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Peuples nilotiques

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Peuples nilotiques
Description de l'image Distribution_of_nilotic_people.png.

Autres
Langues Langues nilotiques
Religions Christianisme, religions traditionnelles, Islam

Les peuples nilotiques sont un ensemble de groupes ethniques indigènes de la vallée du Nil parlant des langues nilotiques. Ils vivent au Soudan du Sud, dans la région de Gambela en Éthiopie, ainsi que dans certaines parties de l'Ouganda, du Kenya, de la République démocratique du Congo et de la Tanzanie.

Parmi les peuples nilotiques figurent les Dinka, les Nuer, les Shilluk, les Luo, les Anuak, les Alur, les Ateker (tels que les Karamojong), les Kalenjin et les peuples parlant les langues maa (comme les Maasaï et les Samburu).

Des preuves archéologiques provenant du bas du Wadi Howar indiquent la présence, durant l’Holocène moyen (vers 6000-4000 av. J.-C.), de communautés pastorales mobiles dans la région, ayant influencé l’émergence des populations nilotiques[1]. Ces groupes pratiquaient l’élevage bovin, la pêche et une agriculture limitée, et entretenaient des liens culturels avec la culture pré-Kerma de Nubie[2]. Avec l’assèchement du Sahara après 4000 av. J.-C., certains groupes se déplacèrent vers l’est et le sud, contribuant aux fondations démographiques et culturelles des populations nilotiques futures.

Proto-nilotiques

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Les modèles linguistiques placent la formation d’une identité proto-nilotique autour du IIIe millénaire av. J.-C., probablement dans la région correspondant aujourd’hui au Soudan du Sud[3]. Des preuves archéologiques suggèrent aussi que des populations nilotiques étaient déjà présentes dans la vallée du Nil au début du IIIe millénaire av. J.-C., indiquant une large distribution géographique et des interactions complexes avec les groupes voisins[4].

Expansion nilotique en Afrique de l’Est

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L’établissement des Nilotes dans la région des Grands Lacs s’est fait par vagues migratoires depuis le Soudan du Sud. Des groupes tels que les Maasaï, les Turkana et les Kalenjin devinrent des sociétés pastorales dominantes. Des contacts prolongés avec des peuples couchitiques entraînèrent des échanges culturels (systèmes d’âges, rituels d’initiation, vocabulaire), et certains groupes nilotiques intégrèrent des populations autochtones déplacées ou assimilées[5].

Culture et religion

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Les cultures nilotiques sont diverses mais partagent des traits communs : importance centrale du bétail dans l’économie et les rituels, systèmes d’âges ou d’initiation structurant la société, traditions orales riches et pratiques religieuses locales. Aujourd’hui, les Nilotes adhèrent principalement au christianisme et aux croyances traditionnelles ; une minorité pratique l’islam[6].

Organisation sociale

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Les sociétés nilotiques sont souvent organisées autour de clans et de lignages, généralement patrilinéaires. Les systèmes d’âges attribuent rôles, responsabilités et statuts sociaux. L’autorité politique varie : certains groupes privilégient les conseils d’anciens et les spécialistes rituels, tandis que d’autres conservent des chefs ou des rois rituels (comme chez les Shilluk)[7].

Caractéristiques physiques

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Les Nilotes se distinguent par une pigmentation cutanée foncée, une silhouette élancée et, dans certains cas, une grande taille avec des membres particulièrement longs (avant-bras et jambes)[8].

Les langues nilotiques forment une branche du groupe nilo-saharien (selon certaines classifications) et se divisent en trois sous-branches : nilotiques orientales, occidentales et méridionales. Elles sont parlées sur une vaste zone allant du Soudan du Sud jusqu’à la Tanzanie[9].

Répartition démographique

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Les Nilotes constituent la majorité de la population du Soudan du Sud et des minorités significatives au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie et dans le nord-est de la République démocratique du Congo. Les estimations démographiques varient selon les sources[10].

Description

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Plus généralement, les peuples nilotiques comprennent tous les descendants des locuteurs de la langue nilo-saharienne d'origine, parmi lesquels les Luo, les Saras, les Maasaï, les Kalenjin, les Dinka, les Nuer, les Shilluk, les Ateker (en) et les peuples de langue Maa, chacun regroupant plusieurs groupes ethniques. Les Nilotiques forment la majorité de la population du sud du Soudan, région supposée être l'endroit à partir duquel ils se sont dispersés. Après les Bantous, ils constituent par leur nombre le second groupe peuplant la Région des Grands Lacs[11]. Ils constituent une notable partie des peuples du sud-ouest de l'Éthiopie.

Génétique

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Les études génétiques suggèrent que les populations nilotiques sont une source ancestrale pour les autres populations du Soudan. À la différence des autres populations locales, elles possèdent très peu de gènes non africains. Les études montrent également que ces peuples sont restés longtemps isolés et ont été fortement endogamiques[12].

Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Nilotic peoples » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) S. Kröpelin, D. Verschuren, A.-M. Lézine et H. Eggermont, « Climate-driven ecosystem succession in the Sahara: the past 6000 years », Science (New York, N.Y.), vol. 320, no 5877,‎ , p. 765–768 (ISSN 1095-9203, PMID 18467583, DOI 10.1126/science.1154913, S2CID 12934848, lire en ligne, consulté le )
  2. (en) David Wengrow, Michael Dee, Sarah Foster et Alice Stevenson, « Cultural convergence in the Neolithic of the Nile Valley: a prehistoric perspective on Egypt's place in Africa », Antiquity, vol. 88, no 339,‎ , p. 95–111 (ISSN 0003-598X et 1745-1744, DOI 10.1017/S0003598X00050249, lire en ligne, consulté le )
  3. Gerrit Jan Dimmendaal, Historical linguistics and the comparative study of African languages, J. Benjamins Pub. Co, (ISBN 978-90-272-1178-1, 978-90-272-1179-8 et 978-90-272-8722-9)
  4. (en) Christopher Ehret, A Historical-comparative Reconstruction of Nilo-Saharan, R. Köppe Verlag, (ISBN 978-3-89645-098-2, lire en ligne)
  5. (en) J. E. G. Sutton, « The Aquatic Civilization of Middle Africa », The Journal of African History, vol. 15, no 4,‎ , p. 527–546 (ISSN 0021-8537 et 1469-5138, DOI 10.1017/S0021853700013864, lire en ligne, consulté le )
  6. (en) Edward E. Evans-Pritchard, The Nuer: a description of the modes of livelihood and political institutions of a Nilotic people, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-500322-2)
  7. Seligman, C. G. & Seligman, Brenda Z. (1932). Pagan Tribes of the Nilotic Sudan. Routledge.
  8. Hiernaux, Jean (1975). The People of Africa. Scribner. (ISBN 9780684141827[à vérifier : ISBN invalide]).
  9. Rottland, Franz (1982). Die südnilotischen Sprachen: Beschreibung, Vergleichung und Rekonstruktion. Berlin: Dietrich Reimer. (ISBN 978-3496006474[à vérifier : ISBN invalide]).
  10. United Nations Department of Economic and Social Affairs (2019). World Population Prospects. UN.
  11. (en) Assa Okoth et Agumba Ndaloh, Peak Revision K.C.P.E. Social Studies, Nairobi, Kenya, East African Educational Publishers, (ISBN 978-9966-25-450-4, lire en ligne), p. 60–62
  12. (en) Nina Hollfelder, Carina M. Schlebusch, Torsten Günther et Hiba Babiker, « Northeast African genomic variation shaped by the continuity of indigenous groups and Eurasian migrations », PLOS Genetics, vol. 13, no 8,‎ , e1006976 (ISSN 1553-7404, PMID 28837655, PMCID 5587336, DOI 10.1371/journal.pgen.1006976, lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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