Nicolas Magon de La Gervaisais

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres membres de la famille, voir Famille Magon.

Nicolas Magon de la Gervaisais est le nom de trois membres successifs d'une même famille de la noblesse de la région malouine entre le XVIIe siècle et le XIXe siècle.

Nicolas I de la Gervaisais (1679-1765)[modifier | modifier le code]

Nicolas I de La Gervaisais est né le à Saint-Malo, fils de Nicolas Magon I de La Chipaudière[1] et de Françoise-Thérèse Éon du Vieux-Chastel, mousquetaire, lieutenant aux gardes françaises, colonel du régiment Berry-Infanterie, brigadier, Maréchal de camp et finalement Lieutenant général des armées du roi. Décoré de l'Ordre de saint-Louis par Louis IV, gouverneur de Dol, décédé le à Saint-Servan. Il s'est marié deux fois, d'abord le à Saint-Malo avec Marie-Rosalie Miniac (1691-1728) , puis le à Saint-Malo avec Pélagie-Aimée Herbert de La Portbarré, dame de Tressaint[2], fille du capitaine corsaire malouin Jean Herbert de La Portbarré[3]. Il eut de son premier mariage :

Nicolas II Magon de la Gervaisais ou Nicolas-Marie-Rosalie de la Gervaisais (1721- ?)[modifier | modifier le code]

Nicolas II Magon de la Gervaisais, fils de Nicolas I de la Gervaisais, (né le à Saint-Servan), marié le à Rennes-Saint-Aubin avec Marie-Flore de la Bourdonnaye-Montluc (née vers 1735), conseiller-secrétaire du Roi près le Parlement de Bretagne, fut propriétaire depuis 1767 de la vicomté du Boschet en Bourg-des-Comptes, mais, devenu émigré, la revendit en 1802 aux Brossais-Saint-Marc[4].

Nicolas III Magon de la Gervaisais ou Nicolas Louis Marie Magon, marquis de la Gervaisais (1765-1838)[modifier | modifier le code]

Biographie[modifier | modifier le code]

Nicolas Louis Marie Magon, marquis de La Gervaisais ou Nicolas III de La Gervaisais (né à Saint-Servan le , décédé à Paris le ) est l'auteur de nombreux livres politiques où il expose souvent des vues très personnelles.

Nicolas Louis Marie Magon est le petit-fils de Nicolas I de La Gervaisais et le fils de Nicolas II Magon de la Gervaisais. Il s'est marié en 1793 avec sa parente Agathe Magon de la Villehuchet, née le à Saint-Malo. Le couple n'eut qu'un seul enfant : Augustine, née le à Villiers (Ille-et-Vilaine), mariée le à Versailles avec Adolphe de Saint-Pern la Tour, et décédée le à Saint-Servan[5].

Élevé moitié au collège de Saint-Malo, moitié au château patrimonial où son père met à sa disposition une bibliothèque bien fournie, le jeune gentilhomme se passionne pour l'étude, lisant des ouvrages très variés à l'origine de ses goûts et idées très disparates. Destiné à une carrière militaire, il était à 20 ans lieutenant des carabiniers, mais une chute de cheval l'oblige à aller prendre les eaux à Bourbon-l'Archambault où il noue une grande amitié restée platonique avec Louise-Adélaïde de Bourbon, fille du prince de Condé, avec laquelle il continua à entretenir pendant quelque temps une correspondance qui a été publiée par Pierre-Simon Ballanche[6], mais cette correspondance dut cesser en raison des bruits qui couraient sur leur liaison supposée.

Nicolas III Magon de La Gervaisais séjourna ensuite en Suisse et revint à Paris au moment de la réunion des États généraux et se prit d'enthousiasme pour la Révolution naissante en dépit de ses origines. En réponse à un pamphlet anti-révolutionnaire intitulé Mes amis, voici pourquoi tout va mal, il écrivit son premier libelle Mes amis, voici comment tout irait bien en 1790. Ce fut le premier de la liste interminable de ses publications.

En 1791, il fuit un temps en Angleterre mais revient en France au moment de la Terreur et ne fut guère inquiété, réussissant même à préserver l'essentiel de la fortune familiale et vivant alors en Bretagne.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

La Gervaisais est l'auteur d'une profusion de pamphlets et de brochures dans lesquelles il montre des sentiments généreux et les opinions les plus personnelles, parfois contradictoires, mêlées à des vues très justes et très élevées, des appréciations qui montraient un réel sens politique et, parfois, comme une divination de l'avenir. Damas-Ménard a publié sous le titre: « Un prophète inconnu, prédictions, jugements et conseil, par le marquis de La Gervaisais (publié en 1850) » des passages fort curieux, tirés des écrits de ce personnage et relatifs aux événements qui se sont accomplis de 1790 à 1850[7] .

Sous l'Empire, il composa quelques brochures où il prédisait la chute de Napoléon comme conclusion forcée de ses guerres à outrance, mais la censure veillant, elles ne furent lues que par un cercle restreint d'amis. Au retour des Bourbons lors de la Restauration, il vint s'établir à Versailles et entama vraiment sa carrière littéraire, publiant une série impressionnante de pamphlets et de brochures, ne ratant pas une occasion de prendre la plume et dirigeant principalement ses attaques contre le ministère Villèle.

En 1824, lors de la mort de Louise-Adélaïde de Bourbon, devenue entre-temps religieuse, il publie son panégyrique dans un journal royaliste.

Publications[modifier | modifier le code]

Écrivain très prolixe, la bibliographie indiquée ci-dessous reste très incomplète :

  • Des trois pour cent, premier aperçu (1825) [8]
  • Du projet d'indemnité, sous le rapport de la justice relative (1825)[9]
  • La tactique de tribune (1826) [10]
  • Le ministre (1826)[11]
  • La censure (1827)[12]
  • Un français aussi au ministère (1827)[13]
  • La nouvelle chambre (1827)[14]
  • La pairie : des pairs viagers (1827)[15]
  • La politique royaliste à l'égard de la péninsule (1827)[16]
  • Un homme de trop (1827)[17]
  • Le statut de la pairie (1828)[18]
  • Un royaume et un homme (1828)[19]
  • La question vitale (1830)[20]
  • Des douanes sous le rapport fiscal (1830)[21]
  • De la chambre inamovible (1831)
  • La Pairie jugée par les Pairs (1831)
  • Le scrutin belge (1831)[22]
  • Le trône belge (1831)[23]
  • Le siècle de l'absurde (1832)
  • Des budgets de 1932 et 1833 (1832)[24]
  • La société à l'état de paix (1833)[25]
  • L'état de guerre dans la société (1833)[26]
  • Exposé de la ligne politique de M. de la Gervaisais (1834)[27]
  • La royauté possible (1835)[28]
  • A la Chambre. Du projet de réduction des rentes. (Faisant suite aux réponses à M. Humann.) (1836)[29]
  • Premières ombres de la barbarie (1838)
  • Appel aux hommes loyaux et censés (1838)[30]
  • Un prophète inconnu : prédictions, jugements et conseils (1850)[31]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né le à Saint-Malo, connétable et capitaine de Saint-Malo,ami de Vauban et de Garangeau
  2. http://gw4.geneanet.org/index.php3?b=magon&lang=fr;p=nicolas;n=magon+de+la+gervaisais
  3. « Généalogie de la maison Fournier, actuellement représentée par les Fournier de Bellevüe », sur BNF Gallica, (consulté le 13 mars 2016)
  4. http://www.infobretagne.com/bourg-des-comptes.htm
  5. http://a.decarne.free.fr/gencar/dat835.htm#22
  6. Pierre-Simon Ballanche, "Lettres écrites en 1786 et 1787", Paris, 1834
  7. Larousse du XIXe siècle, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k205362h/f71.image.pagination.r=Magon+Gervaisais+.langFR
  8. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4247767.r=Magon+Gervaisais.langFR
  9. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k424732b.r=Magon+Gervaisais.langFR
  10. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k424976v.r=Magon+Gervaisais.langFR
  11. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4249599.r=Magon+Gervaisais.langFR
  12. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k425164j.r=Magon+Gervaisais.langFR
  13. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k425139d.r=Magon+Gervaisais.langFR
  14. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k425310x.r=Magon+Gervaisais.langFR
  15. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k425220z.r=Magon+Gervaisais.langFR
  16. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k425054w.r=Magon+Gervaisais.langFR
  17. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k425137n.r=Magon+Gervaisais.langFR
  18. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k425372r.r=Magon+Gervaisais.langFR
  19. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k425338n.r=Magon+Gervaisais.langFR
  20. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k425674f.r=Magon+Gervaisais.langFR
  21. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56539834.r=Magon+Gervaisais.langFR
  22. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5660979k/f2.image.pagination.r=Magon+Gervaisais.langFR
  23. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55266903/f2.image.pagination.r=Magon+Gervaisais.langFR
  24. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5534289q.r=Magon+Gervaisais.langFR
  25. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55400981.r=Magon+Gervaisais.langFR
  26. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5540054v.r=Magon+Gervaisais.langFR
  27. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5613025g.r=Magon+Gervaisais.langFR
  28. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5555699b.r=Magon+Gervaisais.langFR
  29. Consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5561917j/f2.image.pagination
  30. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5688656k
  31. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5613076s.r=Magon+Gervaisais.langFR

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ernest Le Barzic À Saint-Malo les Magons Édition réimprimée Découvrance, 1974 (ISBN 9782842652029).