L'Éclipse totale

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L'Éclipse totale
Affiche coloriée figurant l'éclipse d'un astre autour duquel tourne trois d'entre eux dont l'un se voit par transparence.
L'Éclipse totale. Extrait d'une affiche réalisée par Louison Costes pour la production de l’œuvre par la compagnie lyrique Les Monts du Reuil, 2021.
Genre Opéra-comique
Nbre d'actes 1
Musique Nicolas Dalayrac
Livret Ange-Étienne-Xavier Poisson de La Chabeaussière
Langue
originale
Français
Dates de
composition
1782
Partition
autographe
dispersée
Création
théâtre des Italiens, Paris Drapeau de la France France

L'Éclipse totale[N 1] fut  considéré comme le premier opéra-comique de Nicolas Dalayrac. C’est une comédie en un acte mêlée d'ariettes selon le terme employé à l'époque, sur un livret d'Ange-Étienne-Xavier Poisson de La Chabeaussière, inspirée d'une fable de Jean de La Fontaine, L'Astrologue qui se laisse tomber dans un puits.

L’Éclipse totale fut représentée pour la première fois à l'hôtel de Bourgogne par les musiciens ordinaires du Roi, le jeudi .

Distribution[modifier | modifier le code]

Personnage Acteur créateur du personnage Tessiture
Solsticius, astrologue et tuteur d'Isabelle M. Narbonne Basse
Isabelle Mme Trial Dessus
Rosette, suivante d'Isabelle Mme Billioni Dessus
Léandre, amant d'Isabelle Clairval Taille
Crispin, Valet de Léandre Antoine Trial Taille
Le bailli du village, oncle de Léandre M. Rosière Taille
Plusieurs villageois et villageoise Non renseigné

Synopsis[modifier | modifier le code]

Deux couples de jeunes, Isabelle et Léandre, Rosette et Crispin sont amoureux l'un de l'autre, mais en sont empêchés par Solsticius. Cet astronome et astrologue au caractère tyrannique voudrait lui-même épouser Isabelle. Un passage souterrain construit à partir d'un puits et les faveurs d'une éclipse lunaire viendront au secours des jeunes amoureux.

Réception de l’œuvre[modifier | modifier le code]

Dalayrac compose son premier opéra-comique après deux « mini » opéras : Le Petit souper et Le Chevalier à la mode, représentés à la Cour avec un grand succès.

La protection de Marie-Antoinette et la faveur du public permirent à Dalayrac de faire ses premiers pas au théâtre parisien.  

Cette comédie mêlée d'ariettes en un acte ne peut manquer de satisfaire ceux qui cherchent la simplicité. Avec son esprit franc et spontané, la souplesse de son style d'écriture, Dalayrac dévoile les rires assez discrets qui marquent ses phrases. Cela nécessite certainement une interprétation spécifique, une légèreté et une agilité vocale marquante  Le style marquant de Dalayrac, le texte simple de la Chabeaussière ont permis à cette œuvre de recevoir la faveur du public et un grand succès à l’époque de sa création. Il semble de L'Éclipse totale fut représenté à Avignon, à Rouen, et en 1784 au théâtre de Lille[1],[2],[3]. Cela nous confirme le rayonnement et vrai succès de l’œuvre à l’époque de Nicolas Dalayrac.

Le Journal des théâtres de la littérature et des arts du nous rapporte que malgré le succès de l’œuvre, « L'Éclipse totale s’est éclipsée » de l’affiche du théâtre des Variétés suite à un ordre de la police. Cette interdiction, survenue après le décès de l'auteur, serait due à l'ajout de couplets sans avoir prévenu la censure[4].

De L'Éclipse totale à la fin de la carrière de Dalayrac : critiques et comparaison avec Grétry[modifier | modifier le code]

Selon des critiques parurent dans des périodiques environ 70 ans plus tard, contrairement à André Grétry qui imite le style italien, Nicolas Dalayrac fut considéré comme un compositeur qui avait choisi de conserver une manière d’écriture typiquement française[5].

À une époque où le style italien est dominant Adolphe Adam critique Dalayrac en soulignant que ce dernier est un compositeur qui n’évolue pas dans son écriture. Il écrit à ce propos :

« J'ai en ce moment sous les yeux la partition de L'Éclipse totale, et celle du Poète et le Musicien, composées l'une en 1781 et l'autre en 1809, et je retrouve dans toutes deux le même point de départ et le même système de disposition, la même facilité insouciante, la même habitude de remplissage banal, et le même éclairs d'inspiration à certains moments donnés[5]. »

La résurrection de L'Éclipse totale en 2021[modifier | modifier le code]

A l'occasion des 400 ans de Jean de La Fontaine, la compagnie lyrique Les Monts du Reuil, a pu restituer L'Éclipse totale de Dalayrac dont les sources étaient éparpillées dans plusieurs villes de France et à Londres. Étant en résidence à l'Opéra de Reims et au théâtre Saint Dizier, la compagnie les Monts du Reuil compte faire renaitre cette œuvre inédite et tombée dans l'oubli depuis des siècles, grâce à une restitution et des recherches réalisé par le musicologue Riadh Mtirawi en collaboration étroite avec Sorbonne Université, l’IReMus UMR 8223 (CNRS, Sorbonne Université, BnF, Ministère de la Culture), et les éditions Buissonnières.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'Éclipse totale ou l'Astrologue apparaît avec un sous-titre sur la couverture du manuscrit conservé à la bibliothèque municipale de Lille datant de 1784[réf. nécessaire].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ms. M. 14, Patrimoine musical Avignon - BM Ancien théâtre.
  2. M 4313, Patrimoine musical de Lille – BM.
  3. Théâtre 174, Théâtre des Arts de Rouen – BM.
  4. « Mélanges », Journal des théâtres, de la littérature et des arts, Paris, C. Ballard, impr., no 147,‎ , p. 4 col. 2 (lire en ligne, consulté le 10 juin 2021).
  5. a et b Ad[olphe] Adam, « Feuilleton du Constitutionnel 3 juil. : Dalayrac. III », Le Constitutionnel : journal politique, littéraire et commercial, Paris, s.n., no 184,‎ , [vue 2] col. 2 (lire en ligne, consulté le 10 juin 2021).

Liens externes[modifier | modifier le code]