Mitra (mythologie)

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Mitra (मित्र) est originellement l'un des dieux souverains des Indo-Iraniens au côté de Varuna. Il est un des Adityas c'est-à-dire un gardien de l'ordre divin dans la littérature védique avec Varuna, Indra et les Nasatya ou Ashvins[1]. Il a progressivement disparu avec l'hindouisme au profit de la Trimurti, Brahma, Shiva et Vishnou qui héritera de plusieurs de ses caractéristiques.

Origine[modifier | modifier le code]

Mitra est une divinité indo-européenne. Plusieurs documents hittites attestent son existence dès le IIe millénaire av. J.-C.. Les travaux de Georges Dumézil ont montré que les dieux Mitra et Varuna (Contrat et Serment) forment un couple dans le panthéon indo-iranien. Ils sont les représentants de la fonction souveraine et à Mitra-Contrat revient la souveraineté juridique, Varuna disposant de la souveraineté magique. Tous deux ont pour fonction de veiller sur la vérité et sur le cours du monde[2].

Dans le Veda[modifier | modifier le code]

Mitra représentait la souveraineté sur le plan terrestre et Varuna sur le plan surnaturel et naturel. Mitra, dont le nom signifie "contrat", était le garant de l'amitié et des accords entre les hommes, de l'honnêteté, tandis que Varuna était le garant du ṛtá, l'ordre cosmique. Mitra était toujours présenté comme amical, tandis que Varuna était un dieu violent, aux colères terribles. En fait, dans le personnel divin de la fonction souveraine, Mitra incarnait en quelque sorte le chapelain (purohita), tandis que Varuna incarnait le roi (rajan). Il était donc plus étroitement associé aux prêtres (Brahmanes) alors que Varuna était plus proche des guerriers (Kshatriya). Dans les hymnes, les deux divinités sont très souvent citées ensemble, dans le duel (dvandva) Mitravaruna.

Dans ses "fonctions", Mitra était secondé par deux adityas secondaires, Aryaman et Bhaga. Tandis que le premier est le garant de la société Arya, de l'harmonie des rapports humains, notamment du mariage, le second (dont le nom, étymologiquement, signifie "part") est chargé de la juste et équitable distribution des richesses[3].

Néanmoins, parmi les nombreux hymnes du Rig-Véda, un seul est dédié à Mitra et les mythes et légendes qui le concernent se réduisent à très peu de chose.

Les parties les plus récentes du Veda font de lui une simple personnification de l'amitié (en sanskrit classique, mitra est un nom commun signifiant « ami »).

Le dieu Vishnou héritera de beaucoup de ses caractéristiques propres, à commencer par son aspect « solaire » et « bienveillant ».

Un Mithra est également connu en Iran, où il est devenu une "divinité" solaire du panthéon mazdéen.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Dumézil, 1940 Mitra-Varuna - Essai sur deux représentations indo-européennes de la Souveraineté, Paris
  • Georges Dumézil, 1977, Les dieux souverains des Indo-Européens, Paris
  • (en) Joel Peter Brereton, The Rgvedic Ädityas, New Haven, Connecticut, 1981
  • (en) Jan Gonda, The dual deities in the religion of the Veda, Amsterdam, 1974, (le couple Mitra-Varuna pp. 145-208 ; le couple Indra-Varuna pp. 229-270)
  • (de) Jan Gonda, (2ème éd.) Die Religionen Indiens, 1er tome, pp. 73-84, Stuttgart, 1978
  • (en) A. A. Macdonell, 1897, The Vedic Mythology, pp. 22-29, Strassburg

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The A to Z of Hinduism par B.M. Sullivan publié par Vision Books, page 136, ISBN 8170945216
  2. Jean Haudry, Les Indo-Européens, Paris, PUF, « Que sais-je ? », 1981 ; rééd. 1985, p.81 et suiv.
  3. Les comparatistes ont établi un rapprochement entre Bhaga et Fortuna