Pierre de Vaugiraud

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Pierre-René-Marie de Vaugiraud
comte de Rosnay
Pierre de Vaugiraud

Naissance
aux Sables-d'Olonne
Décès (à 77 ans)
à Paris
Origine Français
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Grade Vice-amiral
Années de service 1755-
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Faits d'armes Bataille de la baie de Chesapeake
Distinctions Grand-croix de Saint-Louis
Ordre de Cincinnatus
Autres fonctions Gouverneur de la Martinique

Pierre-René-Marie de Vaugiraud, comte de Rosnay, né le aux Sables-d'Olonne et mort le à Paris, est un officier de marine français des XVIIIe et XIXe siècles. Il se distingue dans les conflits qui opposent la France à la Grande-Bretagne dans la seconde partie du XVIIIe siècle, et tout spécialement dans la guerre d’indépendance américaine (reddition de la Chesapeake aux côtés du marquis de Lafayette et du comte de Grasse. Il s’oppose à la Révolution française avec les troupes de l’émigration et participe à l’expédition de Quiberon en 1795. Nommé gouverneur de la Martinique par Louis XVIII à la Restauration, il est rappelé quelque temps avant sa mort en 1819.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et jeunesse[modifier | modifier le code]

Pierre-René-Marie de Vaugiraud (ou Vaugirauld), est issu d’une famille noble originaire d’Anjou. Il est le fils de François René Joseph de Vaugiraud (12 septembre 1713 à La Boissière-de-Montaigu-26 septembre 1790 aux Sables-d'Olonne). Ses grands-parents sont Pierre de Vaugiraud, seigneur de La Jaumonière, et Marie Renée des Nos[1]. Sa mère est Marie Lodre. Ses parents se marient le 4 février 1739 aux Sables-d’Olonne. De cette union naissent :

  • M. Renée de Vaugiraud ;
  • Marie Joseph Pierre de Vaugiraud, le marquis de Vaugiraud, né en 1739, qui est arrêté le 10 août 1792, et massacré le 3 septembre à la prison de l'Abbaye ;
  • Pierre René Marie de Vaugiraud, comte de Rosnay, né en 1741.

Le chevalier de Vaugiraud, fils d’officier de marine, entre dans la marine royale en 1755, à l'âge de 14 ans.

Carrière dans la Marine du roi[modifier | modifier le code]

Il s'embarque l'année suivante sur l’Éveillé, et se trouve à la prise du vaisseau britannique le HMS Greenwich. Nommé enseigne de vaisseau en 1762, il se fait remarquer par son activité et son courage. Il sait se rendre utile à bord de l'escadre commandée par le comte d'Orvilliers, qui lui permettra d'attirer la bienveillance du Roi. Chevalier de Saint-Louis depuis 1773 et lieutenant de vaisseau sur le vaisseau commandé par l'amiral du Chaffault, lors de la fameuse bataille d’Ouessant, le commandant est forcé par sa blessure, de quitter le pont. L'amiral le charge de commander à sa place les manœuvres, ce qu'il fera d'une façon héroïque et reçut pour cela, les éloges de tous les marins.

Rentré à Brest, à la suite de l'incendie du vaisseau Roland arrivé dans le port, menaçant la ville entière, Vaugiraud parvient par son intrépidité à éviter un désastre considérable. Le roi reconnaissant, lui fit écrire une lettre à ce sujet.

Peu de temps après, il se fit choisir comme major en second pour commander les flottes de France et d'Espagne combinées, dans le but d'une descente en Grande-Bretagne. Il est alors capitaine de vaisseau. Après avoir accompli avec succès plusieurs missions aux Antilles, il se distingue à nouveau lorsque le feu prit à bord du bâtiment l’Intrépide au milieu de la flotte qui se trouvait amarrée devant la ville du Cap à Saint-Domingue. L'équipage effrayé, sourd à la voix de l'officier qui le commandait, se mutinait, quittait déjà le vaisseau ; aucune manœuvre ne semblait possible. L'armée et la ville entière attendaient donc dans la stupeur le moment de leur destruction. Major de l'armée, compagnon d'armes et ami du commandant de l’Intrépide, Vaugiraud demanda au comte de Grasse la permission d'aller périr avec lui, ou de l'aider à sauver la flotte. Il courut au bâtiment en feu, força les fuyards à y rentrer avec lui, de concert avec le capitaine, et prescrivit lui-même les manœuvres ; le feu s'approchait de la soute aux poudres ; il parvint à diriger l’Intrépide au loin et à l’échouer sur la côte ; les officiers firent embarquer l'équipage et sortirent les derniers. Cinq minutes après, l’Intrépide sauta avec une explosion qui ébranla toute la ville ; mais d'assez loin pour faire juger seulement du grand péril auquel elle venait d'échapper.

Dans cette même campagne, le comte de Grasse ayant fait voile pour la baie de Chesapeake, et revenant aux Antilles, soutint, le 12 avril 1782, contre l'amiral britannique Rodney, ce combat sanglant où la flotte française perdit plusieurs vaisseaux, et vit prendre la Ville de Paris, que montait l'amiral. Le combat y fut d’une rare atrocité ; Vaugiraud, blessé deux jours avant, y remplit son devoir avec une bravoure et un dévouement qui furent reconnus unanimement par le conseil de guerre chargé de juger la conduite des principaux officiers dans cette affaire. En effet, la Ville de Paris ne consentit à abaisser son pavillon qu'après avoir épuisé toutes ses munitions, étant entouré de dix vaisseaux ennemis et ne comptant plus que quelques hommes debout. Le Roi lui adressa de nouveau une lettre de reconnaissance, accompagnée d'une pension de douze-cents livres.

Contre-révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Après la paix de 1783, Vaugiraud commanda en second une escadre d'évolution. En 1789, il montait depuis un an un bâtiment en station à la Martinique, lorsque des mouvements insurrectionnels se manifestèrent dans cette colonie. Après la prise de la Bastille, il refuse à Saint-Pierre-et-Miquelon d'arborer la cocarde tricolore qu'on voulait lui imposer par la force, mais qu'il acceptera plus tard de bonne grâce au Fort-Royal, pour éviter des ennuis à M. de Vioménil. Il seconda le gouverneur de Vioménil, et tous deux parvinrent à arrêter quelque temps ces commencements locaux de la Révolution.

Il revint en France bientôt après, et se retira dans ses foyers, en Poitou, où les événements révolutionnaires le menacèrent directement. Au moment du départ de Louis XVI pour Varennes, la liberté du comte de Vaugiraud, comme celle de tous ses parents et des voisins de son rang, fut tellement compromise qu'ils entreprirent de se défendre les armes à la main. Réunis au château de La Proutière, appartenant à la famille de Lézardière, ils y furent attaqués, et résistèrent toute la nuit. Mais le feu ayant été mis au château, ils se virent forcés à la retraite, au moment où des paysans allaient s'armer pour les défendre.

Le comte de Vaugiraud, plein de confiance dans la justice de sa cause, vint porter ses plaintes à l'assemblée nationale, qui, loin de l'écouter, rendit contre lui un décret de prise de corps pour « fait de royalisme ». Il en évita les suites en émigrant avec son fils et sa famille. Arrivé à Coblentz, il seconda le comte d'Hector dans l'organisation du corps de la marine en compagnies ; et dès que la campagne s'ouvrit, il prit le commandement de celle qui fut chargée d'accompagner les princes, dont il partagea les fatigues et les dangers. Au licenciement de l'armée de Condé, le comte de Vaugiraud fut envoyé en Grande-Bretagne pour se rendre ensuite dans la Vendée, et y porter les ordres du Roi ; mais cette mission fut différée, et il resta à Londres jusqu'au départ de l'expédition de Quiberon.

Sa réputation comme marin le fit choisir pour diriger, sous les rapports nautiques, les mouvements de l'escadre de sir John Warren, et pour indiquer les points les plus propres à opérer la descente. Les opérations qu'il conseilla pour le pilotage de la flotte furent regardés par les Britanniques comme les preuves d'une grande habileté. Lorsque l’échec de cette expédition et le refoulement de l'armée royale sur la presqu'île de Quiberon ne laissèrent plus d'autre parti à prendre que d'essayer de sauver ceux qui se battaient encore, Vaugiraud courut vers l'amiral britannique, obtint de lui la direction de huit chaloupes canonnières, avec lesquelles il vint s'embosser vis-à-vis du travers de la presqu'île, et commença un feu si terrible, qu'il arrêta les républicains assez de temps pour sauver l'artillerie et plusieurs compagnies.

Le comte d'Artois (futur Charles X) s'étant rendu à l'île d'Yeu, Vaugiraud y fit les fonctions de capitaine du port, puis retourna avec le prince en Grande-Bretagne. Son fils unique resta combattre en Vendée, et meurt de fatigue, peu de temps après.

Gouverneur des Antilles[modifier | modifier le code]

Vaugiraud revint en France. Il eut à peine le temps d'y revoir sa famille, une fille qui lui restait et les enfants de son frère décédé, lorsque le Roi le nomma vice-amiral et gouverneur de la Martinique, où son nom était déjà bien connu. Il y reçut un accueil chaleureux ; mais le retour de Napoléon, en 1815, le mit dans une position critique, la Martinique comptant beaucoup de bonapartistes.

La Guadeloupe venait de s'insurger ; des émissaires en arrivent à la Martinique pour y rallier les troupes, qui se montraient incertaines. Sur ces entrefaites il reçut le titre de gouverneur général des Antilles françaises, avec les pleins pouvoirs donnés par le Roi. Sans perdre un moment, il déclara sa ferme résolution de conserver le drapeau blanc jusqu'à la mort, et donna le choix aux troupes de renouveler leur serment ou de s'embarquer pour la France. Celles qui choisirent de se rallier à l’Empereur furent mises à bord d'un bateau, qui leva l'ancre sur-le-champ. Enfin, la Martinique ne fut pas replacée sous le sceptre de Napoléon. La chambre des députés de 1815 applaudit à la conduite du comte de Vaugiraud ; un de ses membres proposa qu'une récompense publique, proportionnée à la grandeur du service qu'il venait de rendre, lui fût décernée. On a parfois reproché à Vaugiraud d’avoir passé, pour préserver la colonie qu’il gouvernait d’un retour sous l’autorité de Napoléon lors des Cent jours, une convention avec les Britanniques qui leur donnait le contrôle des Antilles pendant cette période. Différents écrits, d’authenticité diverse, de ses adversaires ou supposés écrits de sa main, ont été présentés sur ce sujet, sans que les historiens s’accordent tout à fait.

Cependant, la Martinique avait encore besoin de ses services. Sa prospérité était altérée par une administration en désordre, des dépenses excessives et des abus bien enracinés. Vaugiraud ne craignit pas d'attaquer ouvertement tous ces abus, et d’y mettre un terme[2]. Il poursuivit sa tâche avec fermeté, et rétablit l'état financier de la colonie.

Mais on a reproché à son administration d'être dure, inquisitoriale et tyrannique ; les plaintes qui s'élevèrent contre lui devinrent si vives, que le gouvernement, qui prenait alors une tournure plus libérale, crut devoir procéder à son rappel. Le comte de Vaugiraud fut rappelé comme ne pouvant pas rester plus de trois ans à la colonie. Il venait d'y perdre son épouse : une longue et pénible traversée avait abattu ses forces. Un coup non moins douloureux l'attendait en France. Le ministère ordonna une enquête sur sa conduite. Cette enquête ne révéla rien que de très honorable : mais on la fit traîner en longueur ; on défendit au comte de Vaugiraud de se présenter devant le Roi jusqu'à ce que la commission eût prononcé. Ce grand défenseur de la monarchie en fut terriblement affecté, et ne se remit jamais de la peine que lui causa cette disgrâce imméritée. Il s'éteignit le 14 mars 1819, à Paris.

L'amiral de Vaugiraud ne laissait qu'une fille. Ses neveux, fils et petits fils de son frère massacré en 1792, servaient tous le Roi en divers postes. Le seul d'entre eux destiné au service de mer, Léon de Vaugiraud, y annonçait déjà un officier de grande qualité. Après de longues courses, il succomba cependant à la fleur de l'âge, sur les côtes d'Espagne. Une rue a été dédiée à l’amiral de Vaugiraud par sa ville des Sables-d'Olonne en 2008 (« rue Amiral-Vaugiraud » dans laquelle une résidence « Les terrasses de l’Amiral » est construite en 2008.)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sa grand-mère descend de la famille des Nos qui fournira plusieurs officiers généraux à la Marine royale
  2. Le rapport que Vaugiraud adresse au roi sur le gouvernement de La Martinique et de la Guadeloupe, est pour une bonne part un réquisitoire contre Du Buc (Intendant de la Martinique) accusé de népotisme et de clientélisme : « né créole de la Martinique, tenant à une famille qui embrasse les trois-quarts de la Colonie, il (Du Buc) a à ajouter à ces avantages, ceux des choix faits en 1814 sous ses auspices, et l’on peut dire, par ses ordres, des principaux officiers civils et militaires destinés à nous seconder dans le gouvernement » Du Buc avait « une nuée de parents et d’alliés tenant le haut bout dans les divers quartiers de la colonie » et pouvait avoir l’appui de son neveu le baron Baillardel de Lareinty, Intendant-Directeur Général des Colonies au Ministère de la Marine ».

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • W. J. Barron, Amiraux du Bas-Poitou dans la guerre d'Indépendance américaine, Société d'émulation de la Vendée, 1977, 110 pages

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]