Nakajima Ki-34 Thora

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Nakajima Ki-34
Vue de l'avion.

Constructeur Drapeau : Japon Nakajima
Statut retiré du service
Premier vol
Mise en service
Date de retrait
Équipage
3
Motorisation
Moteur Nakajima Ha.1b (Kotobuki 41)
Nombre 2
Type moteur en étoile
Puissance unitaire 710
Dimensions
Envergure 19,916 m
Longueur 15,30 m
Hauteur 4,15 m
Surface alaire 49,20 m2
Masses
À vide 3 500 kg
Maximale 5 250 kg
Performances
Vitesse de croisière 310 km/h
Vitesse maximale 360 km/h (à 3 360 m)
Vitesse de décrochage 95 km/h
Plafond 7 000 m
Rayon d'action 1 200 km
Endurance 5 heures

Le Nakajima Ki-34 (« Thora » dans le code allié) est un avion militaire de la Seconde Guerre mondiale japonais. Il est dérivé d'un avion de ligne d'avant-guerre, le Nakajima AT-2.

Conception[modifier | modifier le code]

En 1935, le bureau d'études de la société Nakajima débute la conception d'un petit avion de transport civil. L'ingénieur Akegawan est chargé d'étudier un appareil capable d'assurer le trafic des lignes intérieures. Comme d'habitude au Japon à cette époque, on examine attentivement la plupart des avions existant dans le monde et répondant à ce genre de programme. Les Japonais ne cherchent pas à copier systématiquement, mais plus exactement à s'inspirer des éléments les plus intéressants.

Après un premier projet, désigné Nakajima AT-1 et qui ne plait à personne, l'équipe de l'ingénieur Akegawan présente à la fin du printemps le projet Nakajima AT-2. Les représentants des compagnies aériennes se montrent assez intéressés pour commander un prototype. L'avion est un bimoteur de construction entièrement métallique, à aile basse et train d'atterrissage escamotable. Le fuselage possède un long nez, pouvant servir de soute à bagages, puis un poste de pilotage biplace côte à côte. Ensuite, le fuselage atteint son maître-couple un peu avant le centre de gravité, pour s'amincir ensuite jusqu'à l'empennage. Le fuselage est percé de cinq hublots à droite, quatre hublots et une porte d'accès à droite, correspondant aux quatre rangées de deux sièges chacune. La voilure, d'un assez grand allongement, rappelle quelque peu celle du Douglas DC-2 américain, dont le Japon a acquis la licence de fabrication. La partie centrale, trapézoïdale et sans dièdre, supporte les nacelles des moteurs et les jambes principales du train d'atterrissage. De part et d'autre de cette partie centrale, un panneau de forme trapézoïdale allongée et avec dièdre s'y raccroche.

Les empennages sont de forme triangulaire. Ils se composent d'un plan horizontal stabilisateur, qui reprend la forme de la voilure, et d'une dérive verticale prolongée par un gouvernail largement dimensionné. Toutes les surfaces mobiles des gouvernes, tant pour la voilure que pour l'empennage, ont une structure métallique et un revêtement de contreplaqué.

Le train d'atterrissage rappelle lui aussi celui des avions Douglas de l'époque. Il se compose de deux roues principales supportées par deux fourches, l'une verticale et l'autre oblique, et une roulette de queue. Les jambes principales se replient dans un logement aménagé dans chaque fuseau-moteur, mais les pneumatiques demeurent partiellement apparents.

Les moteurs choisis sont des Nakajima Kotobuki 2 Kai 1 à 9 cylindres en étoile, développant 460 ch au régime de croisière et 580 ch au décollage. Ils entraînent des hélices bipales à pas fixe. Le capotage choisi pour ces moteurs est du type diamètre minimal, constitué d'un anneau si serré qu'il faut prévoir des bossages pour y loger les têtes de cylindres.

Engagements[modifier | modifier le code]

Le prototype AT-2 effectue son premier vol à Ojima le , et démontre d'appréciables qualités. Au cours des nombreux vols d'essai accomplis par les pilotes de la firme Nakajima et des pilotes des compagnies aériennes intéressées par l'appareil, un certain nombre de défauts mineurs apparaissent. On signale notamment des problèmes posés par le refroidissement des moteurs, le train d'atterrissage et d'autres équipements défectueux. Devant l'intérêt soulevé par le AT-2, la société Nakajima décide de procéder immédiatement à la mise en place de la chaîne de production, et de remédier simultanément aux défauts signalés en agissant directement sur les avions en cours de fabrication.

Le modèle de série AT-2, qui sort des chaînes de montage de l'usine d'Ōta à partir du printemps 1937, se différencie peu du prototype, si ce n'est qu'il est doté de deux moteurs Nakajima Kotobuki 4 de 710 ch, entraînant des hélices bipales à pas variable, et protégés par un capotage lisse du type NACA. Le train d'atterrissage est renforcé. Les livraisons commencent dès l'été 1937 et les 32 exemplaires fabriqués sont attribués, entre 1937 et 1940, à la Dai Nippon Koku K.K. (Compagnie aérienne du Grand Japon) et à la Mandchurian Airlines Company.

Variantes[modifier | modifier le code]

La précipitation de Nakajima à lancer la production du AT-2 s'explique par l'intérêt que l'Armée et la Marine portent à la machine. Celui-ci se justifie car le nouvel appareil arrive sur le marché à un moment où les militaires cherchent à constituer une flotte d'avions de transport destinés aux missions logistiques. Ce besoin militaire est d'autant plus impérieux que la guerre avec la Chine vient de reprendre, en 1937. C'est la Marine qui est la première à commander 10 exemplaires sous la dénomination Type AT-2 L1N1, en tous points identique au AT-2 civil. Cette commande est la dernière honorée par Nakajima, car en raison de multiples autres commandes prioritaires, elle doit céder la licence de fabrication à la société Tachikawa Hikoki K. K., moins surchargée. Cette dernière assure la grosse commande de l'Armée, portant sur 299 exemplaires dénommé Type 97 Ki-34. Ces appareils sont dotés de moteurs Nakajima Ha.1b (autre appellation du Kotobuki 41) de 710 ch. Cela fait de cet appareil une exception remarquable, utilisé simultanément par l'armée et la marine japonaises, alors que de tous temps les deux grands corps militaires s'attachent à ne jamais posséder les mêmes matériels, en vertu d'une inimitée ancienne et réciproque.

Peu avant le déclenchement des hostilités, les services de renseignement américains apprennent l'existence de l'appareil, et lui donnent le nom de code « Thora ». Lorsque la Guerre du Pacifique éclate, les compagnies aériennes civiles continuent à assurer leurs services aériens, mais leurs passagers sont le plus souvent des militaires. Leurs avions conservent leur immatriculation civile, mais portent des cocardes sur et sous les ailes. En raison d'un rayon d'action relativement limité, ce type d'avion est surtout utilisé au Japon même, en Corée, en Chine, en Mandchourie, et dans les territoires occupés les plus vastes comme Bornéo, la Birmanie, les Indes néerlandaises et les Philippines.

Cet avion de transport sert à la logistique japonaise sous toutes ses formes. Il est également employé à l'entraînement et au largage de parachutistes. Il est aussi utilisé comme avion-école au pilotage des multimoteurs, mais seulement jusqu'à la mise en service du Tachikawa Ki-54 plus approprié à cette tâche. En raison du nombre d'appareils construits et de sa polyvalence, le Nakajima Ki-34 / L1N1 est rencontré assez souvent au-dessus des territoires occupés de l'Asie du Sud-Est. Il constitue l'avion de transport léger standard des forces armées japonaises, de l'automne 1937 à 1943, date à laquelle d'autres modèles plus perfectionnés prennent progressivement la relève.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Millot, « Nakajima Ki-34 (Thora) », Le Fana de l'Aviation, no 111,‎ , p. 38-41.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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