Psilocybe cubensis

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Psilocybe cubensis, également connue comme Stropharia cubensis est probablement le champignon hallucinogène le plus consommé dans le monde. Ces principaux composants actifs sont la psilocybine et la psilocine.

Considéré comme un champignon coprophile, il pousse dans les prairies humides des zones intertropicales.

Historique[modifier | modifier le code]

Il semble que cette espèce soit originaire d'Asie, bien que comme son nom l'indique, il ait été décrit pour la première fois d'après un spécimen collecté à Cuba[1].

Psilocybe Cubensis cultivé de manière artisanale, on peut distinguer le mycélium blanc à gauche et l'organe reproducteur à droite: le champignon.

Propriétés[modifier | modifier le code]

Psilocybe cubensis contient environ 0,63 % de psilocybine et 0,10 % de psilocine à l'état naturel. Les champignons cultivés en intérieur ont tendance à présenter des concentrations supérieures[2]. Quoi qu'il en soit, la psilocybine est dégradée par les enzymes de l'estomac (le groupement phosphate de la psilocybine disparait) et se transforme rapidement en psilocine, le métabolite actif.

Usage traditionnel[modifier | modifier le code]

Psilocybe cubensis est considéré comme un enthéogène et de nombreuses cultures traditionnelles l'emploient dans une optique thérapeutique, spirituelle et mystique. À Oaxaca, au Mexique,bien qu'il ne soit pas utilisé par tous les chamans,on le nomme champignon de Saint-Isidore et les chamans Mazatèques le nomment di-shi-tjo-le-rra-ja ce qui signifie littéralement « divin champignon du fumier »[1].

Potentiel thérapeutique[modifier | modifier le code]

Les recherches actuelles en neuropsychiatrie se penchent sur l'activité sérotoninergique de la psilocybine qu'on trouve dans la majorité des champignons hallucinogènes. Compte tenu de la forte variation du taux des molécules actives dans les champignons à psilocybine, les utilisations thérapeutiques, en Occident, se sont généralement faites avec la molécule de psilocybine isolée contrairement aux utilisations traditionnelles qui emploient le champignon en entier. Ceci permet d'avoir un dosage plus précis et de ne pas être soumis aux aléas de la nature.Les études concernant le potentiel thérapeutique de la psilocybine entre jeu dans les traitements suivant:

  • Traitement des TOC (Trouble obsessionnel compulsif): la psilocybine utilisée de manière contrôlée à faible dose s'est révélée être un excellent traitement pour les patients souffrants de TOC (troubles obsessionnels compulsifs). Une expérience menée sur des individus a démontré une amélioration spectaculaire chez tous les sujets et a pu être quantifiée: grâce à la psilocybine leurs symptômes obsessionnels ont diminué de 25 % sur l'échelle d'obsessions et de compulsions de la "Yale-Brown Obsessive-Compulsive Scale"[3]. Il va de soi que l'usage était cadré et supervisé par des médecins et qu'une auto-médication comporte des dangers.
  • Traitement de l'algie vasculaire de la face: la psilocybine contenue dans certains champignons est un traitement efficace pour l'algie vasculaire de la face, céphalée extrême qui résiste à presque tous les traitements actuels[4].
  • Traitement de l'anxiété et de la déprime relative à la mort chez les patient cancéreux: le professeur Griffith de l'université de Hopkins à démontré que le principe actif nommé "psilocybine" contenu dans certains champignons hallucinogènes a fait ses preuves lors de tests sur des patients déprimés atteints de cancer en phase terminale. D'après cette étude, l'usage contrôlé de psilocybine induit une diminution de l'anxiété chez le patient, une meilleure acceptation de la peur de la mort ainsi qu'une amélioration de l'humeur, une diminution voire une suppression de la dépression[5],[6].

Risque pour la santé[modifier | modifier le code]

La psilocybine contenue dans ce champignon ne cause pas de dépendance psychologique ni physique[7]. En revanche, dans des cas relativement rares, la consommation de champignons hallucinogène peut révéler une schizophrénie et d'autres troubles psychologiques pouvant perdurer plusieurs jours ou même indéfiniment après la prise[8].Étant donnée qu'il est complexe de déterminer si le sujet possédait des troubles psychologiques latents avant la consommation, il est difficile de savoir si la psilocybine a déclenché le trouble ou si elle a simplement révélé un trouble déjà latent chez le sujet. Les utilisations récréatives sont dangereuses: la conduite d'un véhicule, un environnement qui n'est pas sécurisé et des objets dangereux peuvent se révéler fatals lors du comportement imprévisible d'un individu sous l'emprise de champignons hallucinogènes .De plus, les sujets n'étant pas préparés ni encadrés peuvent éventuellement subir un choc émotionnels relatif à l'expérience hallucinogène. À ce sujet,afin de réduire les risques lors des recherches expérimentales, les chercheurs en psychopharmacologie de l'université Johns-Hopkins ont établi un protocole qui déconseille l'usage de la psilocybine chez les personnes souffrant de schizophrénie ou ayant des cas de psychoses au niveau des deux premiers degrés de parentés.Il exclue aussi les personnes atteintes de troubles bipolaires ou les individus présentant des traits d'humeur trop labiles ou au contraire trop rigides[9].

Trafic[modifier | modifier le code]

Cette espèce est la plus proposée dans les smart-shop néerlandais, en partie à cause de sa facilité de culture. Elle reste néanmoins interdite et soumise aux législations sur les stupéfiants.

Législation[modifier | modifier le code]

Au même titre que les autres espèces du genre Psilocybe, Psilocybe cubensis est considéré comme une substance illicite en France. Il est inscrit sur la liste des stupéfiants depuis le 1er juin 1966.

Référence taxinomique[modifier | modifier le code]


Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]