Isabella Stewart Gardner

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Isabella Stewart Gardner
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Isabella Stewart Gardner (1888), par John Singer Sargent.

Nom de naissance Isabella Stewart
Naissance
New York
Décès (à 84 ans)
Fenway Kenmore (Boston)
Activité principale
Collectionneuse d'art

Isabella Stewart Gardner (14 avril 184017 juillet 1924) est une collectionneuse d'art, philanthrope et mécène dont la collection est aujourd'hui exposée au musée Isabella Stewart Gardner à Boston dans le Massachusetts.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Isabella Stewart, fille de David et Adelia (Smith) Stewart, naît à New York le [1]. Son père est président de la Stewart Iron Compagny, une entreprise prospère qui marque la réussite du « rêve américain » pour cette famille d'origine écossaise[2] et sa mère descend d'une famille anglaise installée à Boston en 1650[1].

La jeune fille, surnommée « Belle », commence ses études dans une école privée pour jeunes filles, de New York, réservée aux enfants de l'élite bourgeoise américaine. Cette formation met notamment l'accent sur l'apprentissage des règles strictes du savoir vivre ainsi qu'un enseignement de la danse, du dessin et du français, toutes choses que doivent connaître les filles de bonne famille en Nouvelle-Angleterre[2] En 1856, à 16 ans elle va jusqu'en 1858 à Paris également dans une école privée où elle se lie d'amitié avec Julia Gardner[1]. Dès cette époque la jeune Isabella fait preuve d'une indépendance d'esprit qui lui permet d'avoir un comportement pas toujours en adéquation avec les règles enseignées[2].

Vie de famille[modifier | modifier le code]

En 1860, Isabella a 20 ans, lorsqu'à lieu la cérémonie de ses fiançailles avec, le frère ainé de son amie, le jeune John Lowell, surnommé « Jack », Gardner (21 ans), fils de John L. et Catharine E. (Peabody) Gardner de Boston. Le grand-père de Jack Gardner était un important armateur de Salem, Joseph Peabody, qui fit fortune en important du poivre de Sumatra et l'un des hommes les plus riches des États-Unis au moment de sa mort en 1844[3]. Ce projet de mariage, avec un riche héritier diplômé de Harvard, n'obtient l'accord de son père qu'à la condition qu'elle conserve une indépendance du fait d'une sécurité financière, ce qui n'était pas prévu par les lois. Pour cela il obtient de Jack, qu'un fonds soit créé au nom de sa fille, bien que géré par son mari, et il achète pour Isabella un terrain pour qu'elle y édifie sa maison. Le mariage est célébré le à New York[1],[2].

Le couple s'installe à Boston, au 152 Beacon Street. La maison, construite suivant les directives d'Isabella, en pierre avec une tour, est considérée comme étrange par les habitants. La jeune femme appelée maintenant « Mrs. Jack » est solitaire car son origine new-yorkaise et ses goûts originaux la marginalise au sein de la bonne société de Boston. La naissance d'un garçon en 1863 n'est qu'un moment de bonheur éphémère car il meurt d'une pneumonie en 1865 et une deuxième grossesse se termine par une fausse couche dont les conséquences vont affectées durablement la santé physique et psychologique de la jeune femme qui, « sans doute », ne peut plus avoir d'enfants[2]. Pour soigner sa dépression un médecin suggère qu'elle s'éloigne de Boston pour quitter cet environnement défavorable à son rétablissement[4].

Voyages et vie mondaine[modifier | modifier le code]

De son vivant, elle est affublée de nombreux surnom dans la presse de Boston, dont « Belle », « Donna Isabella », « Isabella of Boston » ou encore « Mrs. Jack ». Isabella attire l'attention des tabloïds de l'époque en raison de ses goûts et certaines excentricités. On rapporte par exemple, qu'elle-même et son mari ayant manqué leur train pour se rendre à un évènement mondain, elle persuade la compagnie ferroviaire de mettre un train à leur disposition. En 1912, elle se rend à un concert (qui était alors un évènement très formel à Boston), ceignant son front d'un bandeau portant, en lettres rouges, l'inscription « Oh, you Red Sox » dont on rapporte qu'il cause alors « pratiquement la panique », et restera dans les mémoires bostonienne comme l'une de ses excentricités les plus remarquées[5].

Après la mort de son mari, en 1898, Isabella commence à travailler à la réalisation de son musée. Achevé en 1903, le musée est baptisé Fenway Court. Il est construit sur une ancienne zone marécageuse de Boston nommée Fenway. Réalisé dans le style Renaissance des palais vénitiens, il a été dessiné par Willard Thomas Sears, selon les directives d'Isabella afin d'y présenter dans les meilleures conditions les œuvres d'art collectionnées avec son mari au cours du temps. Le bâtiment entoure un jardin intérieur couvert d'une verrière. Les trois premiers niveaux sont destinés à accueillir les galeries. Le quatrième est destiné au logement d'Isabella Gardner, qui y vivra jusqu'à sa mort en 1924, et qui accueille aujourd'hui l'administration du musée. Madame Gardner a insisté pour que les galeries soient conçues comme un palais et non pas comme un musée. Elle les utilise d'ailleurs comme telles, ne les ouvrant au public qu'une vingtaine de jours par an pendant les premières années qui suivent la construction.

Mort[modifier | modifier le code]

Elle meurt à Fenway Court à l'âge de 84 ans et repose dans le caveau de la famille Gardner au Mount Auburn Cemetery à Cambridge. Elle fut l'amie de nombreux artistes et écrivains, dont John Singer Sargent, James McNeill Whistler, Anders Zorn, Henry James, Okakura Kakuzo et Frank Marion Crawford.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) « À propos d'Isabella Stewart Gardner », sur Musée Isabella Stewart Gardner,‎ (consulté le 30 décembre 2015).
  2. a, b, c, d et e Julie Verlaine, 2013, p. 40
  3. Louise Hall Tharp, 1965
  4. Julie Verlaine, 2013, p. 41
  5. Louise Hall Tharp, 1965, p. 290

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Louise Hall Tharp, Mrs. Jack : A Biography of Isabella Stewart Gardner, Boston, Little, Brown, , 365 p. (ISBN 9780914660194, OCLC 223999)
  • (en) Patricia Vigderman, The Memory Palace of Isabella Stewart Gardner, Louisville, Ky. : Sarabande Books, (ISBN 978-1-932511-43-7)
  • Julie Verlaine, « Isabella Stewart Gardner (1840-1924) : Fille de la révolution industrielle », dans Femmes collectionneuses d'art et mécènes : de 1880 à nos jours, Éditions Hazan, , 287 p. (ISBN 9782754106122), Femmes d'intérieur : De la décoration à la collection, 1880-1905, p. 40-51

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Liens externes[modifier | modifier le code]