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Stomoxys calcitrans

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Mouche charbonneuse

Stomoxys calcitrans, la Mouche charbonneuse, est une espèce de diptères de la famille des Muscidae. Contrairement à la plupart des autres mouches de cette famille, elle pique les mammifères et se nourrit de leur sang. Son nom fait référence à la maladie du charbon (maladie infectieuse redoutée des éleveurs) qu'elle peut transmettre.

Milieu de vie

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C'est une espèce de mouches communes à la campagne, dans les étables, bergeries ou écuries où elle trouve en abondance les fumiers et crottins où elle pond ses œufs qui donneront des larves coprophages.

Description et alimentation

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Cette espèce est l'une des rares mouches ressemblant à la mouche domestique, mais étant piqueuse et se nourrissant de sang au stade adulte (piqûre douloureuse pour les humains comme pour les animaux). Elle possède une trompe noire, brillante, un peu plus longue que la tête et très pointue, qu'elle pointe en permanence vers l'avant[1]. Contrairement aux autres insectes hématophages, les deux sexes piquent.

Reproduction

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La femelle pond ses œufs dans le fumier ou les crottes. Les asticots, coprophages, se développent entre 10 et 80 jours en fonction de la température.

Transmission de pathogènes

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Outre la maladie du charbon, les mouches charbonneuses transmettent les virus de l’anémie infectieuse équine, de la fièvre porcine africaine, des fièvres du West Nile ou de la Vallée du Rift. Des rickettsies (Anaplasma, Coxiella), d’autres bactéries et des parasites (Trypanosoma spp., Besnoitia spp.) sont aussi transmis par les stomoxes. Enfin, les stomoxes sont des hôtes intermédiaires du nématode parasite Habronema microstoma[2].

Image de poursuite vidéo d'une mouche charbonneuse. Test de l'activité répulsive de l'huile essentielle de citronnelle (Cymbopogon citratus).

En élevage, on lutte généralement contre la mouche charbonneuse par des insecticides. Des répulsifs moins toxiques, comme des huiles essentielles, sont à l'étude[3].

Espèce proche

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Elle peut vivre en syntopie avec une espèce apparentée, Stomoxys niger, également vectrice d'hémoparasites aux animaux d'élevage. Pour les distinguer, on peut mesurer la longueur du palpe maxillaire qui est plus long chez S. niger, pour les deux sexes[4].

Dans la culture

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Dans son livre Mes saints parents, Céline Martin rapporte que son père Louis Martin, pendant qu'il était à la pêche, avait été piqué par une mouche charbonneuse et développa un épithélioma. Le compositeur russe Alexandre Scriabine (1872-1915) est mort après une piqûre de mouche charbonneuse.

Dénominations

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Ce taxon porte en français les noms vernaculaires ou normalisés suivants :

  • Mouche charbonneuse[5],[6] ;
  • Mouche du charbon[6] ;
  • Mouche piquante des étables[5] ;
  • Mouche piquante[5],[6] ;
  • Mouche piqueuse des étables[6] ;
  • Stomoxe[6].

Systématique

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Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Stomoxys calcitrans ((Linnaeus, 1758)[5].

L'espèce a été initialement classée dans le genre Conops sous le protonyme Conops calcitrans Linnaeus, 1758[5].

Stomoxys calcitrans a pour synonymes[5] :

  • Conops calcitrans Linnaeus, 1758
  • Musca calcitrans Harris, 1780
  • Musca occidentis Walker, 1853
  • Musca pungens De Geer, 1776
  • Stomoxis aculeata Robineau-Desvoidy, 1830
  • Stomoxis aurifacies Robineau-Desvoidy, 1863
  • Stomoxis chrysocephala Robineau-Desvoidy, 1863
  • Stomoxis claripennis Robineau-Desvoidy, 1863
  • Stomoxis cunctans Robineau-Desvoidy, 1863
  • Stomoxis dira Robineau-Desvoidy, 1830
  • Stomoxis flavescens Robineau-Desvoidy, 1863
  • Stomoxis infesta Robineau-Desvoidy, 1830
  • Stomoxis inimica Robineau-Desvoidy, 1830
  • Stomoxis libatrix Robineau-Desvoidy, 1830
  • Stomoxis minuta Robineau-Desvoidy, 1863
  • Stomoxis plurinotata Bigot, 1888
  • Stomoxis praecox Robineau-Desvoidy, 1863
  • Stomoxis pungens Robineau-Desvoidy, 1830
  • Stomoxis rubrifrons Robineau-Desvoidy, 1863
  • Stomoxis sugullatrix Robineau-Desvoidy, 1830
  • Stomoxis vulnerans Robineau-Desvoidy, 1863
  • Stomoxys aculeata Robineau-Desvoidy, 1830
  • Stomoxys aenos Walker, 1849
  • Stomoxys bouffardi Picard, 1907
  • Stomoxys chrysocephala Robineau-Desvoidy, 1863
  • Stomoxys cybira Walker, 1849
  • Stomoxys dacnusa Speiser, 1908
  • Stomoxys geniculata Macquart, 1846
  • Stomoxys geniculatus Bigot, 1860
  • Stomoxys griseiceps Becker, 1908
  • Stomoxys hovas Brauer, 1899
  • Stomoxys infesta Robineau-Desvoidy, 1830
  • Stomoxys korogwensis Grunberg, 1906
  • Stomoxys libatrix Robineau-Desvoidy, 1830
  • Stomoxys nebulosa Fabricius, 1805
  • Stomoxys parasita Fabricius, 1781
  • Stomoxys soudanense Roubaud, 1911
  • Stomoxys sugullatrix Robineau-Desvoidy, 1830
  • Stomoxys tessellata Fabricius, 1794

Liens externes

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Notes et références

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  1. Michael Chinery, Insectes de France et d'Europe occidentale, Paris, Flammarion, , 320 p. (ISBN 978-2-08-128823-2), p. 216-217
  2. Baldacchino, F., Muenworn, V., Desquesnes, M., Desoli, F., Charoenviriyaphap, T. & Duvallet, G. 2013: Transmission of pathogens by Stomoxys flies (Diptera, Muscidae): a review. Parasite, 20, 26. DOI 10.1051/parasite/2013026 PDF, accès libre PDF dans PubMedCentral
  3. Frédéric Baldacchino, Coline Tramut, Ali Salem, Emmanuel Liénard, Emilie Delétré, Michel Franc, Thibaud Martin, Gérard Duvallet et Pierre Jay-Robert, « The repellency of lemongrass oil against stable flies, tested using video tracking », Parasite, vol. 20,‎ , p. 21 (ISSN 1776-1042, PMID 23759542, DOI 10.1051/parasite/2013021, lire en ligne)
  4. Fiche INIST CNRS
  5. a b c d e et f GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le 25 novembre 2025.
  6. a b c d et e Base de données mondiale de l'OEPP, https://gd.eppo.int, consulté le 25 novembre 2025.