Protade

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Protade
Fonctions
Maire du palais
Bourgogne
-
Maire du palais
Biographie
Naissance
Date et lieu inconnusVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Vers Voir et modifier les données sur Wikidata
Lieu inconnuVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité

Protade ou Protadius, mort en 605, est un aristocrate du royaume de Bourgogne, maire du palais de 603 à 605.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Protade est le favori[réf. nécessaire] de la reine Brunehilde (Brunehaut), régente des royaumes d'Austrasie et de Bourgogne pour le compte de ses petit-fils Thibert II et Thierry II.

Brunehilde, en lutte avec les leudes austrasiens, doit quitter Metz, capitale de l'Austrasie, après le meurtre du duc Wintrio en 598. Chassée par Thibert, elle se réfugie chez Thierry.

En 603, elle donne la charge de maire du palais à Protade. Gardant rancœur à Thibert de l'avoir abandonnée dans son combat contre les leudes, elle pousse Thierry à marcher contre son frère.

Parvenus en Austrasie, les leudes de Bourgogne, au moment d'engager le combat, assaillent Protade dans la tente royale, le mettent à mort et forcent les deux rois à se réconcilier (605).

Brunehilde fait ensuite périr[réf. nécessaire] les meurtriers de son favori.

''Parmi les courtisans de Brunehaut se trouvait un nommé Protadius, «personnage d'une extrême finesse et d'une grande habileté en toutes choses, dit Frédégaire, mais qui, dans son zèle pour les intérêts du fisc, se montrait injuste, cruel et toujours prêt à dépouiller ceux qu'il pouvait atteindre. Il était surtout l'ennemi des grands, qu'il cherchait à abaisser en toute occasion. » Protadius entendait les intérêts du pouvoir royal comme Brunehaut, et il avait l'énergie nécessaire pour les faire prévaloir sur l'ambition anarchique des leudes. Ce fut lui que Brunehaut fit désigner pour successeur d'Egila.

Mais la charge de patrice, malgré son importance et le droit qu'elle conférait de commander les armées , n'était que la seconde du royaume de Bourgogne. La première était celle de maire du palais, ;lui, donnant avec la direction suprême des affaires du gouvernement une sorte de pouvoir discrétionnaire sur les personnes, constituait, sous un roi mineur, une véritable royauté. Cette charge, que Brunehaut avait le projet de faire confier plus tard à Proladius, était alors occupée par Bertoald, « franc d'origine, homme de mœurs réglées, sage, pru dent, brave dans les combats et gardant sa foi envers tout le monde;» mais, à cause de ses vertus même, peu capable de lutter contre des adversaires tels que Brunehaut et son favori '.

Bertoald, dont la vieille reine voulait se défaire, se laissa donner la commission périlleuse d'aller, avec trois cents hommes seulement, réclamer les droits du fisc dans toutes les cités et les bourgs situés sur les bords de la Seine, et que Théodoric avait récemment conquis sur Clotaire.—Landéric, ayant su qu'il se trouvait avec un si petit nombre d'hommes dans le domaine royal d'Arèle, l'assaillit avec une armée, et l'obligea à prendre la fuite. Encouragé par ce succès, le maire neustrien, rompant, sans aucune déclaration, la paix récente que son roi avait eu tant de peine à obtenir, reprit la plupart des cités et des bourgs situés entre la Seine et la Loire, et qui avaient été cédés à Théodoric. Il arriva ainsi jusque sous les murs d'Orléans, où Berthoald s'était retiré.

Le maire bourguignon, indigné de l'attaque inattendue à laquelle il avait failli succomber, monta sur le rempart et provoqua Landéric à un combat singulier : celui-ci refusa. Alors Bertoald s'écria: «Puisque tu n'oses t'en remettre au jugement de «Dieu, promets du moins que, lorsque bientôt l'агmée de Bourgogne s'avancera pour tirer vengeance de votre trahison, tu te montreras comme «moi couvert de vêtements vermeils, au premier «rang des guerriers, afin que chacun puisse comparer ta bravoure et la mienne. » Landéric accepta ce défi.

Bientôt, en effet, l'armée de Théodoric marcha contre l'armée de Clotaire, et lui livra bataille près d'Étampes. Landéric, malgré sa promesse, n'osa pas affronter les périls du combat avec des vêtements d'une couleur éclalaute qui l'auraient signalé aux traits de tous. Les Bourguignons remportèrent la victoire. Bertoald, sachant (dit Frédégaire) que Protadius voulait le dégrader de sa dignité, se fit tuer en combattant glorieusement.—Théodoric entra en triomphe dans Paris.

Dans le même temps, Théodebert, avec l'armée austrasienne, arrivait de son côté à Compiègne. La victoire que son frère venait d'obtenir seul lui porta ombrage : au lieu d'attaquer Clotaire, il fit

1 1л chroniqueur connu »on» le nom de Krédéçaire, dont la partialité contre Brunehaut est évidente, prétend qu'en 605 cette reine admettait Protadlas dans son lit; maie Bmneliaui avait épousé biftebert en 564, quarante-un au« auparavant, tile était, en 605, âgée de 68 âne, mirant Pasquier, qui dit qu'elle mourut à 73 âne, en 613.

1 Situé, à ce qu'on croil, dans le diocèse de Rouen, pré« du monastère de Saint-Vandi ille*.

5 f'estibus vermicliSj coutume des leude» franc» dan« If* occasions solennelles, et »urlout dan» le» combat« singulier«.

la paix. Théodoric. abandonné à ses propres forces, et soupçonnant les desseins de Théodebert, accorda aussi la paix au roi de Neustrie.

Protadius maire du palais. — Sa mort uin .

Protadius succéda à Berthoald dans la charge de maire du palais; mais il ne jouit pas long-temps de cette liante dignité.—Ses discours, appuyés par les exhortations de Brunehaut, décidèrent Théodoric à déclarer la guerre à Théodebert '.—L'armée de Bourgogne se mit en marche. Arrivée à Carisiac2, elle y campa avant de pénétrer sur le territoire austrasien. Les leudes bourguignons, ennemis de Brunehaut et de son favori, n'allaient au combat qu'avec répugnance; ils excitèrent une sédition. Les soldats furieux entourèrent, en poussant des cris de mort, la tente royale, où Protadiusétait assis, jouant aux dés avec Petrus, premier médecin du roi. Théodoric, que des leudes qui étaient du complot avaient emmené sur un autre point du camp, afín que sa présence n'arrêtât pas les séditieux, apprit néanmoins le danger que courait son maire du palais. Il envoya aussitôt Uncilène, un de ses officiers, pour ordonner aux soldats dése retirer; mais celui-ci dit aux mutins : «Le roi Théo«doric ordonne que Protadius soit tué. » Aussitôt la soldatesque, déchirant la tente à coups d'épée, entoura Protadius et le tua.—Théodoric parut fermer les yeux sur la sédition et sur la trahison qui en avait été la suite. — Forcé de faire la paix avec son frère, il ramena son armée en Bourgogne.

Brunehaut ne laissa pas Protadius sans vengeance. L'année suivante, sur des ordres dictés par elle, Uncilène eut les pieds coupés et fut dépouillé de tous ses biens. «Le palrice Wolf, qui s'était déclaré contre le maire du palais, fut mis à mort par ordre de Théodoric, et, dit Frédégaire, à l'instigation de Brunehaut. »

La mort de Protadius ne porta d'ailleurs aiinmi: atteinte au crédit de la reine; elle eut l'art de faire remplacer le maire du palais et le patrice par des hommes qui lui étaient dévoués. — Le successeur de Wolf fut un Gallo-Romain nommé Richomer; celui de Protadius, également d'origine galloromaine, se nommait Claude...''

 Abel Hugo : Histoire générale de France..., Vol. II, pp.168-169. Paris 1857

https://books.google.ca/books?id=4qwuAAAAMAAJ&pg=PA168&dq=protadius&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwir0Y-ByKzKAhXLbT4KHV6XBJUQ6wEIHDAA#v=onepage&q=protadius&f=false

Grégoire de Tours / Frédégaire : Histoire des Francs (éd. Guizot / Jacobs), Vol. II, pp.186-189. Paris 1874

https://books.google.ca/books?id=2GcIAAAAQAAJ&pg=PA188&dq=protadius&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwir0Y-ByKzKAhXLbT4KHV6XBJUQ6AEILTAD#v=onepage&q=protadius&f=false

aussi :

https://books.google.ca/books?id=hT4XAAAAYAAJ&pg=PA190&dq=protadius&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwir0Y-ByKzKAhXLbT4KHV6XBJUQ6AEIMzAE#v=onepage&q=protadius&f=false

https://books.google.ca/books?id=ETI8kPirvdMC&pg=PA177&dq=protadius&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwir0Y-ByKzKAhXLbT4KHV6XBJUQ6AEIPjAG#v=onepage&q=protadius&f=false

https://books.google.ca/books?id=i0_vAgAAQBAJ&pg=PA18&dq=protadius&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi30r3nzKzKAhXGeT4KHQR_Ab04HhDoAQhRMAk#v=onepage&q=protadius&f=false

https://archive.org/stream/bibliothquedel55sociuoft#page/42/mode/2up/search/PROTADIUS

https://archive.org/stream/lanoblessefranai00loua#page/n19/mode/2up/search/PROTADIUS

Les seigneurs-châtelains de Gamaches-en-Vimeu (Ponthieu) de la Maison des Saint-Valéry (branche cadette de la Maison de Ponthieu & Montreuil) et sa branche puînée des seigneurs de Gamaches-en-Vexin, réclame le Patricius gallo-romain Protadius comme l'un de leurs ancêtres.

https://books.google.ca/books?id=Y18JAAAAIAAJ&pg=PA128&dq=protadius+de+gamaches&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwigpb74zqzKAhUE8j4KHcXOC-gQ6AEIGzAA#v=onepage&q=protadius%20de%20gamaches&f=false

https://books.google.ca/books?id=TVMBAAAAQAAJ&pg=PA226&dq=protadius+de+gamaches&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwigpb74zqzKAhUE8j4KHcXOC-gQ6AEIIjAB#v=onepage&q=protadius%20de%20gamaches&f=false