Pove (peuple)

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Les Pove sont un peuple bantou d'Afrique centrale établi dans la forêt équatoriale au centre du Gabon, entre la rivière Lolo et l'Offoué. Ils font partie du groupe Okande-Tsogho[1].

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources on observe de multiples variantes : Bapove, Bhubhi, Bubi, Bubis, Ibhubhi, Ibubi, Mpovi, Pouvi, Poves, Pubi, Vouvi, Vove, Vuvi[2].

Langue[modifier | modifier le code]

La langue parlée par les Pové est le ghé-vové[3], une langue bantoue dont le nombre de locuteurs était estimé à 5 000 individus dans les années 1980. Aujourd'hui cette population a largement évoluée et devrait être estimée à environ 8 000 personnes. Plusieurs travaux[4] ont permis de mieux connaitre le patrimoine culturel de ce peuple.

Les locuteurs de cette langue sont originaires du canton de la Lolo-Wagna (province de l'Ogooué-Lolo, département de Lolo-Bouenguidi) ainsi que du département de l'Offoué-Onoye dont Iboundji est le chef-lieu. Dans ce département, les principaux villages povés sont Domassi, Mamidi, Mandji, Ghémènô, Ndengué, Boukondza, Ghénongué et Bodzé. Certains villages ont été largement victimes de l'exode rural.

Culture[modifier | modifier le code]

La tradition des masques reste essentiellement rurale et n'apparaît que très peu, voire pas du tout, dans les villes.

Les Pove produisent des masques plats et allongés, souvent recouverts de pigments blancs. Les visages sont reconnaissables à leur menton triangulaire[5].

Ils servent à des pratiques rituelles et secrète, au cœur des initiations masculines. Ils sont nombreux et remplissent des rôles divers. Ils permettent d'incarner l'ancêtre, les esprits et les forces de la nature, etc. Ainsi, le « Maghomba » permet de préserver la tranquillité du village et lutter contre les sorciers. Le masque « Bodi », lui, est le symbole même du peuple et il ne fait son apparition en public que pour des événements particuliers, par exemple le décès d'un grand chef.

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On retrouve ces pigments blancs sur les maisons ebanza, dont les portes et les poteaux sont décorés de motifs géométriques[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Informations pratiques », Direction générale des statistiques du Gabon,
  2. « Pove (peuple d'Afrique) », Source RAMEAU, BnF
  3. Lolke J. Van der Veen (Laboratoire Dynamique du Langage, UMR 5596 CNRS/Université Lumière-Lyon 2), Esquisse de la langue Gé-vové (Gabon, B30) (lire en ligne [PDF])
  4. Jacquot 1978, 1983 ; Van der Veen 1986, 1987, 1988, 1989, 1990, 1991a, 1991b ; Mickala-Manfoumbi 1994
  5. a et b Jean-Baptiste Bacquart, L'Art tribal d'Afrique noire, Thames & Hudson, (ISBN 978-2878113549), p. 116
  6. Musée Dapper
  7. Musée des Confluences

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paulin Kialo, Anthropologie de la forêt : populations pové et exploitants forestiers français au Gabon, Paris, L'Harmattan, , 391 p. (ISBN 978-2-296-04325-1) — Texte remanié d'une thèse d'Anthropologie
  • Rigobert N'zenguet-Lola, Au cœur des mots bantu : la dénomination chez les Pové, Paris, L'Harmattan, , 157 p. (ISBN 978-2-296-10552-2)
  • « Pové », dans Traditions orales et archives au Gabon. Contribution à l'ethno-histoire, Paris, Berger-Levrault, (lire en ligne [PDF]), p. 40-43

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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