Louise Armaindo

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Louise Armaindo
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Louise Armaindo, née Marie-Louise ou Louisa Brisebois ou Brisbois (-), est une athlète canadienne, trapéziste, marcheuse d'endurance et cycliste sur Grand-bi[1],[2]. Au cours des dernières décennies du XIXe siècle, elle est connue comme « championne cycliste du monde »[3],[4], voire « la mère du cyclisme féminin »[1].

Vie et carrière[modifier | modifier le code]

Louise Armaindo est née en 1857 à Sainte-Anne-de-Bellevue, près de Montréal, au Canada[1],[note 1].

Armaindo s'entraîne avec l'athlète canadien Tom Eck[5], qui est son entraineur et agent. Les deux athlètes se sont rencontrés à Chicago à la fin des années 1870, alors qu'Armaindo se produit en tant qu'artiste de cirque (trapéziste, notamment) et commence à s'intéresser à la marche d'endurance en compétition[1]. Avec Eck comme directeur, Armaindo devient une marcheuse de compétition professionnelle et se produit lors de manifestations dans de petites villes américaines.

À cette époque, de nombreux marcheurs expérimentent la course sur Grand-bi, dont Armaindo[1]. Elle devient cycliste de compétition, d'abord exclusivement contre des hommes, puis contre des femmes alors qu'elles sont plus nombreuses à pratiquer ce sport, telles Frankie Nelson, Lottie Stanley, Jessie Oakes, May Allen ou Helen Baldwin.

En 1882, Armaindo concourt avec le cycliste américain John Prince sur plus de 50 milles. On lui donne une longueur d'avance de 5 milles, mais les deux sont finalement très proches dans la course, prenant la tête à tour de rôle. Prince gagne d'environ une minute[6]. Armaindo a plus de succès contre la cycliste Elsa von Blumen (en) la même année. Elle remporte la course de championnat à Ridgeway Park, Philadelphie, devenant championne féminine de cyclisme[7],[5].

Armaindo est également connue pour avoir participé à des courses cyclistes en salle de plusieurs jours, pendant lesquelles les cyclistes roulent plusieurs heures chaque jour, le vainqueur étant déterminé par celui qui parcourt le plus de milles sur l'ensemble de la course[3]. En 1883, elle établit un record de 843 milles pour une course de 6 jours à Chicago, battant deux compétiteurs masculins, William M. Woodside et William J. Morgan. Ce record ne sera battu que trois ans plus tard.[8]

Armaindo pratique également occasionnellement les courses en tandem. En 1886, le Cyclist annonce qu'elle remporte le record de 24 heures en tandem avec William J. Morgan. La distance parcourue est de 250 milles[9]. La même année, elle et Morgan ont aussi établi le record de temps américain pour le 100 milles, couvrant la distance en 7 heures 57 minutes.[10]

La cycliste arrête sa carrière en 1893[11], et devient serveuse dans un restaurant de Minneapolis. Elle s'établit ensuite à Buffalo[1].

En 1896, lorsqu'elle tente de s'enfuir de l'incendie de l'hôtel dans lequel elle réside, elle fait une mauvaise chute, causant une fracture de la hanche et une hémorragie interne. Elle devient par la suite cripple (« infirme »), et perd son recours en justice contre le propriétaire de l'hôtel. L'incident met définitivement un terme à toute possibilité de monter de nouveau à vélo[1].

Armaindo est morte en 1900. À la fin des années 1930, elle est pratiquement oubliée des historiens du sport[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. D'autres sources indiquent une naissance en 1861 à Saint-Clet. Voir Alain Rivolla, « Louise Armaindo », chronique n° 70, sur http://www.lepetitbraquet.fr (consulté le ) et Gilles Janson, « 1810-1895 : L’entrée des femmes dans l’arène sportive », Cap-aux-Diamants,‎ , p. 11-16 (lire en ligne [PDF]). Les recherches de Hall montrent que cette information est incorrecte.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g et h (en) M. Ann Hall, Muscle on Wheels : Louise Armaindo and the High-Wheel Racers of Nineteenth-Century America, McGill-Queen's Press - MQUP, (ISBN 9780773555327, lire en ligne)
  2. (en) « Louise Armaindo at CyclingRanking.com », sur https://www.cyclingranking.com, CyclingRanking.com (consulté le )
  3. a et b (en) M. Ann Hall, Immodest and Sensational : 150 Years of Canadian Women in Sports, James Lorimer & Company, (ISBN 9781552770214, lire en ligne)
  4. Barbeau-Lavalette, Anaïs et Mathilde Cinq-Mars, Nos Héroïnes, Éditions Marchand de feuilles, , p.38-39
  5. a et b (en) Roger Gilles, Women on the Move : The Forgotten Era of Women's Bicycle Racing, U of Nebraska Press, , 344 p. (ISBN 9781496210418, lire en ligne)
  6. (en) David V. Herlihy, Bicycle : The History, Yale University Press, , 205 (ISBN 9780300120479, lire en ligne)
  7. Alain Rivolla, « Louise Armaindo », chronique n° 70, sur http://www.lepetitbraquet.fr (consulté le )
  8. (en) « The Wheel : Some famous long distance races », Inter-Ocean,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  9. Fernand de Lados, « Coup d’œil à l'étranger », Le Véloce-sport : organe de la vélocipédie française, Bordeaux,‎ , p. 776 (lire en ligne)
  10. (en) John D,. Chaplin, Jr, The Young Folk's Cyclopædia of Games and Sports, New York, Henri Holt and Company, (lire en ligne), p. 790
  11. (en) David Giddens, « Louise Armaindo : Canadian professional sports pioneer », sur https://www.cbc.ca, (consulté le )

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Macy, Sue. Wheels of Change : How Women Rode the Bicycle to Freedom (with a Few Flat Tires Along the Way). National Geographic Books, (ISBN 9781426328558).

Liens externes[modifier | modifier le code]