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Jean d'Ibelin (1212-1258)

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Jean d'Ibelin, ou Jean d'Arsouf, né en 1211 ou en 1212 et mort en 1258, est seigneur d'Arsouf au milieu du XIIIe siècle. Il est le deuxième fils de Jean d'Ibelin, surnommé le Vieux Seigneur de Beyrouth, et de sa seconde épouse Mélisende d'Arsouf, dame d'Arsouf.

Début de carrière

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Jean d'Ibelin est né en 1211 ou 1212. il est le deuxième fils de Jean d'Ibelin, surnommé le Vieux Seigneur de Beyrouth, seigneur de Beyrouth, et de sa seconde épouse Mélisende d'Arsouf, dame d'Arsouf.

En 1228, son père est nommé bailli, c'est-à-dire régent, du royaume de Chypre pour le roi Henri Ier de Chypre, encore mineur. Aussi, lorsque l'empereur Frédéric II part pour la Terre sainte à l'occasion de la sixième croisade, il a l'intention de récupérer la régence du royaume de Jérusalem pour le compte de son jeune fils Conrad IV, mais aussi de revendiquer celle du royaume de Chypre. Le Vieux Seigneur de Beyrouth est alors considéré comme un adversaire politique de l'empereur et un conflit éclate entre les deux hommes. Jean et son frère aîné Balian sont alors pris comme otage par l'empereur et sont envoyés à sa cour, en gage de la loyauté de leur père. De plus, Jean se voit promettre un fief dans les Pouilles[1].

Mais Jean parvient à rentrer en Terre sainte où a éclaté la guerre entre l'empereur et la famille d'Ibelin, connue sous le nom de guerre des Lombards. Il combat alors en soutien de son père lors de siège de Beyrouth contre Richard Filangieri, le bailli de l'empereur, qui parvient à prendre la ville, puis à la bataille d'Agridi le , qui voit la défaite de l'armée impériale.

En 1236, il épousa Alix d'Haïfa, fille de Rohard II d'Haïfa, seigneur d'Haïfa, et de son épouse Aiglantine de Nephin[2],[3].

Seigneur d'Arsouf

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En 1236, à la mort de son père Jean d'Ibelin, dit le Vieux Seigneur de Beyrouth, il hérita de la Seigneurie d'Arsouf, qui venait de sa mère, tandis que son frère aîné Balian obtint la seigneurie paternelle de Beyrouth.

Entre 1239 et 1241, il participa à la croisade des barons, menée par Thibaut IV de Champagne, comte de Champagne et roi de Navarre. En , il fit partie d'une armée croisée levée par Henri II de Bar, malgré les protestations de Thibaut IV, mais ils furent défaits par une armée ayyoubide à la bataille de Gaza (en) le .

En vue des guerres qui s'annonçaient, tant contre l'empereur que contre les musulmans, il fit renforcer en 1241 les fortifications d'Arsouf et entreprit la construction d'un château concentrique au nord de la cité[4].

La même année, il cosigna une lettre avec son cousin Philippe de Montfort et Geoffroy d'Estraing, ainsi qu'avec le soutien de Richard de Cornouailles, destinée à l'empereur Frédéric II, régent nominal de Jérusalem, afin de lui demander le pardon de tous les barons rebelles et de nommer bailli Simon de Montfort, comte de Leicester. En retour, les barons jureraient fidélité à Simon et reconnaîtraient son autorité jusqu'à ce que le jeune roi, Conrad II, atteigne la majorité en 1243. Mais l'empereur refusa cette proposition.

Au service du royaume de Jérusalem

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En 1247, le roi Henri Ier de Chypre le nomma connétable et bailli du royaume de Jérusalem. Il quitta ce poste en 1248 et la baillie passa alors à Jean Fainon qui ne la garda qu'une année, car Jean d'Ibelin en fut à nouveau titulaire en 1249 et la conserva jusqu'en 1254, où il fut remplacé par son cousin et homonyme Jean d'Ibelin, comte de Jaffa et d'Ascalon mais aussi juriste et rédacteur des Assises de Jérusalem. Mais deux ans plus tard, en 1256, il fut nommé bailli pour la troisième fois et conserva cette charge jusqu'à sa mort[5].

En 1253, Jean d'Ibelin succéda à Henri Ier de Chypre comme régent au nom du roi absent Conrad II pendant quelques mois jusqu'en 1254, où il remet cet office à Plaisance d'Antioche, qui venait d'épouser son fils Balian[5]. En 1256, il fut de nouveau nommé régent pour le roi Conrad III, âgé de seulement quatre ans.

Comme son père, Jean d'Ibelin était érudit en Droit et il réutilisa certains des arguments juridiques que son père avait employés au cours de sa longue carrière. En , peu après être devenu bailli de Jérusalem pour la seconde fois pour le compte du régent Henri Ier de Chypre, Jean convoqua un conseil des hommes liges au palais de ses parents à Saint-Jean-d'Acre où il proposa que les tribunaux emploient des scribes pour conserver des archives écrites en français et que la Haute cour de Jérusalem fasse de même, en scellant ses archives dans un coffre fermé à clé, qui serait détenue par le régent ou son bailli ainsi que deux hommes liges élus. Ces réformes furent acceptées par les barons, mais la réforme de la cour bourgeoise fut promulguée en 1269, tandis que celle de la Haute cour fut reportée à 1286.

Septième croisade et défense du royaume de Jérusalem

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Alors que la septième croisade éloignait les soldats musulmans de Palestine, Jean d'Ibelin mena une expédition contre Bethsan au début de l'année 1250 lors de laquelle il dévasta un camp voisin et captura 16 000 animaux ainsi qu'un émir.

En 1252, il figura comme témoin pour la création de deux nouvelles portes dans le quartier des Hospitaliers à Saint-Jean-d'Acre ainsi que la création conjointe d'une nouvelle voie publique.

En 1257, il confirma un traité avec la ville d'Ancône, en Italie, dans il lequel il accordait des droits commerciaux à Saint-Jean-d'Acre en échange de l'aide de cinquante hommes d'armes pendant deux ans. Bien qu'Ancône fût alliée à la République de Gênes et que Jean cherchât, par ce traité, à rallier les feudataires, dont la plupart étaient de son côté, à soutenir Gênes contre Venise lors de la guerre de Saint-Sabas, son plan échoua et Jean de Jaffa et Jean II de Beyrouth fomentèrent un coup d'État pour nommer Plaisance d'Antioche— épouse désormais séparée de Balian, le fils de Jean — bailli au nom du régent Hugues II de Chypre. Jean accepta le coup d'État et se réconcilia avec Plaisance et Bohémond VI d'Antioche. Mais quand Plaisance fut de retour à Chypre, Jean fut de nouveau nommé régent.

En 1258, il négocia le traité entre les ordres militaires Hospitaliers, Templiers et Teutoniques qui régissait leurs relations.

La Chronique de du continuateur de Guillaume de Tyr indique que la mort de « Johan d'Ibelin sire d'Arsur, baillis du roiaume de Jherusalem » survient en l'année 1258, tandis que les Chroniques d'Amadi et de Strambaldi précise que « Joan de Iblim signor de Arsulf et baiulo del reame de Hierusalem » précise qu'elle a lieu en fin de cette année[2]..

C'est son unique fils survivant, Balian, qui lui succède en tant que seigneur d'Arsouf et des possessions familiales.

Pour ce qui est de ses fonctions au sein du royaume de Jérusalem, Geoffroy de Sergines le remplace comme bailli tandis que Guillaume II de Boutron lui succède comme connétable.

Mariage et enfants

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En 1236, il épousa Alix d'Haïfa, fille de Rohard II d'Haïfa, seigneur d'Haïfa, et de son épouse Aiglantine de Nephin, avec qui il eut[2],[3] :

  • Balian d'Ibelin (1239, † 1277), qui succède son père comme seigneur d'Arsouf ;
  • au moins un autre garçon, probablement mort jeune, une charte de Jean de indique qu'il a donné une propriété aux Hospitaliers avec le consentement de « sa femme et de ses fils » (« Johannes de Ibelino, dominus de Arsur, consensu uxoris Aeliz et filiorum… »)[6].

Références

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  1. Rüdt-Collenberg 1983, p. 140.
  2. a b et c Charles Cawley 2006-2025.
  3. a et b Étienne Pattou.
  4. Katharina Galor and all 2009, p. 4-27.
  5. a et b Emmanuel Guillaume-Rey 1869, p. 641.
  6. (la) Reinhold Röhricht, Regesta regni Hierosolymitani (MXCVII-MCCXCI), Libraria Academica Wagneriana, (disponible sur Internet Archive), p. 288 (n° 1100).

Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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  • (en) Charles Cawley, « Jean d'Ibelin, Lord of Arsur », sur Medieval Lands, Foundation for Medieval Genealogy, 2006-2025 (consulté le )
  • Étienne Pattou, « Famille d'Ibelin » [PDF], sur Racines et histoire (consulté le ).