Ovalistes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Ovaliste)
Aller à : navigation, rechercher

Les ovalistes étaient des ouvrières de la soie dont le travail, appelé également moulinage, consistait à appliquer des traitements préparatoires au fil de soie brute afin de le rendre propre au tissage.

Définition[modifier | modifier le code]

Le nom d'ovaliste provient de l'ovale, la pièce centrale du moulin dont elle avait la charge dans l'étape difficile de moulinage pour façonner le fil de soie[1]. S'il pouvait également être de forme ronde, le moulin ovale d'invention française est d'un mécanisme plus simple et plus efficace[2].

Historique[modifier | modifier le code]

À Lyon, durant l'été 1869, 250 ouvrières « ovalistes » se mettent en grève pour demander une augmentation de leur salaire et une diminution de leur temps de travail[3]. Recrutées dans les campagnes voisines de Lyon, elles étaient payées 1,40 francs la journée de 12 heures et étaient logées dans des chambres souvent insalubres et surpeuplées. La veille du mouvement, elles signent à 250 une pétition pour réclamer 2 francs par jour, ainsi qu'une journée à 11 heures. Elles demandent l'aide du préfet pour faire aboutir leurs revendications mais en vain. Quatre jours après, le 21 juin, elles cessent le travail. Elles reçoivent l'aide de la section lyonnaise de l'Association internationale des travailleurs (AIT), donc d'hommes…, qui leur a permis de constituer un comité de grève, et qui a obtenu du Conseil général l'autorisation d'organiser une collecte de soutien (des fonds ont ainsi été récoltés en France mais aussi en Belgique, en Angleterre, en Suisse…).

Elles ont ainsi tenu un mois, répandant la grève dans d'autres ateliers de la Fabrique, organisant des bureaux de secours, s'emparant de l'espace public (café, rue). Au bout d'un mois, à l'issue de la grève, elles demandèrent d'adhérer à l'AIT : Marx accepta de faire d'une des meneuses, Philomène Rozan, une déléguée au congrès de Bâle.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Claire Auzias et Annick Houel, La grève des ovalistes, Lyon, juin-juillet 1869, Payot, 1982, (ISBN 2-228-27400-3) notice, Atelier de création libertaire, 2016, présentation éditeur.

Nathalie VESSILLIER et Eva THIEBAUD, « La Révolte des Ovalistes » in Les rues de Lyon n°30, Lyon : L'épicerie séquentielle, juin 2017. — Lire en ligne (format image)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eva Thiebaud, « Quand les femmes se révoltaient à Lyon : la grève des ovalistes », Rue89,‎ (lire en ligne)
  2. Charles Benoist, « Le Travail dans la grande industrie », Revue des Deux Mondes, série 5e période, tome 30,‎ , p. 368-404 (lire en ligne)
  3. Collectif, Femmes de Lyon, Lyon, Editions lyonnaises d'art et d'histoire, (ISBN 978-2-84147-330-4)