Kutupalong

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Kutupalong
Kutupalong Refugee Camp (Maaz Hussain-VOA).jpg
Kutupalong en décembre 2016.
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598 195 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
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Kutupalong (en bengali : কুতুপালং) est un camp de réfugiés situé au Bangladesh (dans l'upazila d'Ukhia et le district de Cox's Bazar). Le camp héberge principalement des Rohingya fuyant les persécutions des musulmans en Birmanie. Le camp héberge plus de 500 000 personnes en et environ 620 000 selon une estimation d', soit le camp de réfugiés le plus peuplé au monde.

Description[modifier | modifier le code]

Le camp de Kutupalong est d'abord un camp contrôlé par le gouvernement bangladeshi et géré par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Il a été créé en 1992 pour accueillir les Rohingya fuyant la Birmanie. Le gouvernement contrôle un autre camp dans le district, celui de Nayapara (en)[1],[2],[3].

En , la population cumulée des deux camps est estimée à 34 000 personnes[4].

À partir du , le flux de réfugiés augmente considérablement : entre fin août et début septembre, 73 000 Rohingya fuyent la Birmanie et plus de 700 000 personnes entre et début 2018. Le camp officiel de Kutupalong ne peut gérer cet afflux et ces nouveaux réfugiés s'installent autour du camp, établissant divers bidonvilles. Ces différents bidonvilles (Ghumdum, Balukhali, Thangkhali…) croissent rapidement et se rejoignent. L'agrégation de ces bidonvilles est aussi appelée camp de Kutupalong, ou camp étendu de Kutupalong-Balukhali[5],[6],[4],[7].

Le camp est situé le long de l'autoroute N1 (en).

En , une estimation de la population du camp étendu est réalisée : il compte 547 616 personnes (dont 22 241 dans le camp officiel), soit le plus grand camp de réfugiés au monde, battant le camp de réfugiés de Dadaab, au Kenya qui comptait 245 126 personnes en et le camp de Bidi Bidi (en) en Ouganda[8],[9].

Fin , le HCR estime que 723 000 Rohingya sont arrivés au Bangladesh depuis le , principalement en 2017[10],[11]. Le camp de Kutupalong en héberge environ 620 000, selon une estimation d' et 300 000 autres Rohingya sont hébergés dans le district[12].

Limitations progressives[modifier | modifier le code]

À partir de , le gouvernement bangladais limite les communications par téléphone des réfugiés rohingya, les téléphones portables et cartes SIM saisis. Une clôture autour du camp pour empêcher les Rohingyas d'en sortir doit aussi être construite[13],[14].

En , le gouvernement bangladais fait détruire un millier de boutiques des camps où les réfugiés pouvaient faire les courses. La raison officielle est que ces commerces étaient illégaux mais certains y voient la volonté de pousser les réfugiés à quitter les camps pour l'île de Bhasan Char[15].

Tentative de déplacement[modifier | modifier le code]

Le gouvernement bangladais essaie, à partir de 2015, de déplacer, plus ou moins volontairement, une partie des réfugiés dans l'île de Bhasan Char. Ce déplacement est très critiqué car l'île isole les réfugiés du reste du monde, rend l'approvisionnement en eau et nourriture plus difficile et il y a de sérieux doutes sur la viabilité de l'île en cas de mousson (l'île est souvent submergée)[16].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Vivian Tan, « The young and the hopeless in Bangladesh's camps », Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés,
  2. (en) Sanjeev Miglani, « Rohingya huddled in Bangladesh camps fear plan to move them on », Reuters,
  3. (en) « Stories from the Rohingya Camps in Bangladesh »,
  4. a et b (en) Vivian Tan, « Shelter urgently needed for Rohingya fleeing Myanmar violence », Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés,
  5. (en) « Cox's Bazar: Kutupalong-Balukhali expansion sites Footpath and Access road as of 05 Dec 2017 », International Organization for Migration (consulté le )
  6. (en) « Bangladesh – The Rohingya refugee camp of Kutupalong-Balukhali, an ever-expanding camp », Médecins sans frontières,
  7. (en) « Rohingya influx strains camp resources in Bangladesh », Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés,
  8. (en) « How Aung San Suu Kyi sees the Rohingya crisis », BBC News,
  9. (en) Weiyi Cai et Simon Scarr, « Life in the camps », Reuters,
  10. (en) « Operational Update, External - UNHCR Bangladesh- 19 - 31 July 2018 », HCR,
  11. Bruno Philip, « A Kutupalong, capitale de la douleur des Rohingya », lemonde.fr, (consulté le )
  12. (en) Kevin J. Allen, « #Kutupalong: the largest refugee settlement in the world, with over 620,000 #Rohingya @Refugees. Almost 300,000 more refugees reside in smaller settlements nearby. », Twitter,
  13. Harold Thibault, « Au Bangladesh, les Rohingya menacés d’une coupure des télécommunications », Le Monde,
  14. Bruno Philip, « L’errance sans fin des Rohingya au Bangladesh, d’un camp-prison à l’autre », Le Monde,
  15. « Bangladesh: les autorités détruisent les commerces de fortune de Rohingyas », RFI,
  16. « Rohingyas: Amnesty International «préoccupé» par les réfugiés qui fuient l'île de Bhashan Char », RFI,