Mercuriale annuelle

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Mercurialis annua

La Mercuriale annuelle (Mercurialis annua), « Foirolle », « Ramberge », « Vignette » est une plante herbacée de la famille des Euphorbiacées. C'est une adventice commune des cultures. Son pollen, d'une taille de 20 µm environ, est susceptible d'être allergène pour les personnes sensibles (indice d'allergénicité : 0/5).

C'est une plante trimonoïque.

Nom[modifier | modifier le code]

En gallo, elle est appelée « ramberge », « remberge », « rimberge » ou encore « aremberge »[réf. nécessaire]. En Picardie, dans le Nord, en Artois et en Franche-Comté, elle est appelée « caquenlit »[1],[2]. On trouve aussi [Où ?] les noms « chou de chien », « foiraude », « foirole » et « ortie bâtarde »[2].

Description[modifier | modifier le code]

Mercurialis annua

C'est une plante assez basse (10 à 50 cm de haut), glabre, à feuilles pointues et dentées avec une racine pivotante.

La tige est herbacée, rameuse et feuillée dès la base, les feuilles sont d'un vert clair, molles, ciliées, pétiolées, ovales ou ovales-lancéolées, lâchement crénelées-dentées, ordinairement arrondies à la base.

Les fleurs mâles sont en glomérules formant un épi assez long, les femelles sont solitaires et subsessiles. Les capsules sont larges de 3-4 mm, hispides à poils épaissis à la base

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Organes reproducteurs
Graine
Habitat et répartition
  • Habitat type : annuelles commensales des cultures
  • Aire de répartition : européen

Données d'après : Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004.

Utilisation en recherche scientifique[modifier | modifier le code]

Mercurialis annua est utilisée dans la recherche sur l’expression des caractères sexuels et l’évolution de la dioécie. Bien que cette plante soit dioïque, certains individus nommés « leaky » peuvent occasionnellement former des organes reproducteurs du sexe opposé. Cette propriété des Mercurialis annua a été exploitée dans une étude publiée en 2021 : des individus femelles ont été placés dans des populations sans aucun mâle. Grâce à la présence de femelles « leaky » produisant du pollen, les plantes ont pu être fécondées et produire ainsi des graines qui ont été replantées le printemps suivant. Après 4 générations, la production moyenne de pollen par les femelles a été multipliée par 23. De plus, les plantes ont évolué la capacité de s’autoféconder partiellement. De telles adaptations sont particulièrement avantageuses dans des conditions où la reproduction avec des mâles n’est pas favorisée, comme en cas de colonisation ou de basse densité de population. Ces résultats démontrent qu’une transition rapide de la dioécie vers de l’hermaphroditisme est possible[3],[4].

Fleurs femelles
Fleurs mâles

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'École et la Vie, 1951, vol.35, page 1 : « La plante entière et ses graines sont purgatives (on l'appelle parfois le Caquenlit) et un peu dangereuses. Ne pas la porter à la bouche. ».
  2. a et b Arts et traditions populaires, 1961, vol.9, n°1-2, page 122 : « Longue vie (sirop de) — Se prépare avec la mercuriale annuelle, appelée encore : caquenlit, chou de chien, foiraude, foirole, ortie bâtarde. ».
  3. Guillaume G. Cossard, Jörn F. Gerchen, Xinji Li et Yves Cuenot, « The rapid dissolution of dioecy by experimental evolution », Current Biology, vol. 31, no 6,‎ , p. 1277–1283.e5 (ISSN 0960-9822, DOI 10.1016/j.cub.2020.12.028, lire en ligne, consulté le )
  4. (en) Guillaume G. Cossard et John R. Pannell, « Enhanced leaky sex expression in response to pollen limitation in the dioecious plant Mercurialis annua », Journal of Evolutionary Biology, vol. 34, no 2,‎ , p. 416–422 (ISSN 1010-061X et 1420-9101, PMID 33098734, PMCID PMC7984330, DOI 10.1111/jeb.13720, lire en ligne, consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]

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