Idéologie californienne

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L'idéologie californienne (The Californian Ideology) est une critique du néolibéralisme dotcom faite par Richard Barbrook (en) et Andy Cameron[1], théoriciens des médias de l'université de Westminster[2]. La critique affirme que la montée des technologies de réseau informatique dans la Silicon Valley au cours des années 1990 est liée au néolibéralisme américain et est le résultat d'une hybridation paradoxale entre la gauche et la droite politique en une forme de déterminisme technologique optimiste, ayant créé une forme de technolibertarianisme (en)[3].

L'essai fondateur de la critique a été publié en 1995 dans le magazine Mute (en). Il a été diffusé plus tard par la liste de diffusion nettime (en). Une version peaufinée a été publiée dans Science as Culture en 1996. Depuis, la critique a été révisée à plusieurs reprises et a été formulée dans plusieurs langues[2], dont le français[4].

Critique[modifier | modifier le code]

« Cette nouvelle foi a émergé d'une étrange fusion entre la culture bohémienne de San Francisco et les industries de haute technologie de la Silicon Valley [...] l'idéologie californienne combine l'esprit d'indépendance des hippies et le zèle entrepreneurial des yuppies[trad 1]. »

— Richard Barbrook et Andy Cameron, The Californian Ideology: Revised SaC Version[5]

Au cours des années 1990, des entrepreneurs (en) de la Silicon Valley faisaient la promotion d'une idéologie combinant les idées de Marshall McLuhan avec des éléments de libertarianisme et d'économie néolibérale. Certaines publications telles Wired ont véhiculé ces idées.

Par la suite, cette idéologie a été influencée par les éléments de Nouvelle gauche et Nouvelle droite (en) américaines favorables à l'antiétatisme, la contre-culture des années 1960 et utopisme technologique (en)[6],[7].

Réception[modifier | modifier le code]

Andrew Leonard (en) de Salon.com a qualifié l’œuvre de Barbrook et Cameron comme « l'une des critiques les plus approfondies jamais publiée de l'« hypstérisme » numérique néo-conservateur[trad 2]. »[8]. Louis Rossetto (en), ancien éditeur de Wired, a fortement dénoncé l’œuvre, qu'il qualifie de « rétention anale affective d'analyses sociales et économiques erronées du 19e siècle[trad 3]. »[9]

Bien que généralement en accord avec la thèse principale de Barbrook et Cameron, David Hudson de Rewired remet en question leur portrait de la position et l'influence du magazine Wired sur l'industrie. « Ce que Barbrook dit entre les lignes c'est que les gens ayant les rênes du pouvoir de l'univers numérique [...] sont guidés par une construction philosophique complètement biaisée[trad 4]. »[10]. Hudson soutien qu'il n'existe pas une, mais une multitude d'idéologies dans le domaine[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « The Californian Ideology » (voir la liste des auteurs).

  1. (en) « This new faith has emerged from a bizarre fusion of the cultural bohemianism of San Francisco with the hi-tech industries of Silicon Valley...the Californian Ideology promiscuously combines the free-wheeling spirit of the hippies and the entrepreneurial zeal of the yuppies. »
  2. (en) « one of the most penetrating critiques of neo-conservative digital hypesterism yet published. »
  3. (en) « anal retentive attachment to failed 19th century social and economic analysis. »
  4. (en) « What Barbrook is saying between the lines is that the people with their hands on the reins of power in all of the wired world...are guided by an utterly skewed philosophical construct. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Patrick Burgoyne, « Andy Cameron »,‎
  2. a et b (en) Richard Barbrook, « Imaginary Futures: Other Works »,‎
  3. Hubert Guillaud, « Le problème de la gauche avec internet », sur http://internetactu.blog.lemonde.fr,‎
  4. Richard Barbrook et Andy Cameron (traduction : Pierre Blouin), « L'idéologie californienne »,‎
  5. Barbrook et Cameron 2000, p. 173.
  6. Ouellet 2010.
  7. May 2002.
  8. (en) Andrew Leonard, « The Cybercommunist Manifesto », Salon.com,‎
  9. (en) Louis Rossetto, « 19th Century Nostrums are not Solutions to 21st Century Problems », Mute, vol. 1, no 4,‎ (lire en ligne)
  10. a et b Hudson 1996

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Richard Barbrook, Imaginary Futures : From Thinking Machines to the Global Village, Pluto,‎ , 334 p. (ISBN 0-7453-2660-9, présentation en ligne)
  • (en) Richard Barbrook et Andy Cameron, The Californian Ideology : Revised SaC Version, Borsook,‎ (lire en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) David Hudson, « The Other Californians », Rewired: Journal of a Strained Net,‎ (lire en ligne)
  • (en) Christopher May, The Information Society : A Sceptical View, Wiley-Blackwell,‎ (ISBN 0745626858) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Maxime Ouellet, Cultural Political Economy : From the global panopticon to a 'brand' new world, Jacqueline Best et Matthew Paterson, Taylor & Francis,‎ (ISBN 0-415-48932-6), « Cybernetic capitalism and the global information society » Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]