Jean-Denis Barbié du Bocage

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Jean-Denis Barbié du Bocage
Jean Denis Barbie du Bocage AGE V12 1803.jpg
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Jean-Denis Barbié, dit Barbié du Bocage[1] , né le à Paris et mort dans cette ville le , est un géographe et cartographe français, doyen de la Faculté de lettres de Paris, membre de l'Institut.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille bourgeoise originaire de Normandie, orphelin d'un père architecte et graveur dès l'âge de 9 ans, il fit ses études au collège Mazarin et travailla quelque temps dans l'étude d'un procureur où l'avait dirigé sa mère qui le destinait au Barreau, avant de devenir, en 1777, l'unique élève de Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville (1697-1782), premier géographe du Roi, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres (1754) et de l'Académie des sciences (1773), qui le forma à la géographie. En 1786, Barbié du Bocage enrichit la mappemonde de M. d'Anville des nouvelles découvertes faites jusqu'à cette époque.

En 1780, âgé de 20 ans, il débuta, sous Louis XVI, comme attaché au ministère des affaires étrangères dirigé par Charles Gravier de Vergennes (1719-1787) puis, à partir de 1785, attaché au Cabinet des médailles de la Bibliothèque du roi alors dirigé par l'abbé Barthélémy, avant d'être chargé en 1792 de la partie géographie de la même bibliothèque, dont il fut chassé sous la Terreur, après avoir été emprisonné comme suspect le 2 septembre 1793.

Sous le Directoire, en 1797, il est nommé membre du conseil de géographie du bureau du cadastre du ministère de l'Intérieur. Sous le Consulat, en 1802, il est chargé au ministère de la guerre de divers travaux géographiques, dont la carte de Morée (Péloponnèse) pour Bonaparte, Premier consul qui l'aurait fait mettre sous le scellé afin d'en conserver seul l'usage. De 1803 à 1809, il fut ensuite géographe du ministère des Relations extérieures dirigé par Talleyrand jusqu'en 1807 dont il fut le chef du dépôt de géographie. En 1804, il dresse une Carte d'Europe pour l'instruction publique. En 1806, il établit la Carte de la principauté de Bénévent pour Talleyrand qui venait d'être titré par Napoléon prince de ce petit État enclavé dans le Royaume de Naples et confisqué au Pape.

Il fut en outre membre de l'Institut de France : sous le Premier Empire, il fut élu, le 7 novembre 1806 contre l’helléniste J. B. Gail, membre ordinaire de la Classe d'Histoire et de Littérature anciennes, en remplacement de l'abbé Louis-Pierre Anquetil-Duperron (1723-1806), historien. À cette occasion, Talleyrand, membre de la même Académie où Barbié du Bocage retrouve également Choisseul-Gouffier, salue la "justesse de son esprit" et "l'étendue de ses connaissances". L'Institut impérial des sciences, lettres et arts regroupe, à la fin de l'Empire, les principaux savants et artistes de l'époque. Au sein de la troisième classe (histoires et littérature anciennes), Barbié du Bocage siège ainsi, en 1810, aux côtés d'Ameilhon, François-Antoine de Boissy d'Anglas, Joseph Bonaparte, Brial, Champagne, Marie-Gabriel-Florent-Auguste de Choiseul-Gouffier, Clavier, Bon-Joseph Dacier (Secrétaire perpétuel depuis 1782), Pierre-Claude-François Daunou, Desales, Dupont, Gail, Garran de Coulon, Gaussin, Gérando, Ginguené, Gosselin, Grégoire, Louis-Matthieu Langlès, Lakanal, Lanjuinas, Laporte du Teil, Lebreton, Lebrun, Levesque, Mentelle, Mercier, Millin, Antoine Mongez, Pastoret, Petit-Radel, Pougens, Quatremère de Quincy, Charles-Frédéric Reinhard, Antoine-Isaac Silvestre de Sacy, Talleyrand, Toulongeon et Visconti.

En 1809, il devint le premier professeur de géographie ancienne et moderne de la Faculté de lettres de Paris, devenant doyen de la Sorbonne en 1815 à la suite de Pierre-Paul Royer-Collardet, siégeant au conseil académique de Paris en 1821. Il enseigna également à l'École normale.

Il a été fait chevalier de l'ordre royal de la Légion d'honneur le 19 octobre 1814, par Louis XVIII, sous la Première Restauration et est maintenu au sein de l'Institut royal, au moment de la Seconde Restauration, étant nommé membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres reconstituée par l'ordonnance royale du 21 mars 1816.

Membre de la Société d'émulation de Cambrai en 1803, il faisait également partie de plusieurs académies étrangères (Académie de Florence en 1807, Société royale de Goëttingue en 1808, Institut royale de Hollande en 1809, Académie ionienne en 1810, Académie royale de Prusse en 1811) et de la Société royale des antiquaires de France en 1819 qu'il présida en 1820 et 1824.

Il fut l'un des 217 fondateurs en 1821 de la Société de géographie qui "est instituée pour concourir aux progrès de la géographie; elle fait entreprendre des voyages dans les contrées inconnues; elle propose et décerne des prix; établit une correspondance avec les Sociétés savantes, les voyageurs et les géographes; publie des relations inédites ainsi que des ouvrages et fait graver des cartes". Il en présida la première réunion constitutive, en l'Hôtel de Ville de Paris, le 15 décembre 1821 et fut élu membre du bureau de la Commission centrale aux côtés de Conrad Malte-Brun, Alexandre de Humboldt, Jean-François Champollion et Cuvier. Son portrait orne encore le grand escalier de l'Hôtel de l'Industrie, sis 4 place Saint-Germain-des-Près à Paris, où la Commission de la Société de géographie tenait ses séances de quinzaine entre 1872 et 1878.

Spécialiste de la cartographie de l'Antiquité, il a coopéré à presque toutes les entreprises géographiques de quelque importance faites en son temps et rassembla une importante collection de cartes et de documents géographiques, bibliothèque de 1,200 ouvrages qui sera vendue, après sa mort, en mai 1826. Auteur d'un Précis de géographie ancienne, publié en 1811 à la suite de l'Abrégé de géographie de MM. Pinkerton et Waldkenaer, il est surtout connu par son bel Atlas du Voyage du jeune Anacharsis en Grèce (1788 et 1799) de l'abbé Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795) et par ses cartes, en 1782 (pour le 1er volume) et en 1824 (pour le 2e volume), du Voyage pittoresque en Grèce de Marie-Gabriel-Florent-Auguste Choiseul-Gouffier (1752-1817).

Il avait épousé, le 16 février 1792, Antoinette Marie Delahaye (1773-1857), fille de Guillaume-Nicolas Delahaye (1725-1802), premier graveur du Roi, lui-même filleul du célèbre cartographe Guillaume Delisle (1675-1726). Ils eurent quatre enfants dont Jean Guillaume Barbié du Bocage (1793-1843) et Alexandre Barbié du Bocage (1798-1835), qui embrassent, comme leur père, la carrière de géographe, tout comme leur petit-fils Victor Amédée Barbié du Bocage (1832-1890). Leur troisième fils, Isidore-Louis, fut docteur en médecine après avoir présenté thèse sur "l'éruption du sudamina" en 1828, et membre de la Société anatomique de Paris jusqu'à son décès en 1834. Leur fille, Marie-Adélaïde-Augustine, épousa Antoine Lemoine, professeur à l'École des ponts et chaussées..

Parmi leur descendance se trouvent, du côté de Guillaume, la famille Collin du Bocage, dont l'auteur dramatique Louis Verneuil (1893-1952), époux en premières noces de Lysiane Bernhardt, petite fille de Sarah Bernhardt, puis en secondes noces de Germaine Feydeau, fille de Georges Feydeau (1862-1921), et, du côté d'Alexandre, des alliances avec les familles de Preaulx, puis de la Tullaye.

La sœur de Jean-Denis, Marie Julie Barbié du Bocage (1766-1846), avait quant à elle épousé le 12 février 1792 à Paris, Jacques-Louis Bance (1761-1847) qui devient un graveur et marchand d'estampes réputé, leur fils, Balthazar Bance (1804-1862), fondant la Librairie centrale d'architecture en 1849, dont l'artiste peintre et graveur Albert Bance (1848-1899).

Barbié du Bocage fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise (11e division).

Source[modifier | modifier le code]

  • Hugues B. Maret, Une lettre de Talleyrand sur l'élection de Denis Barbié du Bocageà l'Institut en 1806, in: Journal des avants, juin 1928, p. 238-241 (www.persee.fr)
  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.
  • Jacques-Alphonse Mahul, Annuaire nécrologique, ou Supplément annuel et continuation de toutes les biographies ou dictionnaires historiques, 6e année, 1825, Paris : Ponthieu, 1826, p. 13-19 [1].
  • Philippe de la Renaudière, Éloge de M. Barbié du Bocage, lu lors de l'assemblée de la Société de géographie, le 1er décembre 1826.
  • Catalogue des livres de la bibliothèque de feu M. Barbié du Bocage, précédé d'une notice historique sur sa vie et ses ouvrages, Paris, 1826.
  • Louis Verneuil, Rideau à neuf heures (Souvenirs de Théâtre), Éditions des deux rives, Paris, 1945
  • Alexandre Cioranescu, Correspondance de Daniel Démétrius Philippidès et de J.-D. Barbié du Bocage (1794-1819), Institute for Balkan studies, 1965.
  • Dominique Lejeune, Les sociétés de géographie en France et l'expansion coloniale au XIXe siècle, Éditions Albin Michel, 1993.
  • Institut de France, Histoire des cinq académies, Perrin, 1995.
  • Frédéric Hitzel, Dictionnaire des orientalistes de langue française, Éditions Karthala, 2008.
  • Frédéric Barbier, Le rêve grec de Monsieur de Choiseul (Les voyages d'un européen des Lumières), Armand Colin, 2010.
  • François Huguet et Boris Noguès, "Les professeurs des facultés de lettres et sciences en France au XIXe siècle (1808-1880)", juin 2011 [2].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. on trouve aussi sur des documents d'époque son nom orthographié : Barbier du Bocage

Liens externes[modifier | modifier le code]