Ovalistes

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Les ovalistes étaient des ouvrières de la soie dont le travail, appelé également moulinage, consistait à appliquer des traitements préparatoires au fil de soie brute afin de le rendre propre au tissage.

Définition[modifier | modifier le code]

Le nom d'ovaliste provient de l'ovale, la pièce centrale du moulin dont elle avait la charge dans l'étape difficile de moulinage pour façonner le fil de soie[1]. S'il pouvait également être de forme ronde, le moulin ovale d'invention française est d'un mécanisme plus simple et plus efficace[2].

Les ovalistes surveillent les moulins, des bobines (garnissage et dégarnissage), veillent à la bonne qualité de la soie (elles nouent et dénouent les fils cassés).

Historique[modifier | modifier le code]

Le profil des ovalistes[modifier | modifier le code]

Situation avant la grève[modifier | modifier le code]

En 1869, le nombre d'ovalistes est estimé entre 4 000 (d'après les patrons) et 8 000 (d'après la presse et les ouvrières elle-même)[3].

La grève de l'été 1869[modifier | modifier le code]

À Lyon, durant l'été 1869, 250 ouvrières « ovalistes » se mettent en grève pour demander une augmentation de leur salaire et une diminution de leur temps de travail[4]. Recrutées dans les campagnes voisines de Lyon, elles étaient payées 1,40 francs la journée de 12 heures et étaient logées dans des chambres souvent insalubres et surpeuplées. La veille du mouvement, elles signent à 250 une pétition pour réclamer 2 francs par jour, ainsi qu'une journée à 11 heures.

Elles demandent l'aide du préfet pour faire aboutir leurs revendications mais en vain. Quatre jours après, le 21 juin, elles cessent le travail. Elles reçoivent l'aide de la section lyonnaise de l'Association internationale des travailleurs (AIT), donc d'hommes…, qui leur a permis de constituer un comité de grève, et qui a obtenu du Conseil général l'autorisation d'organiser une collecte de soutien (des fonds ont ainsi été récoltés en France mais aussi en Belgique, en Angleterre, en Suisse…).

Elles ont ainsi tenu un mois, répandant la grève dans d'autres ateliers de la Fabrique, organisant des bureaux de secours, s'emparant de l'espace public (café, rue). Au bout d'un mois, à l'issue de la grève, elles demandèrent d'adhérer à l'AIT : Marx accepta de faire d'une des meneuses, Philomène Rozan, une déléguée au congrès de Bâle où elle représenta 8 000 ouvrières[3].

17-25 juin 1869[modifier | modifier le code]

Le 17 juin 1869, les ovalistes demandent à leurs chefs d'atelier et patrons une augmentation de leur salaire qui est d'un franc et quarante centimes par jour. Le 21 juin 1869, les ouvrières envoient une lettre-pétition au Sénateur Préfet du Département du Rhône afin d'attirer son attention. Elles sont 255 signataires réparties dans 10 ateliers des Brotteaux et Charpennes. Le mouvement s'étend à d'autres ateliers dans les jours qui suivent. Le début de la grève est daté au 23 juin même si la cessation du travail commence le 25 juin[3].

26 juin - 10 juillet 1869[modifier | modifier le code]
11-29 juillet 1869[modifier | modifier le code]

Conséquences[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eva Thiebaud, « Quand les femmes se révoltaient à Lyon : la grève des ovalistes », Rue89,‎ (lire en ligne)
  2. Charles Benoist, « Le Travail dans la grande industrie », Revue des Deux Mondes, série 5e période, tome 30,‎ , p. 368-404 (lire en ligne)
  3. a, b et c Claire Auzias, La grève des ovalistes (Lyon, juin-juillet 1869), Paris, Payot, (ISBN 978-2-35104-093-5)
  4. Collectif, Femmes de Lyon, Lyon, Editions lyonnaises d'art et d'histoire, (ISBN 978-2-84147-330-4)