ShinyHunters
| Fondation |
~2019 |
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| Type |
Groupe de hackers |
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| Site web |
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ShinyHunters est un groupe notoire de pirates informatiques et d'extorqueurs black hat qui aurait été formé en 2019 et qui serait impliqué dans un nombre considérable de violations de données. Le groupe extorque souvent les entreprises qu'il a piratées. Si celles-ci ne paient pas la rançon, les informations volées sont vendues ou souvent divulguées sur le dark web[1],[2]. Il utilise des tactiques très agressives pour amener ses victimes à se plier à ses exigences.
Un collectif de groupes de cybercriminalité, comprenant Scattered Spider, Lapsus$ et ShinyHunters, est créé en 2025[3],[4].
Origine
[modifier | modifier le code]Le nom du groupe fait directement référence au jeu Pokémon, les joueurs devant effectuer des quêtes à la recherche de Pokémons extrêmement rares appelés Pokémons chromatiques ou brillants (traduction de l'anglais shiny)[5]. Pour ce groupe de pirates, le Pokémon rare est une donnée personnelle avec beaucoup de valeur[6].
Vols de données
[modifier | modifier le code]Le groupe est soupçonné d'être impliqué dans le vol de près de 400 millions de données personnelles pour plus de 60 sites Internet. La plupart des bases de données étaient ensuite revendues sur des forums voire diffusées gratuitement[7]. Cependant, il apparaît également que le groupe a menacé des propriétaires de sites Internet pour les faire chanter contre la non diffusion des bases de données[8],[9].
Parmi les principaux sites Internet piratés et bases de données volées, on peut citer l'éditeur de logiciels Microsoft, le site de développement GitHub, l’application de rencontres Zoosk, le service d’impression Chatbooks, l’entreprise de livraison de repas Home Chef, la marque de vêtements Bonobos, l'opérateur téléphonique AT&T, le géant sud-coréen de la mode SocialShare ou encore le site de vente entre particuliers Vinted[10].
En , un groupe de pirates revendique le piratage de 560 millions d'utilisateurs de la plateforme Ticketmaster. Le message est suffisamment pris au sérieux pour que le FBI propose son aide au gouvernement australien. Le groupe de pirates a mis en vente les données piratées sur un forum du dark web pour 500 000 dollars (soit 460 000 euros)[11].
Fin , ShinyHunters revendique le piratage des données de 30 millions de clients de la banque espagnole Santander. Ces données sont mises en vente par le groupe de pirates pour le montant de 2 millions de dollars[12].
En , plusieurs hackers affiliés aux ShinyHunters sont écroués comme Mohamed Sidi Naouchad incarcéré lui depuis 2023 pour escroquerie et piratage au seins d’une centaines d’hôtel, un préjudice estimer à 8 millions d’euros [13].
En , le groupe de hackers revendique l'attaque de Salesforce via un chatbot IA édité par un tiers[14],[15].
En , une autre attaque est revendiquée contre Google[16].
En 2026, le groupe de pirates revendique deux attaques contre la Commission européenne, en janvier (données de téléphonie mobile) et en mars[17].
En juin 2026, le groupe de pirates profite d'une vulnérabilité zero-day sur le logiciel gestionnaire de ressources humaines Oracle PeopleSoft pour voler des données dans plus d'une centaine d'organisations[18].
Enquête et arrestations
[modifier | modifier le code]La section cybercriminelle du FBI, la Seattle Cyber Task Force est chargée de l'enquête qui durera près de deux ans et permettra d'identifier plusieurs criminels dont trois français[8],[19].
Sébastien Raoult
[modifier | modifier le code]Sébastien Raoult, un français de 21 ans est accusé de cybercriminalité par le FBI. Il est arrêté le [20] au Maroc, à l'aéroport de Rabat avant d'avoir pu décoller pour la Belgique, puis est incarcéré dans une prison marocaine. Son avocat demande à la justice marocaine son extradition en France mais il finit par être extradé vers les États-Unis en [21],[6]. Il encourt jusqu'à 116 ans de prison pour un total de neuf chefs d'accusation et plaide non coupable. Il est incarcéré dans une prison de Seattle aux États-Unis[20],[10],[19]. Sébastien Raoult, alors âgé de 21 ans, a été arrêté le à l'aéroport de Tanger, sur la base d'une notice rouge d'Interpol émise par les États-Unis d'Amérique un an plus tôt[22]. Placé en détention le lendemain, il est extradé aux USA huit mois plus tard, vers le printemps . Il réfute alors les accusations[23].
En , il change d'avis et décide de plaider coupable ; il est condamné à trois ans de prison ferme, et à rembourser 5 millions de dollars. En raison de sa détention du Maroc jusqu'au jugement, et des remises de peine, il est rapatrié en France en [22]. À peine atterri sur le sol français à l'aéroport de Roissy, il est mis en examen par la justice française pour « atteintes à un système de traitement automatisé de données ». Il aurait mis en vente un logiciel « permettant de scanner les vulnérabilités de serveurs de mails d’Amazon Web Service », selon Le Figaro[24].
Quatre autres pirates
[modifier | modifier le code]Les quatre autres hacker français, Abdel H., Gabriel K. B., Mattys S., et Nassim B. sont identifiés et interrogés par les polices française et américaine, puis relâchés sans poursuites. Ce dernier avait déjà été jugé en 2019 pour le piratage de la chaîne Vevo sur YouTube, mais avait été déclaré pénalement irresponsable. Il est mis en examen dans une autre affaire, soupçonné d'avoir piraté la plateforme de cryptomonnaie Gatehub en 2019 et volé, avec d'autres hackers, près de 9 millions d'euros[25].
Les différents protagonistes affirment ne pas faire partie des ShinyHunters, précisant que les piratages se font sous pseudos et qu'il est aisé pour une personne mal intentionnée d'usurper l'identité d'une autre personne[9].
À ce jour, parmi toutes les personnes soupçonnées de faire partie du groupe de hackers, seul Sébastien Raoult est poursuivi devant la justice pour les faits concernés[26]. Il est arrêté le à son atterrissage en France[27].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en-US) Lily Hay Newman, « ShinyHunters Is a Hacking Group on a Data Breach Spree », Wired, (ISSN 1059-1028, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « A hacker group is selling more than 73 million user records on the dark web », sur ZDNET (consulté le )
- ↑ (en-US) Abrams, « ShinyHunters behind Salesforce data theft attacks at Qantas, Allianz Life, and LVMH », BleepingComputer (consulté le )
- ↑ Lakshmanan, « A Cybercrime Merger Like No Other — Scattered Spider, LAPSUS$, and ShinyHunters Join Forces », The Hacker News, (consulté le )
- ↑ « Pokémon chromatique », sur pokepedia.fr (consulté le ).
- 1 2 « Qui sont les ShinyHunters, ces hackers "prolifiques" soupçonnés d'opérer depuis la France ? », L'Express, (consulté le ).
- ↑ Par Jules Beaucamp Le 1 septembre 2022 à 05h59, « « L’argent, on le garde pour nous » : les confessions d’un hacker des ShinyHunters », Le Parisien, (consulté le ).
- 1 2 « Qui sont les ShinyHunters, ces cybercriminels qui volent et revendent nos données ? », sur Les Echos Start, (consulté le ).
- 1 2 « Pourquoi c'est important. Qui sont les ShinyHunters, ces cybercriminels en quête de bases de données ? », Le Dauphiné libéré, (consulté le ).
- 1 2 « Qui sont les ShinyHunters, les hackers dont le Français arrêté au Maroc serait membre ? », sur Ouest-France.fr, (consulté le ).
- ↑ « Ticketmaster : un groupe de pirates revendique le vol des données de 560 millions de clients de la plateforme de billetterie »
, Libération, (consulté le ) - ↑ Tifenn Clinkemaillié, « Les données de millions de clients de Santander mises en vente par des hackers »
, Les Échos, (consulté le ). - ↑ « Des hackers liés au groupe « ShinyHunters » écroués pour des cyberattaques », 20 Minutes, (consulté le )
- ↑ Lucian Constantin, « Des pirates volent des données d'instances Salesforce via un chatbot IA »
, Le Monde informatique, (consulté le ) - ↑ « ShinyHunter monnaye 1 milliard de données Salesforce volées », sur LeMondeInformatique, (consulté le )
- ↑ « Qui sont les ShinyHunters, les pirates informatiques qui ont attaqué Google ? », sur Atlantico, (consulté le )
- ↑ Florian Bayard, « La Commission européenne a été piratée : c’est déjà la 2ᵉ cyberattaque de 2026 »
, 01net, (consulté le ) - ↑ « Faille critique Oracle PeopleSoft : ShinyHunters exploite une 0-day pour exfiltrer les données d'entreprise »
, ZDNet, (consulté le ) - 1 2 « Le hacker tarbais n’a pas été extradé vers les États-Unis », La Dépêche du Midi, (consulté le )
- 1 2 « Affaire Sébastien Raoult : qui sont les ShinyHunters, ces cybercriminels spécialisés dans le vol et la vente de données ? », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Après un an de détention pour cybercriminalité, le Vosgien Sébastien Raoult "garde le moral" », sur ici, par France Bleu et France 3, (consulté le ).
- 1 2 Maxime Dubernet de Boscq, « Condamné aux États-Unis et mis en examen en France, les déboires judiciaires du hackeur français Sébastien Raoult », Le Figaro, (consulté le )
- ↑ Victor Mérat, « Un Français risque 116 ans de prison aux États-Unis », Le Figaro, (consulté le )
- ↑ Steve Tenré, « Les dessous de la «très grave» cyberattaque menée contre le ministère de l’Intérieur », Le Figaro, (consulté le )
- ↑ « Le hacker tarbais réalise un cybercasse à 8 M€ ! », La Dépêche du Midi, (consulté le ).
- ↑ « Vosges. Affaire Sébastien Raoult : “On ne baissera pas les bras”, assure l’association de soutien du Vosgien incarcéré aux États-Unis pour cybercriminalité », Vosges Matin, (consulté le ).
- ↑ « Condamné aux États-Unis, le hackeur Sébastien Raoult interpellé à son atterrissage en France », sur France 24, (consulté le )