Léonie Keingiaert de Gheluvelt

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Léonie Keingiaert de Gheluvelt
Weekblad Pallieter - voorpagina 1923 52 de eerste burgemeesteres.jpg
Keingiaert de Gheluvelt par Jos De Swerts (1923)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 80 ans)
Courtrai
Nationalité
Activités

Léonie Charlotte Françoise Keingiaert de Gheluvelt, née le à Louvain et morte le à Courtrai, est une féministe et l'une des premières femmes-bourgmestre de Belgique.

Origines[modifier | modifier le code]

Léonie Keingiaert de Gheluvelt vient d'une famille qui reçoit un titre noble en 1817 en la personne de Louis-Bruno Keingiaert de Gheluvelt (Oudezeele, 1760 - Ypres, 1847), officier au service espagnol. Il est le petit-fils d'Albert Keingiaert qui avait acheté le manoir Gheluvelt en 1737 et le fils du noble Albert Keingiaert, seigneur de Gheluvelt, Catsberghe, Eeckebeke et Handtdienst. Le nom de famille devient Keingiaert de Gheluvelt et la famille vit dans le château de Keingiaert à Geluveld.

François-Bruno Keingiaert de Gheluvelt (Ypres, 1808 - 1876) est le dixième et dernier enfant de Louis-Bruno Keingiaert et de Marie de Lens (Gand 1767 - Ypres 1835). Il est également le seul des garçons à avoir une progéniture. Il devient maire de Geluveld, tout comme son frère célibataire Bruno-Ghislain Keingiaert de Gheluvelt (Ypres, 1792-1833) l'avait été avant lui.

Des trois fils de François-Bruno Keingiaert, seul Bruno-Gustave Keingiaert (Gheluveld, 1856-1903), devenu ingénieur, épousa Aline Catteaux (Courtrai, 1863 - Monaco, 1940). Léonie est leur fille unique.

Carrière[modifier | modifier le code]

Pendant la Première Guerre mondiale, la famille fuit à Monte-Carlo suite à la destruction de son château - ainsi que de l'entièreté de la commune. Léonie revient à Geluveld en 1919 et y installe des fours de campagne pour la production de briques afin de reconstruire le village.

Après l'adoption de la loi le autorisant les femmes à exercer les fonctions de bourgmestre et d'échevine en Belgique, Léonie Keingiaert de Gheluvelt devient l'une des quatre premières femmes bourgmestres du pays le 21 septembre 1921 à l'âge de 36 ans. Il n'y a pas eu d'élections car la liste qu'elle a soumise est la seule présentée cette année-là. Le premier ministre de l'époque, Henry Carton de Wiart, vient lui-même à Geluveld pour la féliciter[1].

La bourgmestre libérale se heurte régulièrement au prêtre local au sujet de la reconstruction de l'église et de la nomination à l'école municipale d'enseignants titulaires d'un diplôme d'une école nationale standard. Elle parle également de la langue lorsqu'elle recrute un employé wallon néerlandais non expert, venu vivre dans le château.

Le pasteur réussit à créer une alliance contre elle aux élections suivantes, en octobre 1926, sous le nom de « Herleving » (« Renaissance »). Elle perd l'affaire et se retrouve dans l'opposition. Le directeur d'école Pieter Hoorens devient bourgmestre mais ne réussit pas à maintenir l'unité parmi ses partisans. En conséquence, Léonie Keingiaert de Gheluvelt gagne les élections suivantes en 1932 avec sept sièges sur neuf et redevient ainsi bourgmestre. Elle perd à nouveau aux élections d'octobre 1938 et reste dans l'opposition jusqu'en 1952. Elle participe aux élections de 1959 à 1965 et est conseillère en finance et en éducation.

Léonie Keingiaert de Gheluvelt fait tout son possible pour rester populaire et se consacre au progrès et au développement du village. Le jour de la Saint-Martin, elle reçoit tous les enfants de la commune à son château et leur distribue des rafraîchissements. Elle paye pour les tenues de fête des communiants des familles pauvres. Elle fait don d'un terrain de football à l'équipe locale de football Blue Star et est également un bienfaiteur de la Guilde de Saint-Sébastien, dont elle était le chef.

Entre les deux guerres mondiales, elle contribue au magazine féministe Le Féminisme chrétien de Belgique.

Entre 1928 et 1932, elle reconstruit le château parental détruit. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle s'enfuit à Monte Carlo avec sa mère.

Elle meurt le à l'âge de 80 ans, dernière de sa famille à mourir. Par testament (25 mars 1963), elle fait don de tous les biens immobiliers et mobiliers qu'elle possédait en Belgique à l'Association de la noblesse du Royaume de Belgique (Vereniging van de Belgische Adel) qui restaure le château et le propose en location comme résidence secondaire à ses membres. Cependant, le château ne sera jamais loué car le domaine rencontre des difficultés en raison de l'expropriation pour la construction d'une autoroute et des coûts élevés d'entretien du château. En 1999, l'association vend le château à un homme d'affaires qui y vit.

Fonds Keingiaert de Gheluvelt[modifier | modifier le code]

Avec le produit des biens vendus, l'Association de la noblesse du Royaume de Belgique fonde, en 2001, un fonds au nom de Léonie Keingiaert pour garder sa mémoire vivante. L'objectif est d'attribuer un prix en espèces aux membres de la noblesse belge qui pratiquent des formes concrètes de service social. Depuis sa création jusqu'en 2020, 54 prix ont été décernés.

Centenaire[modifier | modifier le code]

En 2021 est commémoré le centenaire de la nomination comme bourgmestre de Léonie Keingiaert à la commune de Geluveld. Un comité local est mis en place sous le nom de Léonie, qui souhaite organiser diverses festivités et également publier un livre sur elle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. VAKB, no 702, octobre 2020.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (nl) L. Duerloo et P. Janssens, Wapenboek van de Belgische adel, Bruxelles, Gemeetekrediet,
  • Oscar Coomans de Brachène, État présent de la noblesse belge, Bruxelles,
  • Ilse Gesquiere, « Léonie Keingiaert de Gheluvelt », dans Dictionnaire biographique national, t. 15, Bruxelles, , p. 407-408
  • Dictionnaire des femmes belges, XIXe et XXe siècles, Éditions Racine, Bruxelles, , p. 342
  • Émile Toebosch, Het parlement anders bekeken, Gand, Academia Press & Liberal Archives,
  • Noël Maes, « Leonie Keingiaert de Gheluvelt, fel omstreden weldoenster », Krant van West-Vlaanderen,‎
  • « Léonie Keingiaert de Gheluvelt en de VAKB », Magazine mensuel du VAKB, no 702,‎