Pfrimm

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Pfrimm
Krebsweiher, en dessous de la source et au sud du Pfrimmerhof
Krebsweiher, en dessous de la source et au sud du Pfrimmerhof
La Pfrimm de la source au Rhin
La Pfrimm de la source au Rhin
Caractéristiques
Longueur 42,7 km
Bassin ~246,383 km2
Débit moyen 215 () m3/s (Monsheim)
Cours
Source Sud-est de Sippersfeld dans la réserve naturelle de ’’’Sippersfelder Weiher’’’
· Altitude ~300 m
· Coordonnées 49° 32′ 25″ N, 7° 57′ 25″ E
Confluence Rhin près de Worms
· Altitude ~89 m
· Coordonnées 49° 39′ 38,9″ N, 8° 21′ 57,3″ E
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Bornbach, Häferbach, Gerbach, Leiselsbach
· Rive droite Morbach, Ammelbach, Kinderbach

La Pfrimm est un affluent de 42,7 km de long, localisé à l'ouest du Rhin en Rhénanie-Palatinat.

Cours[modifier | modifier le code]

La source de la Pfrimm près du Pfrimmerhof

La source de la Pfrimm se trouve dans le sud de l'arrondissement du Mont-Tonnerre et dans la partie nord du Parc naturel de la Palatinat, une réserve naturelle, à environ 3 km plus sud-est de la commune de Sippersfeld dans la réserve naturelle de « Sippersfelder Weiher ». La source de la Pfrimm a été découverte en 1927 avec des pierres de basalte. Quelque dix mètres plus au nord, la Pfrimm traverse l'étang de la Pfimm et se jette dans l’étang de Sippersfeld. La Pfrimm coule principalement à travers des zones agricoles et longe, pour la plupart, la route B 47 : d’abord, elle draine la partie septentrionale des montagnes du Nord Palatinat. En dessous de l’étang des Sippersfeld, elle continue vers le Nord en passant par le Pfrimmhof, qui appartient à Sippersfeld. Puis elle passe à l’ouest de la « Montagne de Pfrimm » et traverse ensuite le hameau de Breunigweiler pour arriver à la confluence du ruisseau « Mohbach ».

Dans les collines d'Alzey, la Pfrimm rejoint le ruisseau de Bornbach et passe par Standenbühl. Entre Standenbühl et Dreisen se trouve sur la rive sud le Münsterhof, ancienne abbaye des prémontrés de Münsterdreisen. La Primm y est surmontée par un arc d’un ancien pont de 1770. Après Dreisen, le Häferbach arrive de l’ouest et à Marnheim c’est le Gerbach ; c’est à cet endroit que les ruines d’un viaduc peuvent être aperçues. Après Albisheim vient ensuite le Leiselsbach au nord-ouest. Entre Marnheim et Albisheim, la Pfrimm passe par Heyershof. Elle continue ensuite vers l’est et arrive à Harxheim où elle rejoint Ammelbach. En continuant le chemin vers l’est, la Pfrimm arrive dans le Landkreis Alzey-Worms, donc dans Rheinhessen, dans les villages de Marnheim et Monsheim, situés dans le Zellertal.

La Pfrimm rejoint l’agglomération de Worms, notamment dans le faubourg de Pfeddersheim où, en 1525, la Bataille de Pfeddersheim avait lieu pendant la guerre des paysans du Palatinat. La vallée de la Pfrimm est surmontée par le Pont de Pfeddersheim, un viaduc de la A 61 (d'une hauteur de 30 m et d'une longueur de 1 471,4 m) qui se trouve entre Pfeddersheim (à l’ouest) et les deux quartiers de Leiselheim et de Pfiffligheim. À partir de Pfiffligheim, la Pfrimm, redressée voir canalisée, entre dans des quartiers les plus proches de Worms ; elle longe d’abord la digue de Leiselheim (construite au Moyen Âge, augmentée en 1841 et renforcée en 2012), surnommée le « Pfrimmdamm ». À côté se trouve un petit plan d’eau d’une longueur de 30o m, appelé « Pfrimmweiher ». Après avoir passé le « Ochsenklavier » (piano des bœufs, voir plus bas), la Pfrimm entre dans un parc, le « Karl-Bittel-Park ». Après avoir contourné la ville de Worms et avoir traversé le quartier de Neuhausen, la Pfrimm traverse la B 9 et les rails du chemin de fer portuaire de Worms.

Niveaux d’eau[modifier | modifier le code]

Il y a des années, une forte crue (p. ex. en 1882, 1892, 1902, 1940 1950 1978, 1995 et 2003) eut lieu le 27 novembre 1882 : tous les moulins au bord du fleuve étaient inondés et le paysage s’était transformé en un grand étang. En traversant Neuhausen, le fleuve prend un raccourci par Gaustraße pour arriver au Rhin près de l’Église Notre-Dame de Worms.

Géologie[modifier | modifier le code]

Un précurseur de la Pfrimm pourrait s’être jeté dans le Ur-Rhein (fr: Rhin d'origine) pendant le Tortonien en apportant la terre de Deinotheriidae[1]. Dans le Pliocène, la Pfrimm coulait probablement en direction du nord-est[2]. Des sédiments découverts dans la Pfrimm datent de fin du Pliocène. La grandeur des terrasses alluviales du temps glaciaire montre que la Pfrimm, pendant le Pléistocène, était plus un fleuve qu’un ruisseau[3].

Les sources de la Pfrimm se trouvaient probablement pendant le temps de l’ancienne terrasse principale près de Sippersfeld et de Pfrimmertal[4]. À ce temps-là la Pfrimm n’avait pas encore percé le plateau calcaire entre Marnheim et Wachenheim. Ce barrage naturel causait un écoulement vers le sud. Au temps des terrasses plus jeunes le plateau calcaire était percé. Maintenant la Pfrimm pouvait prendre la direction ouest-est, aussi à cause du soulèvement tectonique dans le bassin mayençais et du baissement du fossé du Rhin haut[5].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Pont sur la Pfrimm du 1770, au Münsterhof près de Dreisen.

Sur la Pfrimm, il existait de nombreux moulins à eau[6],[7],[8],[9]. La découverte d’une meule romaine à Wachenheim suggère qu’il y avait déjà des moulins à eau durant l'époque romaine[10]. Le premier document d'un moulin à eau construit sur la Pfrimm date de l'année 778[11],[12]. En 1891, 35 propriétaires de moulins à eau construits sur la Pfrimm ont fondé une société pour le soutien des étangs de Sippersfeld près de la source (Pfrimmweiher Gesellschaft). Ces étangs servaient comme réservoirs d’eau pour la saison sèche et comme bassins de pisciculture[13]. Le temps des moulins sur la Pfrimm se termina dans les années 1960 et 1970[14]. Un des derniers moulins sur la Pfrimm était le moulin de village ou Rupp’ppsche Mühle, à Dreisen, toujours en fonction dans les années 1970[15],[16],[17].

Ochsenklaviere[modifier | modifier le code]

Ochsenklavier entre Pfiffligheim et Hochheim

L’expression ‘’Ochsenklavier’’ est utilisée pour une construction qui permet la traversée d’un ruisseau à pied sec. Puisque cela ressemble à un clavier monstrueux, les gens le surnomment « Ochsenklavier », donc « clavier de bœufs ».

Dans Pfeddersheim[modifier | modifier le code]

Un « Ochsenklavier » plus ancien se trouvait à l’ouest de Worms-Pfeddersheim, au milieu de la rue Enzinger. C’est à cet endroit qu’il y avait un barrage pour avoir de l'eau coulant dans le « Mühlbach » (un ruisseau uniquement construit pour les moulins). Si on avait pas besoin de l’eau dans le « Mühlbach » ou en cas de risque d’inondation, le barrage était ouvert. À cet endroit il y avait aussi un « Ochsenklavier » pour avoir une possibilité de passage. La profondeur dans le barrage atteint 2 mètres et dans le « Mühlbach » encore 1 mètre ainsi les jeunes (et parfois même des adultes) y venaient pour se baigner.

Entre Pfiffligheim et Hochheim[modifier | modifier le code]

La Pfrimm dans le parc Karl-Bittel entre Pfiffligheim et Hochheim

Entre les deux faubourgs (jadis des communes autonomes) Pfiffligheim et Hochheim se trouvait un seuil au nord du parc Karl Bittel. En 1898, on construisait à la sortie du barrage une possibilité de pouvoir traverser la Pfrimm qui a été surnommée « Ochsenklavier » par les habitants à cause des pierres taillées. À l’aide de cette construction il y avait et il y a encore un passage sec en temps de basses eaux.

Plus tard, un pont fut construit et le « Ochsenklavier » perdit sa nécessité. Une échelle à poisson fut établie pour que les poissons puissent surmonter les différents niveaux d’eau au seuil.

Trafic fluvial[modifier | modifier le code]

La navigation sur la Pfrimm est possible seulement pour des canoës ou des kayaks. Par contre, au Moyen Âge, un certain trafic fluvial avait lieu. C'est ce que prouve un document datant de 893, une note dans le « Prümer Urbar », qui parle d’une livraison de céréales de Albisheim à Worms[18]. Comme moyen de transport, on utilisait sûrement de petits bateaux et profitait d’un niveau d'eau plus élevé[19].

Dans la vallée de la Pfrimm il existe de nombreuses routes croisant le ruisseau à plusieurs reprises. La B 47 longe la Pfrimm. Près de Monsheim il existe un pont pour la B 271. La A 63 accompagne la Pfrimm jusqu’à Marnheim, et dans l’est de Worms-Pfeddersheim il existe un viaduc de la A 61 (Talbrücke Pfeddersheim). Juste avant qu’elle se jette dans le Rhin, elle passe en dessous de la B 9 dans l’agglomération de Worms.

Un petit chemin de fer suit la Pfrimm dans la vallée près de Zell Zellertalbahn.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) [PDF] Hartmut Leser, Landeskundlicher Führer durch Rheinhessen, Stuttgart 1969, S.16. Gwendolyn Peters, Active Tectonics in the Upper Rhine Graben, Diss. Amsterdam 2007, S.127p.
  2. (de) Hartmut Leser, Beobachtungen und Studien zur quartären Landschaftsentwicklung des Pfrimmgebiets, Bonn 1967, S.63f. Leser 1969 S.16f u. 36.
  3. (de) Wilhelm Weiler, Die diluvialen Terrassen der Pfrimm mit einem Anhang über altdiluviale Säuger aus der Umgebung von Worms, in: Notizblatt d.Vereins für Erdkunde d. hess. geolog. Landesanstalt F.5 H.13 (1931) S.124-145, darin S.124f.
  4. (de) Leser 1967, S.79
  5. (de) Leser 1967, S.63f, S.372-376 m.Beilage Tab.24. Peters p.86, p.131.
  6. De différents moulins sur la Pfrimm voir : (de) Friedrich Wilhelm Weber, Die Geschichte der Mühlen und des Müllerhandwerks der Pfalz, Otterbach b. Kaiserslautern, édition 1978, p.265, 278, 285-287, 289-293.
  7. Liste des moulins : über alle Mühlen in der linksrheinischen Pfalz, Eberhard Ref, édité 23 août 2012
  8. Lors d'une exposition Moulin sur la pfrimm des Amis de la Pfrimm (de: Interessengemeinschaft Pfrimm) en 2010, on parlait de 61 moulins, voir Paternusbote 46.Jg. 2010, 30. Woche, 29.Juli 2010 zugriff=2012-08-23 S.5.
  9. Paternusbote 46.Jg. 2010, 30.Woche, 29 juillet 2010| zugriff=2012-08-23, S.5.
  10. (de) Egli Pfrimm-Mühlen, Wolf-Dieter Egli, Spuren der Pfrimm-Mühlen reichen zurück bis in die Antike
  11. (de) Weber, Geschichte der Mühlen S.53
  12. (de) Lorscher Codex Nr.912 (Geplante Mühle in Harxheim). Consulté le 24 août 2012.
  13. (de) Egli Pfrimm-Mühlen, Wolf-Dieter Egli, Spuren der Pfrimm-Mühlen reichen zurück bis in die Antike, Wormser Zeitung, éd. 23 juin 2012
  14. (de) Egli Pfrimm-Mühlen, Wolf-Dieter Egli, Spuren der Pfrimm-Mühlen reichen zurück bis in die Antike, Wormser Zeitung, éd. 23 juin 2012.
  15. Weber, Geschichte der Mühlen, S.307 u. 310.
  16. (de) Verzeichnis der pfälzischen Mühlen (Orte: Dreisen). Eberhard Ref. Consulté le 23 août 2012.
  17. (de) Friedrich Wilhelm Weber: Eine der wenigen Mühlen, die noch mahlen - die Dorf- oder Bannmühle in Dreisen, Sammelwerk Donnersberg-Jahrbuch, Band=Bd.4, Jahr=1981, Seite=76-78.
  18. (de) Heinrich Beyer, Mittelrheinisches Urkundenbuch Bd.I, Coblenz 1860, S.198 Nr.CXVI. Dazu: Franz Staab: Untersuchungen zur Gesellschaft am Mittelrhein in der Karolingerzeit, Wiesbaden, 1975, S.106-112.
  19. (de) Martin Eckoldt: Schiffahrt auf kleinen Flüssen 3.[Teil], in: Deutsches Schiffahrtsarchiv 9, 1986, S.59-88, darin S.69.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]