Katsuko Saruhashi

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Katsuko Saruhashi
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 87 ans)
TokyoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
SkereVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Université Tōhō (jusqu'en )
Université de Tokyo (doctorat) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Domaine
Membre de
Science Council of Japan (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
AVON Award for Women (d) ()
Miyake Prize (d) ()
Tanka Prize (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Katsuko Saruhashi (猿橋 勝子) (22 mars 1920 - 29 septembre 2007) est une géochimiste japonaise. Elle est la première à avoir mesuré le niveau de dioxyde de carbone dans l'eau de mer et à montrer également les dangers des retombées radioactives dans l'atmosphère et dans l'eau de mer. Elle a fait partie de la société géochimique et de la société océanographique du Japon.

Éducation et carrière[modifier | modifier le code]

Saruhashi est née à Tokyo et a été diplômée au collège impérial des sciences (actuellement l'université Tōhō) en 1943. Elle a ensuite rejoint l'institut de recherches météorologiques à l'observatoire central météorologique[1]. Elle y a travaillé au laboratoire de géochimie avec Yasuo Miyake qu'elle a rencontré lorsqu'elle était à l'université et qui devient son mentor. En 1950, Miyake lui recommande de mesurer le niveau de dioxyde de carbone dans l'eau de mer à une époque où la mesure de ce gaz n'était pas répandue, elle a donc développé ses propres outils de mesure[2]. En 1957, elle achève son doctorat sur les caractéristiques du carbonate. Elle devient la première femme de l'université de Tokyo à réaliser une thèse en chimie[3]. En 1958, elle fonde la société des femmes scientifiques japonaises pour promouvoir les femmes dans les sciences et contribuer à la paix dans le monde[1].

Recherches[modifier | modifier le code]

Après les essais nucléaires menés sur l'atoll de Bikini lors de l'opération Castle de 1954, le thonier japonais Daigo Fukuryū Maru est contaminé et Kuboyama Aikichi, l'opérateur radio du navire, meurt moins de sept mois plus tard en septembre 1954 d'un syndrome d'irradiation aiguë. Le gouvernement japonais demande au laboratoire de géochimie d'analyser et de surveiller le taux de radioactivité dans l'eau de mer et dans l'eau de pluie[3]. Miyake confie cette mission à Saruhashi. Ses recherches ont montré que des retombées radioactives ont été retrouvées au Japon un an et demi après un test de bombe américaine sur l'atoll de Bikini. Elle a ensuite étudié ces retombées dans d'autres parties du monde. Ces recherches ont été utilisées par les manifestants du mouvement antinucléaire pour faire pression sur les États-Unis et la Russie jusqu'au traité d'interdiction partielle des essais nucléaires en 1963[3].

Saruhashi a ensuite repris ses mesures de dioxyde de carbone dans l'eau de mer et a découvert que l'eau de l'océan Pacifique libérait deux fois plus de dioxyde de carbone qu'il n'en absorbait. Ces résultats nuancent les capacités d'absorption du dioxyde de carbone des océans[3]. En 1979, Saruhashi a été nommée directrice du laboratoire de recherches géochimiques, elle a démissionné de ce poste l'année suivante. En 1980, elle a été la première femme à faire partie du conseil scientifique du Japon. En 1981, elle a fondé le prix Katsuko Saruhashi qui récompense une femme japonaise pour ses contributions à la recherches en sciences naturelles[1]. En 1990, après la mort de Yasuo Miyake, elle devient directrice de l'association de recherche en géochimie qu'il avait fondé à Tokyo. Saruhashi meurt le 29 septembre 2007 à Tokyo d'une pneumonie à l'âge de 87 ans.

Récompenses et honneurs[modifier | modifier le code]

  • 1981 : Prix spécial Avon pour les femmes
  • 1985 : Prix Miyake de Géochimie
  • 1993 : prix Tanaka de la société japonaise d'océanologie

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en)Robertson, Jennifer, editor (2008) A Companion to the Anthropology of Japan, John Wiley & Sons, p. 477, (ISBN 140514145X)
  2. (en)Yount, Lisa (1996) Twentieth-Century Women Scientists, Facts On File, Inc., p. 53, (ISBN 0-8160-3173-8)
  3. a b c et d (en) Lisa Yount, A to Z of women in science and math, New York, Facts On File, , 263–264 p. (ISBN 978-0-8160-6695-7, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Yount, Lisa (1996). Twentieth Century Women Scientists. New York: Facts on File, P50-58 , (ISBN 978-0816066957)
  • (en) Morell, Virginia et al. (April 16, 1993). Called 'Trimates,' three bold women shaped their field. Science, v260 n5106 p420 (6).