Martin Ziegler

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Martin Ziegler
Naissance
à Stuttgart, Allemagne
Activité principale
Poète

Martin Ziegler, né en 1956 en Allemagne à Stuttgart est un auteur français de poésie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Martin Ziegler avait d’abord eu le désir d’être peintre. À 17 ans, il quitte l’Allemagne et poursuit en France sa formation. Il cumule des études multiples : beaux-arts, littérature, sciences humaines, fait un bref retour en Allemagne pour apprendre la technologie de la peinture avec Koichi Nasu ; en 1979 il expose à Stuttgart pour la galerie de Max Hetzler Oedipus u. Nachtische,installation pour deux magnétophones. Il vit entre Paris, Rouen, et voyage beaucoup partout en Europe.

Pendant six années, il travaille à une thèse avec Michel Foucault sur la notion de bios. Il entre aux éditions du Seuil comme assistant-conseiller littéraire auprès de François Wahl et travaille sur les publications de Hubert Damisch, Françoise Dolto… Psychanalyse, littérature, philosophie ainsi que l’art constituent les centres d’intérêts de Martin Ziegler à travers toutes ces années de formation qui sont l’occasion pour lui de rencontres marquantes avec notamment Pierre Klossowski, Josef Beuys, Sevéro Sarduy, Paul Veyne. Il évoque avec ce dernier son désir d’accéder à l’œuvre de René Char, « Lisez, et relisez encore. Lisez sans comprendre, là n’est pas l’important », lui conseille alors P. Veyne, position d’accès à la poésie qui reste la plus souveraine.

En 1986, après diverses contributions dans la revue Urbi, il publie son premier ouvrage, aux éditions de l’Aube, La Suite des temps, un bref récit qui sera notamment remarqué par Julien Gracq, André du Bouchet et Jean-Luc Nancy… Depuis lors, il se consacre à l’écriture et travaille parallèlement comme traducteur de l’allemand, ce qui l'amènera à traduire des textes de Hannah Arendt, Heinrich Böll, Mathieu Carrière, Franz Kafka, Kleist, R.M. Rilke…

En 1990, paraît chez le même éditeur, son deuxième ouvrage, Duel, idylle, adresse ; trois ans plus tard il écrit Au printemps, un texte pour le théâtre, dont l'acteur Maxime Leroux fait une mise en scène expérimentale sur une petite scène de Sotteville-les-Rouen.

En 1997, il confie aux éditions L. Mauguin la publication de Ô ter abcède, récit poétique où se synthétisent le souci de la poésie, la pensée de l’autre et l’esthétique d’une œuvre à la fois précise, elliptique, intense et émouvante. Avec le même éditeur, il publie plusieurs recueils de poésie. Vitres griffées éteintes obtient en 1998 le prix Claude Sernet. Arlette Farge, lors d’un entretien radiophonique à France Culture[1], relève à propos de Chemins à fleur autrement blancs : « l’étonnante absence d’histoire, une parole au temps et à l’autre, où le chemin ne va pas, où le chemin est là où l’on marche, tout simplement. »

Pour divers prescripteurs de la littérature contemporaine, dont Alain Veinstein qui le reçoit dans une de ses émissions[2], devient évidente chez Martin Ziegler cette attention permanente « à ce qui n’est pas », la place essentielle dans son travail du terme (double) de « recouvrement », le mot choisi dans l’écriture étant à la fois porteur d’une identité propre et recouvrant/portant tous les mots délaissés à son profit.

Il fait dans la librairie-galerie de sa maison d’édition de nombreuses lectures publiques de son travail[3], ainsi que dans de multiples autres lieux en France (Maison des écrivains, Université de Nanterre, Journées poésie de Rodez, galeries, librairies, bibliothèques, salons du livre).

Depuis cette date il est aussi régulièrement invité à intervenir à l’étranger. En 1998 à Prague (République tchèque), sous l’égide du Friedrich-Bödecker-Kreis, organisation qui promeut la lecture auprès des adolescents et jeunes adultes, il prononce le discours de clôture, qu’il intitule « Prager Lenz », en référence à Paul Celan. En 2003, il reçoit pour son œuvre le prix de l’Organisation européenne des auteurs (Minden, Allemagne). En 2005, la Fondation Günter Grass (Brême, Allemagne) l’invite pour une soirée de lecture. La même année, Michael Krüger publie dans sa célèbre revue Akzente (Hanser Verlag) un choix de poèmes et leur traduction en allemand[4]. Le Pr Gerhard Poppenberg (Professeur de romanistique à l’Université de Heidelberg) propose alors à la revue un texte critique intitulé « Zum Spurlosen hin verdichten » [5] qui sera publié en introduction aux poèmes dans le même numéro. En 2006, celui-ci invite une première fois Martin Ziegler à l’Université de Heidelberg pour lire devant un parterre d’étudiants. Il l’invite une deuxième fois en 2009 pour une rencontre discussion avec le poète allemand Durs Grünbein (prix Büchner 1995).

C’est lors d’une halte à Berlin, chez le peintre Hinrich Weidemann dont Martin Ziegler suit attentivement le travail, que s’est noué le dialogue avec Gerhard Poppenberg. C’est là également qu’il entre en contact avec l’œuvre du philosophe Werner Hamacher, proche de Jacques Derrida et de Jean-Luc Nancy, dont Martin Ziegler est le lecteur et avec qui il entretient des échanges brefs mais très importants à ce moment qu'il considère comme l'achèvement d'une première strate de son travail. Il traduit en français plusieurs allocutions de Werner Hamacher pour les colloques de Cerisy et pour le Collège international de Philosophie à Paris.

Fin 2005, paraît, toujours aux éditions L. Mauguin, Comme il en irait du venir au souffrance. Titre où se concrétise des années de réflexion et de travail sur « le venir » du poème. Ce recueil est remarqué par Marie-Florence Ehret, dans les Cahiers critiques de poésie [6] : « L’écriture de Martin Ziegler se raréfie encore, alors même que l’on pouvait croire la chose impossible. Sa poésie nous interroge, elle ne souligne rien, elle garde invisible l’invisible qu’elle désigne ».

Travail de dépouillement de l’écriture mené à une forme de paroxysme, la langue est inapte à dire, semble affirmer Martin Ziegler. C’est dans l’espace d’absence de la langue que se formule le plus juste de la pensée, de la poésie. Ce qui le conduit à plusieurs sentes de travail différentes et complémentaires : une écriture renourrie par les mots où la compréhension se fait au-delà du sens, la réalisation en cours d’un film long métrage où l’image naît de l’image dans le refus d’une trame écrite.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Arlette Farge/ Martin Ziegler, entretien, « L’histoire autrement », France Culture, 25 juin 2001.
  2. Alain Veinstein/ Martin Ziegler, entretien, « Surpris par la nuit », France Culture, 21 oct. 2002
  3. Voir à ce sujet le témoignage de Xavier Jardin, sur son blog Espaceslibres : http://espaceslibres.blogspot.com/2006/06/impressions-aprs-lecture.html
  4. Martin Ziegler, « Buchsbaumtagwärts », in Akzente, éditions Hanser, Munich, avril 2005.
  5. Gerhard Poppenberg, « Zum Spurlosen hin verdichten », in Akzente, éditions Hanser, Munich, avril 2005.
  6. Cahiers critiques de poésie, Centre international de poésie de Marseille, 2006.

Bibliographie de Martin Ziegler[modifier | modifier le code]

La Suite des temps, éditions de l'Aube, La Tour d'Aigues, 1986
Duel, idylle, adresse, éditions de l'Aube, La Tour d'Aigues, 1991
Ô ter abcède, éditions L. Mauguin, Paris, 1997
Vitres griffées éteintes, éditions L. Mauguin, Paris, 1998
Chemins à fleur autrement blancs, éditions L. Mauguin, Paris, 2000
Par le recouvrement du pas, enregistrement en studio de poèmes lus par l'auteur, CD, éditions L. Mauguin, Paris, 2002
Vers un jour de buis, éditions L. Mauguin, Paris, 2003
Comme il en irait du venir en souffrance, éditions L. Mauguin, Paris, 2005
Notes Laura Fiori, éditions L. Mauguin, Paris, 2011
Foery, éditions L. Mauguin, Paris, 2011

Publications traduites en langue étrangère :

Adauktus oder die Fügung der Zeit (La Suite des temps), [traduction Elisabeth Madlener], éditions Jutta Legueil, Stuttgart, 1992
"da Ô ter abcède", [traduction Emanuela Burgazzoli], in Idra, éditions Marcos y Marcos, Milan, 1999
"Buchsbaumtagwärts", [traduction M.Z.], in Akzente, éditions Hanser, Munich, avril 2005
"Verso un giorno di bosso", [traduction Ivana Cenci], in Anterem,Vérone, 2007

Entretiens radiophoniques[modifier | modifier le code]

Arlette Farge/ Martin Ziegler, entretien, « L’histoire autrement », France Culture, 25 juin 2001.
Alain Veinstein/ Martin Ziegler, entretien, « Surpris par la nuit », France Culture, 21 oct. 2002.
Sophie Nauleau / Martin Ziegler, entretien « Ça rime à quoi », France Culture, 30 oct. 2011. http://www.franceculture.fr/emission-ca-rime-a-quoi-martin-ziegler-2011-10-30

Liens externes / sources[modifier | modifier le code]