Révolte des chaperons blancs

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Dans le pays belge, où l'industrie est prodigieusement active, la bourgeoisie est riche, les libertés communales sont chatouilleuses, un prolétariat de tisserands s'agitent et tout ce monde supporte avec une impatience croissante le pouvoir féodal à l'ancienne mode que le comte, Louis de Maele, plein de morgue personnifie Gand Bruges et Ypres sont les cités les plus prospères et les plus avancées d'opinion.

Déjà sous Philippe VI une révolution communale avait failli réussir et faire de la Flandre une république marchande sur le modèle des grandes républiques maritimes de l'Italie. Jacques Van Artevelde avait été le chef de ce soulèvement et sa mort seule avait amenée une accalmie. Mais un nouvel accès fébrile s'est déclaré. Une ligue que Louis de Maele a essayé vainement de mater ou de dissoudre, celle des chaperons blancs a développé les idées subversives et multiplié les occasions de conflit avec le pouvoir seigneurial.

Cette agitation flamande se trouve alors en conjonction avec un mouvement qui s'étend à toute l'Europe mais la grosse partie se joue en Flandre.. Un incident survenu en 1375 est à l'origine de la crise. L'autorisation donnée par le comte aux Brugeois d'ouvrir un canal destiné à relier la Lys au porc de Bruges, détournant le trafic de la rivière au détriment des Gantois .La démocratie gantoise se dresse en armes. Ypres prend alors fait et cause pour les Gantois. Bruges même où les tisserants mettent tout à coup la main sur le pouvoir en dépossédant le lignage c'est-à-dire le haut négoce, sorte de noblesse bourgeoise vient se ranger dans le même camp. c'étaient les trois membres de Flandre unis contre Louis de Maele. L'armée des métiers se leva et se mit en campagne et de gré ou de force tout le plat pays suivit. Toute la Flandre était en ébullition. Louis de Maele fut pris de court et céda. Il confirma toutes les franchises et consentit à la constitution d'une commission de 26 membres (9 de Gand, 8 de Bruges et 9 d'Ypres pour enquêter sur les abus dont on se plaignait. Le comte pensait ainsi gagner du temps et que les rivalités feraient son jeu.

De fait le lignage reprit le dessus à Bruges et le parti des tisserands baissa le ton. Toutefois à Gand le mécontentement persiste et les ouvriers restent les maîtres, rompant avec la politique de conciliation. Le comte marche sur Ypres et la pend ou exile les meneurs dont Jacques Van Artevelde. Puis il va mettre le siège devant Gand, seule à être de taille à tenir le comte en échec./ La ville ne se contente pas de se défendre, elle attaque, les passions montent. La lutte devient atroce, on massacre les prisonniers.

Deux fois levé le blocus reprend une troisième fois, alors les Gantois mettent à leur tête le brasseur Philippe Van Artevelde qui s'essaie à renouveler les exploits de son père Jacques Van Artevelde, le grand tribun du temps de Philippe VI. A la fois orateur et manœuvrier, il va de l'avant. Avec une audace étonnante, il marche sur l'armée comtale appuyée des miliciens de Bruges et grâce à un coup de surprise, il remporte une victoire totale et éclatante.

Pendant que le comte fuit vers Lille, les chaperons blancs étaient les maîtres de Bruges et le faisaient bien voir par le massacre de riches marchands hostiles aux ouvriers et le pillage de leurs demeures, rançon immédiate du prolétariat. Le château natal du comte fut saccagé. Jamais la démocratie flamande ne s'était vu en si belle posture.

Dans sa détresse, Louis de Maele ne vit de recours qu'en son gendre, le roi de France Charles VI , même la papauté fut appelé à la rescousse. Tant de menace accumulées n'effrayait pas Philippe Van Artevelde. Barrant l'isthme entre la Lys et la mer, coupant les ponts, le leader des chaperons blancs prétendait interdire au souverain et aux seigneurs l'accès du territoire où il plastronnait en maître, il se disait orgueilleusement "régent de Flandre" et utilisait à sa table la vaisselle comtale dont il s'était emparé et fondait de grands espoirs sur l'aide de l'Angleterre qui visait le trône de France et l'héritage de la Bourgogne.

En octobre , une compagnie de troupe au service du comte tente une première offensive, mais se trouve encerclée et massacrée. Ce succès met le comble à la confiance d'Artevelde et à l'enthousiasme des chaperons blancs. Le connétable Olivier de Clisson et le maréchal Louis de Sancerre sentent que la partie engagée est grave. Du côté flamand, les troupes sont commandés par le capitaine Pierre Dubois, celui-là même, qui avait suscité Artevelde, mais fut blessé dès le début de l'attaque.

*En Novembre Artevelde attaquait Audenarde, ville fidèle au comte pendant que les franco-bourguignons visaient Ypres. Enivré par ses victoires, Artevelde prit le parti de prendre les devants en espérant remporter une nouvelle victoire afin que la République des métiers de Flandre soit fondée sur des bases indestructibles, mais Philippe Van Artevelde termina sa brève carrière par un lamentable échec le 29 novembre à Roosebeke, entre Ypres et Courtrai. de Joseph Calmette "les Grands Ducs de Bourgogne").

Un brouillard épais couvrait les deux armées; Artevelde qui commanait l'ensemble des chaperons blancs, était spécialement à la tête des contingents gantois.

Deux mondes étaient en présence et le sort de la société du XIVe siècle se jouait, mais Artevelde qui avait négligé de se garder sur les flancs vit ses troupes entourées et les plus braves ne purent que se faire tuer sur place et parmi eux Artevelde. La Flandre restait à la merci des vainqueurs.

Seul Gand seul, farouchement tient encore, Son capitaine, l'intraitable Pierre Dubois ne veut entendre parler de paix que si la ville est placé sous la suzeraineté du roi de France ce qui ne satisfait pas le comte de Bourgogne.

En attendant Paris devra supporter le contrecoup de la défaite des chaperons blancs. car les parisiens et les flamands avaient des intérêts liés et en Flandre il y eut une répression sanglante, il y eut des supplices et la prévôté des marchands fut abolie. (d'après le livre révolte des chaperons blancs ou révolte des tisserands gantois éclate le à Gand contre le comte de Flandre.

Elle atteint Bruges et Ypres puis se répand à toute la Flandre.

Une paix est signée avec le comte fin novembre 1379 mais le conflit reprend en février 1380.

Philippe van Artevelde prend la tête de la révolte en 1382.

Charles VI écrase la révolte le 27 novembre 1382 à la bataille de Roosebeke.

Philippe van Artevelde est pendu au lendemain de la victoire.

L'épopée des Chaperons blancs[modifier | modifier le code]

Nous donnons ici l'histoire de ces chaperons blancs parue dans la Revue de Bruxelles[1] :

« Il était aisé de prévoir que toute réconciliation était désormais impossible entre le prince et le chef de la révolte. Le nombre des Chaperons-Blancs grossissait à mesure que le Comte retardait ses moyens de répression. À Gand les gildes guerrières adoptèrent le chaperon blanc comme un signe distinctif, et ces cohortes turbulentes se livrèrent à tous les excès qui marquaient les continuelles guerres civiles du Moyen Âge. Sous le règne de Louis de Male ils devinrent aussi nombreux que redoutables, et eurent pour chefs Jean Hyoens, ancien doyen des bateliers gantois, puis Jean Bruneel, Pierre van den Bossche, Rase van Herseele, Jean de Launay, Pierre Dewinter. En 1379 ils pillèrent et incendièrent le beau château comtal de Wondelghem, ainsi que d'autres manoirs féodaux, et ils s'emparèrent même de la ville de Gand, après avoir défait et tué le haut-bailli Wouter van Outrive, qui avait voulu les soumettre ou les anéantir. Lors de leurs révoltes, on voyait les chaperons blancs surgir de toutes parts, et souvent au nombre de plusieurs milliers, gens des divers corps de métiers de Gand. En 1379 dix mille chaperons blancs se portèrent à Bruges et à Damme ; la même année douze mille firent une excursion à Courtrai, et en 1380 cinq mille hommes de cette piétaille plébéenne s'emparèrent d'Audenarde. Partout la dévastation, le pillage et le meurtre marquaient leur fatal passage. Malgré les tentatives faites pour les dissoudre, les chaperons blancs existèrent jusqu'à la fin du XVe siècle. Ils furent abolis définitivement par le traité de paix de Cadsand, conclu à l'Écluse entre les Gantois et l'empereur Maximilien, le 29 juillet 1492. Les chaperons blancs sont complètement armés de mailles, et le chef porte de plus des brassards, cuissards et jambars en fer battu. Ils ont la surcotte de drap blanc, comme le chaperon, et sur la poitrine, le dos et les épaules la tête du lion de Flandre : de sable et lampassée de gueules. Leurs goedendags sont terminés par une boule de fer garnie de pointes d'acier et surmontée d'un fer de lance triangulaire. Arme terrible, en même temps masse-d'armes et hallebarde, sa pointe acérée allait blesser à mort l'ennemi dont un coup de massue avait brisé l'armure. Dans le combat les goedendags se plaçaient au front de bataille, les épées, les haches et les coutelas au deuxième rang, les gens de traits, archers et arbalétriers, à l'arrière. »

Notes[modifier | modifier le code]

  1. page 25 année 1838.

Sources[modifier | modifier le code]