Rupteur de pont thermique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Un rupteur de pont thermique est un dispositif structurel d'isolation thermique spécialement conçu pour traiter les ponts thermiques principalement au niveau des jonctions dalle/façade ou dalle/balcon.

L’utilisation de ce dispositif permet de réduire les fuites de chaleur grâce à la mise en place d’une interposition d’un élément isolant entre l’intérieur et l’extérieur du bâtiment. Il intègre, en supplément de l’élément isolant, des éléments destinés à assurer la continuité mécanique entre les parois et/ou à renforcer la sécurité au feu entre les locaux adjacents.

Les ponts thermiques et la réglementation thermique 2012[modifier | modifier le code]

Un pont thermique est une zone ponctuelle ou linéaire qui présente une variation de résistance thermique. Il s’agit d’un point de la construction où la barrière isolante est rompue et laisse apparaître des déperditions de température.

Il est important de les limiter pour améliorer les performances des bâtiments en matière d’économie d’énergie. Les déperditions sont caractérisés par une valeur linéique Ψ exprimée en W/(mK). Cette valeur est limitée par la Réglementation thermique 2012[1].


Les ponts thermiques les plus courants sont les suivants :

  • Jonction entre le plancher bas et le mur extérieur
  • Jonction entre le plancher intermédiaire et le mur extérieur
  • Jonction entre le plancher haut et le mur extérieur
  • Jonction plancher et balcon
  • Jonction entre le mur de refend et le mur extérieur

La Réglementation thermique 2012[modifier | modifier le code]

La Réglementation thermique 2012 a pour principal objectif de réduire les consommations énergétiques d’un bâtiment. Depuis 2011, la Réglementation Thermique 2005 a laissé progressivement la place à la RT 2012.

Selon la RT 2012, une construction neuve doit avoir une consommation d’énergie primaire inférieure à 50 kWh/m²/an, trois fois moins que la RT 2005.

Avec la mise en vigueur de la RT 2012, le traitement des ponts thermiques est devenu indispensable, puisqu’ils sont devenus une des causes les plus importantes des déperditions thermiques dans un bâtiment. En effet, l’ensemble des ponts thermiques d’un bâtiment représente environ 30 % de ses déperditions totales lorsque l’isolation est faite par l’intérieur.

Le ratio de transmission thermique linéique moyen Ψ doit être inférieur à 0.28 W/(m²K) pour l’ensemble du bâti. Et le Ψ9, à la jonction plancher intermédiaire/mur extérieur, doit être inférieur à 0.60 W/(mK).

Principe des rupteurs de ponts thermiques et mode opératoire[modifier | modifier le code]

Principe des rupteurs thermiques

Un rupteur thermique a pour principe d’obtenir une isolation continue du bâtiment. Il est la solution principale au traitement des ponts thermiques. Le but du rupteur thermique est de garantir une valeur sûre du critère d’efficacité thermique Ψ à assurer dans la RT2012. Il assure la continuité de l’isolation thermique par l’intérieur ou l’extérieur, et la transmission des sollicitations de la structure.

Il est composé d’un corps isolant et d’armatures qui reprennent les sollicitations. Aujourd’hui, les rupteurs thermiques doivent répondre à quatre contraintes majeures :

  • isolation thermique continue ;
  • stabilité de l’ouvrage ;
  • protection vis-à-vis des risques d'incendies ;
  • isolation acoustique.


  • L’isolation thermique est assurée par l’isolant du rupteur, il peut être de différentes matières : Polystyrène, laine de roche, laine de verre par exemple. Ces isolants possèdent des indices de conductivité thermique (λ) suivants :
Isolant Lambda sec à 10°C ( λ ) W/mK
Polystyrène λ = 0.030 à 0.038
Laine de roche λ = 0.034 à 0.040
Laine de verre λ = 0.030 à 0.040
  • La stabilité de l’ouvrage est assurée par des barres d’acier de structure qui relient la dalle de plancher au mur. Ces barres d’acier traversent le corps isolant du rupteur et leur nombre dépend de la technique du fabricant.
  • La protection contre les risques d'incendies est assurée différemment suivant le fabricant et le type d'isolant utilisé. Lorsque l'isolant est en polystyrène, la protection est assurée avec un traitement du matériau pour le rendre ignifugé et auto-extinguible.Dans le cas où l'isolant est en laine de roche, le boitier PVC contenant l'isolant assure la protection grâce aux propriétés auto-extinguible du matériau PVC.
  • L’isolation acoustique est elle aussi assurée par l’isolant.

Le rupteur de pont thermique est aussi l’élément principal pour lutter contre les problèmes d’humidité. En effet, un rupteur de pont thermique permet de diminuer le delta de température entre l’intérieur du bâtiment et la surface des parois de la structure. En règle générale une trop  grande différence de température entraîne de la condensation sur les parois, puis des moisissures.

Sur les thermographies suivantes, on peut constater que sans rupteur thermique, la température de surface de la dalle est de 10°C. La température ambiante d’une pièce étant d’environ 20 °C, il y a donc un delta de température de 10°C. Par contre, si l’on met en place un rupteur, la température de surface de la dalle sera d’environ 15°C. Le delta est beaucoup moins élevé. C’est important de corriger ce delta car une grande différence de température entraîne de la condensation sur les parois, puis des moisissures.

Ce sont des produits très techniques, mais leur mise en œuvre n’est pas compliquée. L’aspect le plus technique réside dans le bon dimensionnement du besoin en rupteur, qui est assuré en règle générale par la majorité des fabricants. La pose nécessite quelques précautions simples, et la sécurité de la pose et garantie par certains fabricants grâce à l’accompagnement lors de la pose ainsi que la remise des plans de calepinage des rupteurs.

Aspect réglementaire de l’utilisation de rupteurs thermiques[modifier | modifier le code]

Les rupteurs thermiques sont des produits industriels techniques utilisés avec des matériaux spécifiques contrôlés et validés par avis technique du CSTB.

Il existe trois principaux procédés de rupteurs thermiques actuellement disposant d'un avis technique du CSTB. Pour ces trois procédés sous avis technique les valeurs du Ψ sont validées par le CSTB, en prenant en compte toutes les spécificités d'assemblage du produit.

Dans le contexte européen, l'utilisation d’un rupteur sans avis technique par un constructeur implique le risque de se voir refuser la couverture en assurance, car l'usage exclusif de procédés sous avis technique est une demande fréquente des assureurs dans le domaine de la construction.

Les différents types de rupteurs de ponts thermiques[modifier | modifier le code]

Les rupteurs thermiques en isolation par l’intérieur[modifier | modifier le code]

Avec l’évolution continuelle des réglementations, et notamment la RT2012, il est devenu compliqué[non neutre] de mettre en place une isolation thermique par l’intérieur. Cependant, sa mise en œuvre reste possible grâce aux rupteurs d'isolation par l'intérieur qui traitent les ponts thermiques des jonctions plancher/mur et plancher/balcon. Par exemple, des procédés de rupteurs structurels existent, dont certains bénéficient par un avis technique : « Rutherma » de Schöck, « Isotec » de Plaka et « Slabe Z, ZN et BZ » de Slabe[2].

Les rupteurs thermiques en isolation par l’extérieur[modifier | modifier le code]

Rupteur thermique en ITE

L’isolation thermique par l’extérieur consiste à envelopper le bâtiment d’un manteau isolant, où il ne reste alors comme ponts thermiques que les parties saillantes du bâtiment (balcons, acrotères, auvents, casquettes et bandeaux décoratifs). Le traitement de ces parties est crucial, car elles constituent les dernières sources de déperditions d’un système par ailleurs très performant. Là aussi, certains dispositifs disposent d'un avis technique : « Rutherma » de Schöck et « Isotec » de Plaka.

Valeurs caractéristiques des Ψ suivant les procédés[modifier | modifier le code]

Les valeurs moyennes du Ψ à prendre en compte par les bureaux d'études thermiques sont de l'ordre de 0,28 W/(m².K) en plancher courant et de 0,35 W/(m².K) en balcon.

Ce tableau récapitule les valeurs des Ψ pour trois procédés bénéficiant en 2013 d'un avis technique.

Procédés Type de rupteur Valeur du Ψ (W/(m²K)
Schöck[3] Rupteur structurel ITI Ψ = 0.15 à 0.28 (1)
Rupteur de balcon ITI Ψ = 0.26 à 0.33 (1)
Rupteur de balcon ITE Ψ = 0.17 à 0.40 (1)
Plaka[4] Rupteur structurel ITI Ψ = 0.17 à 0.22 (2)
Rupteur de balcon ITI Ψ = 0.28 à 0.43 (2)
Rupteur de balcon ITE Ψ = 0.28 à 0.43 (2)
Slabe[2] Rupteur structurel ITI Ψ = 0.26 à 0.33 (3)
Rupteur de balcon ITI Ψ = 0.31 à 0.33 (3)

Données extraites des avis techniques des rupteurs, valables pour : (1) Valeurs des Ψ en ITI pour un plancher dalle en béton armé de 20 cm d'épaisseur, en ITE épaisseur de dalle balcon : 18 cm et épaisseur du voile : 18 cm

(2) Valeurs des Ψ pour un plancher dalle en béton armé de 18 à 25 cm d'épaisseur, isolé par l'intérieur. Pas de données disponibles dans l'avis technique pour le cas d'une isolation par l'extérieur.

(3) Valeurs des Ψ pour un plancher dalle en béton armé de 20 à 25 cm d'épaisseur et doublage intérieur variant de 10 à 16 cm d'épaisseur. Conductivité thermique de l'isolant : 0.024 à 0.038 W/(m.K)

Le cas du béton isolant[modifier | modifier le code]

Dans le cas de solution par béton isolant, les bétons légers présentent des caractéristiques plus performantes en thermique qu'un béton courant. Mais la définition du Ψ (critère d'efficacité thermique) doit tenir compte de tous les éléments constituants la liaison (béton et armatures). Puisque les armatures de béton armé sont définies par le bureau d'étude structure en fonction des efforts sollicitants, jamais le Ψ du béton isolant n'est connu réellement, et finalement la performance thermique annoncée peut être annulée par les déperditions dues aux armatures.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Réglementation thermique du bâtiment, La RT 2012 www.rt-batiment.fr, consulté en juillet 2014
  2. a et b CSTB - Avis technique 20/12-248 - Procédé : Slabe - Rupteur de pont thermique
  3. CSTB - Avis technique 20/08-124* - Procédé : Schock
  4. CSTB - Avis technique 20/06-99 - Procédé : Isotec

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Avis techniques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]