Jean Curtius

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Jean Curtius

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Jean Curtius en 1607

Nom de naissance Jean de Corte
Alias
Curtius
Naissance 1551
Liège, LuikVlag.svg Principauté de Liège
Décès 12 juillet 1628
Liérganes (Cantabrie), Empire espagnol Empire espagnol
Nationalité Principautaire liégeois LuikVlag.svg
Pays de résidence LuikVlag.svg, Flag of Cross of Burgundy.svg
Profession industriel
Activité principale munitionnaire
Ascendants
Jacques de Corte et Helwy de Doerne
Conjoint
Pétronille de Brazz
Descendants
Pierre, Michel
Famille
3 frères

Jean De Corte dit Curtius (Liège, Principauté de Liège, 1551 - Liérganes, Empire espagnol, 12 juillet 1628) : industriel liégeois, il obtint le monopole de la fourniture de poudre pour les armées espagnoles, et réussit, grâce au commerce des armes et du salpêtre à accumuler une fortune considérable. Il est connu en Espagne sous le nom de Juan Curcio. Il fit bâtir au bord de la Meuse à Liège un palais monumental, la Maison Curtius, transformé depuis en musée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Jacques de Corte et d'Helwy de Doerne, Jean Curtius naît dans une famille aisée, il est le cadet de quatre frères. Il se marie avec Pétronille de Brazz, la fille d'un riche marchand, et hérite d’une importante fortune, dont le château de Waleffe près de Liège. Il est également possesseur ou seigneur de douze terres dont Tilleur, Hermée, Oupeye, Vivegnis.

Il possédait une mine de charbon et une fabrique de poudre à Chaudfontaine. C'est dans cette localité que le 19 août 1595, il achète un moulin, que l'on nomme depuis le Moulin de Curtius. Il y développe ses installations en construisant une muraille, en améliorant le canal et en élevant une casemate[1] à la manière d'un fort avec des douves. Il destine ce complexe à la fabrication de poudre à canon et le 24 mai 1605 il acquiert l'île de Ster formée par la Vesdre et son canal. Sur les bords de la Meuse, il construit d'autres moulins, des forges et des laminoirs. En 1608, il fait creuser l'areine Gersonfontaine[2] du côté de l'actuelle rue Lonhienne.

Ses affaires, comme « Commissionnaire général d'approvisionnements de guerre », durant les règnes de Philippe II et de Philippe III d'Espagne, lui procurent une fortune importante. Celle-ci lui permet d’acquérir les châteaux d'Oupeye et de Grand Aaz, ainsi que de bâtir, entre 1600 et 1610, à Liège sa propre demeure en style renaissance mosane et qui deviendra l'actuel musée Grand Curtius.

Fournisseur important des armées espagnoles, il est confronté à de graves problèmes économiques lorsque l'Espagne fait la paix avec ses deux puissants ennemis la France et l'Angleterre puis avec les Provinces-Unies lors de la Trêve de douze ans en 1609.

Après quelques contacts avec le Gouvernement espagnol, Curtius propose, en 1613, d'installer une forge en Espagne. Il se déplace en Biscaye afin de pouvoir y installer son industrie. Mais il est confronté aux refus du Seigneur de Biscaye avec qui il entre en procès durant de longues années.

Tenace, il cherche pour ses installations une autre localisation dans les montagnes du nord de l’Espagne où le travail du fer est une tradition. En 1617, il se fixe en Cantabrie et loue le Moulin de la Vega à Liérganes et réalise quelques travaux: il construit une forge et achète quelques terrains dans la localité et le fer de quelques forges des alentours. En 1618 il loue une maison et le Moulin de Arriba. Il fait travailler dans ses installations des fondeurs du Pays de Liège. Les dépenses importantes qu’il réalise et le rendement réduit de ses entreprises liégeoises, l’obligent à vendre ses droits d'exploitation des industries de Liérganes en 1628.

Le 12 juillet de la même année il meurt dans une auberge de Liérganes, auprès de son fils, Carme déchaux, nommé Frère Michel. Il est enterré dans l’église Saint-Pierre de Liérganes dans l’attente de pouvoir transférer son corps à l'église du couvent des Carmes déchaussés de Liège dont il était un des fondateurs. On ignore si cette dernière volonté fut exaucée.

Dans les années qui suivirent sa mort, la forge de Liérganes commença à prospérer, sous la direction de Jorge de Bande, puis devint une des principales fabriques d'artillerie de l'Empire espagnol : la Fabrique Royale d'Artillerie de La Cavada.

Galerie média[modifier | modifier le code]

Photographies
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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'où le nom de la « rue de la Casmaterie » dans cette localité.
  2. Théodore Gobert, op. cit., p. 284

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc Evrard, "Sur la commémoration du 350e anniversaire de la mort de Jean Curtius (1551-1628)", dans La vie liégeoise, no 11, novembre 1978, pp. 11-16., (OCLC 740228196)
  • Théodore Gobert, Eaux et fontaines publiques à Liége depuis la naissance de la ville jusqu’à nos jours, ..., 1910, 448 p., imprimerie de D. Cormaux, Liège, (OCLC 459433131)

Articles connexes[modifier | modifier le code]