Obus BONUS

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BONUS 155 mm

L'obus BONUS est un obus de calibre 155 mm anti-char à détection de cible fonctionnant avec deux sous-munitions à charge génératrice de noyau produit par Nexter et Bofors.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Développé dans le cadre d'une coopération entre la France et la Suède, l'obus « BONUS » — pour BOfors NUtating Shell — est une munition sélective de 47 kg dont le capteur et le dispositif de guidage sont intégrés dans la munition. Chaque sous-munition est capable de balayer une zone de 150 mètres de rayon autour de l'objectif au moyen de son autodirecteur[1], de sélectionner sa cible et de déclencher l'explosion d'une charge génératrice de noyau en tantale d'environ un kilogramme qui fonctionne sur un principe similaire à celui des charges creuses[2].

Il est utilisé notamment par le canon automoteur Caesar, le M109 et l'obusier M777.

Historique[modifier | modifier le code]

Ce programme de GIAT a débuté en , la phase de production en et l’entrée en service en .

En , on estime alors le coût à 150 000 francs (22 800 euros) pièce. Au total, la France comptait en acheter au moins 6 000, pour un marché à l'exportation estimé à 20 000[3]. Le coût du programme est estimé à 247 millions d'euros valeur 2002[4].

Les dernières livraisons pour l'Armée française ont lieu en et son premier tir en condition opérationnelle par l'artillerie de l'Armée de terre a lieu le . La première utilisation au combat a eu lieu le lors de l'opération Chammal lorsque quatre obus ont détruit un convoi de huit véhicules de l’État islamique[5].

L'obus Bonus est utilisé par l'Ukraine dans le cadre de l'invasion de son territoire par la Russie, avec au moins la destruction confirmée d'un système anti-aérien russe Pantsir S-1[6] le . Il a été formellement identifié par des photographies diffusées le [7],[8][source insuffisante].

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

  • Drapeau de la France France : 6 000 (livraison terminée en 2008)[4];
  • Drapeau de la Finlande Finlande : 360 (livraison entre 2014 et 2016)[4];
  • Drapeau des États-Unis États-Unis : Commande de l'United States Army annoncé le de 1 250 obus pour un montant de 71 millions de dollars américains livrable à partir de 2020[9]; une autre supplémentaire en pour une livraison à partir de 2021[10];
  • Drapeau de la Suède Suède : 1 000[4];
  • Drapeau de la Norvège Norvège
  • État de la péninsule arabique non identifié, très vraisemblablement l'Arabie saoudite (livraison en 2012)[4].

Sous-munitions[modifier | modifier le code]

Un rapport du Sénat français sur les armes à sous-munitions mentionne l'obus Bonus comme arme potentiellement à sous-munitions, mais précise que : « Elle dispose d'un double dispositif d'autodestruction au sol (à l'impact, que la cible soit atteinte ou non, et par retard électronique), ainsi que d'un dispositif complémentaire de stérilisation au sol (pile thermique). La probabilité de risques explosifs de guerre est inférieure à 1 % »[11].

Accusations d'utilisation d'uranium ou de thorium[modifier | modifier le code]

Le principe de fonctionnement de la sous-munition, dont l'explosion produit « une brusque montée du gradient de température » peut rappeler celui des munitions à uranium appauvri, connues pour produire des températures atteignant les 5 000 °C et destinées à détruire les chars, comme l'obus BONUS. L'obus est donc accusé de contenir de l'uranium, notamment parce qu'il est utilisé à Canjuers[12] où de la radioactivité a été détectée.

L'armée française a déclaré ne procéder qu'à des tirs d'artillerie sur le site, mais elle ne confirme pas utiliser d'armes contenant de l'uranium sur le site (seulement des armes contenant du thorium). Néanmoins, comme le brevet[13] de la charge génératrice de noyau demandé par Giat - Nexter est susceptible d'être utilisé dans le BONUS précise que la plaque de la charge génératrice de noyau doit être composée d'un matériau au maximum aussi dense que le tantale utilisé comme revêtement, il pourrait s'agir de thorium lui aussi hautement incendiaire (pyrophorique).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fabrice Wolf, « L’US Army commande un nouveau lot d’obus de 155mm BONUS franco-suédois », sur www.meta-defense.fr, (consulté le ).
  2. Charge explosive génératrice de noyau, brevet EP 0769672 A1, http://www.google.fr/patents/EP0769672A1?cl=fr
  3. Jean-Dominique Merchet, « Giat: un obus Bonus à la rescousse des ventes d'armes », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. a b c d et e https://blogs.alternatives-economiques.fr/collin/2014/09/14/bonus-coup-au-but
  5. Laurent Lagneau, « Irak : Les artilleurs français ont détruit une colonne de véhicules de l’État islamique avec des obus « BONUS » », sur http://www.opex360.com/, (consulté le ).
  6. « Des munitions intelligentes utilisées par l’armée ukrainienne », sur lemonde.fr, 2 juillet 2022 à 15h50.
  7. « I believe these are the 1st photos of the remains of a Ukrainian 155mm BONUS precision-guided anti-tank artillery round submunition from the war. The Russian channel that posted them says they’re being used in the Donetsk direction. https://nexter-group.fr/sites/default/files/fichiers-catalogue-produit/BONUS.pdf https://t.me/tankist4/656 », sur Twitter (consulté le )
  8. « L'ex-chef de l'agence spatiale russe envoie à Macron le morceau d'obus qui l'a blessé en Ukraine », sur BFMTV (consulté le )
  9. (en) « United States - Cluster Munition Ban Policy », (consulté le ).
  10. « Des obus BONUS supplémentaires pour l’US Army », sur FOB - Forces Operations Blog,
  11. Les armes à sous-munitions, Rapport d'information no 118 (2006-2007) de M. Jean-Pierre Plancade et Mme Joëlle Garriaud-Maylam, fait au nom de la commission des affaires étrangères, déposé le 13 décembre 2006, [1]
  12. Tir de l'obus BONUS, Armée de Terre [2]
  13. « Charge explosive génératrice de noyau, brevet EP 0769672 A1 »