Mustafa Suphi

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Mustafa Suphi.

Mustafa Suphi (prononcé [mu.stɑ.'fɑ sup.'hi:], également retranscrit Mustafa Subhi), né en 1883 à Giresun et mort le , assassiné près de Trabzon, est un homme politique turc ottoman, premier président du comité central du Parti communiste de Turquie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Engagement nationaliste[modifier | modifier le code]

Mustafa Suphi est né en 1883 à Giresun, dans une province de Trabzon[1]. Fils d'un haut fonctionnaire ottoman, il est scolarisé dans une école à Jérusalem puis continue le collège à Damas[1]. C'est à Erzurum, qu'il est scolarisé pour le lycée[1]. En 1905, il est diplômé de droit à l'université de Constantinople[1].

Par la suite, il est diplômé de science politique à Paris[1]. Il soutient une thèse sur l'organisation du crédit agricole en Turquie, où il développe une approche nationaliste et s'oppose à la mainmise étrangère sur l'agriculture[1]. Lors de son séjour en France, il est associé au comité Union et Progrès (CUP), à l'association des étudiants ottomans (financée par l'ambassade ottomane) et publie pour le journal gouvernemental Tanin. Contrairement à ce que certain de ses biographes aient prétendu, rien ne permet de prouver que Mustafa Suphi ait été influencé à Paris par les idées socialistes[1]. Rentré à Constantinople à la fin de l'année 1910, il est chargé d'enseignement en droit, en sociologie et en économie dans plusieurs établissements d'enseignement supérieur. À la suite de la guerre italo-turque de 1911, il développe un discours anticolonialiste, mais sans référence à l'Internationale.

En octobre 1911 il s'éloigne du Comité Union et Progrès après avoir échoué à obtenir le portefeuille de l'économie[1]. La séparation d'avec le CUP est totale à l'été 1912, Mustafa Suphi intègre le Parti constitutionnel national, qui cherche alors à doubler le CUP par sa droite[1]. Le , le premier ministre Mahmoud Chevket Pacha est assassiné. Une répression violente est menée dans l'opposition politique, tant chez les socialistes que l'extrême-droite panturque. Après avoir tenté de créer une franc-maçonnerie panturque, concurrente de celle contrôlée par les Jeunes-Turcs, de Sinop il s'exile en Russie[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Paul Dumont, « Bolchevisme et Orient : Le parti communiste turc de Mustafa Suphi, 1918-1921 », Cahiers du monde russe et soviétique, vol. 18, no 4,‎ , p. 377-409 (DOI 10.3406/cmr.1977.1300, lire en ligne)