrairement aux idées reçues, les signaux faibles sont surtout des extrapolations de déduction notamment dans des sens a priori impossibles, voire détestables. Plus concrètement, capter des signaux faibles consiste à dépasser un premier niveau d'apparences, d'informations ou de réactions pour chercher des données « augmentées ». Les techniques journalistiques de recueil et de traitement de l'information utilisées dans cet objectif permettent de collecter de nombreuses données. Celles-ci doivent ensuite être validées et ré-interrogées avant de servir à bâtir une stratégie de développement ou de management.

En d'autres termes, les signaux faibles seraient de l'éveil et non de la veille.

Détection[modifier | modifier le code]

La détection des signaux faibles fait l'objet de différents processus de veille en entreprise : veille technologique, concurrentielle, commerciale et environnementale, sociale, sociétale... ainsi que d'intelligence économique. Les signaux faibles se détectent aussi en dehors de toute logique d'entreprise ce qui permet de compléter la veille par de l'éveil. Philippe Cahen (auteur de Signaux Faibles, mode d'emploi, Eyrolles, décembre 2010, prix de l'Académie de l'Intelligence Économique 2011) édite depuis 2003 une lettre mensuelle des signaux faibles. Sophie Backer, ex-journaliste, a créé un cabinet de conseil qui travaille sur les signaux faibles au service de l'entreprise en management et veille sociétale. La détection de signaux faibles est un travail nécessaire des entreprises et organisations : le principal risque pour elles est de ne pas prendre de risques.

Signaux faibles et développement durable[modifier | modifier le code]

Les informations liées au contexte des entreprises se présentent souvent, du point de vue du développement durable, comme un ensemble de signaux « faibles » (quelquefois forts !) que l'intelligence économique doit être amenée à prendre en compte en les restructurant. Pour une entreprise, ou même pour un organisme public, une stratégie efficace pour répondre aux enjeux sociétaux est d'identifier les opportunités et les menaces liées à ces signaux « faibles »[2]. Il s'agit donc de mettre en place une analyse SWOT (en français : forces, faiblesses, opportunités, menaces).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thèse de Olivier Mevel, 2004
  2. (fr) Didier Pautard, « Les avantages d'une approche marketing consciente des principes de responsabilité sociétale », Revue française du marketing, N° 200 consacré au développement durable, décembre 2004

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Cahen, Signaux Faibles, mode d'emploi, éditions Eyrolle, 2010, prix de l'Intelligence Économique 2011 décerné par l'Académie éponyme.
  • Philippe Cahen, Le marketing de l'incertain. Méthode agile de prospective par les signaux faibles et les scénarios dynamiques, édition Kawa 2011.
  • Philippe Cahen, 50 réponses aux questions que vous n'osez pas poser ! Signaux faibles et scénarios dynamiques pour vitaliser la prospective, édition Kawa 2012.
  • Philippe Cahen, Les secrets de la prospectives par les signaux faibles. Analyse de 10 ans de (la Lettre des) signaux faibles, édition Kawa 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Typologie de signaux faibles et exemples de recherche algorithmique de signaux [présentation APIEC/ Chapitre Français de SCIP] [1]
  • Exemple de veille mensuelle sur les signaux faibles