La Leçon (pièce de théâtre)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Mise en scène de La Leçon à Shimer College en 2011.

La Leçon est une pièce de théâtre en un acte d'Eugène Ionesco.

Écriture et création[modifier | modifier le code]

La pièce a été écrite en juin 1950 et sa première représentation a eu lieu le au Théâtre de Poche Montparnasse, dirigé alors par France Guy, dans une mise en scène de Marcel Cuvelier. La mise en scène de la création est toujours représentée (avec celle de La Cantatrice chauve) au Théâtre de la Huchette, à Paris.

Résumé[modifier | modifier le code]

Un vieux professeur reçoit chez lui une bachelière de 18 ans pour lui donner des cours. Au fil du temps, les cours augmentent en difficulté et l'élève ne comprend plus le maître, qui devient de plus en plus agressif, tandis qu'elle-même devient petit à petit un objet mou, inerte, épuisé.

Un fossé de connaissances les sépare finalement et le maître finit par tuer son élève. À noter que cette élève est la 40e victime du maître de la journée.

Cependant, une nouvelle élève se présente...

Interprètes lors de la création[modifier | modifier le code]

Interprétation[modifier | modifier le code]

Pièce qui comprend une évolution des personnages à la façon de « Rhinocéros » ou du « Roi se meurt » ; l’absurde est présent, par exemple, au travers des prétendues traductions de mots dans des langues étrangères qui s’avèrent identiques.[interprétation personnelle]

Le meurtre à la fin de la pièce marque une volonté nouvelle chez l’auteur, celle de noter la nécessité d’assouvir un besoin inhérent à un état transcendantal issu d'un enseignement qui se révèle fatal. On peut y voir l'antinomie entre deux psychologies, la jeunesse symbolisant l'ignorance et le professeur le savoir qui tuera par dépit et pulsion cette candeur qui s'oppose en quelque sorte à sa science de par sa condition même ; de cela l'exaspération puis le meurtre qui assouvit cette frustration. Une attitude typiquement humaine de souiller l'innocence à défaut de la préserver.[interprétation personnelle]

Dans ses Notes et contre-notes Ionesco explique vouloir passer du burlesque au tragique, uniquement avec le jeu des acteurs, le langage étant vide de sens selon lui : « Sur un texte burlesque, un jeu dramatique. Sur un texte dramatique, un jeu burlesque. Faire dire aux mots des choses qu'ils n'ont jamais voulu dire[1]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notes et contre-notes, Eugène Ionesco, À propos de La cantatrice chauve (journal)