Herstatt

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Herstatt (2010)

Herstatt est le nom d'une banque allemande, disparue en 1974, dont la faillite a causé une grave crise sur marché des changes. On l'utilise pour désigner le risque de règlement/livraison, c'est-à-dire celui d'une asymétrie dans le dénouement d'opérations interbancaires.

Le , les autorités bancaires allemandes ordonnèrent la cessation des activités de la banque à la fin de la journée en Allemagne. Mais, dans les opérations de change de Herstatt, si les paiements et encaissements concernant les devises européennes avaient bien été effectués, ceux concernant le dollar n'avaient pas encore eu lieu.

En conséquence, les contreparties de la banque sur le marché des changes et leurs correspondants aux États-Unis se retrouvèrent avec des créances en blanc, c’est-à-dire sans garanties, sur un établissement en cessation de paiements. Le système des paiements interbancaires de New York cessa de fonctionner pendant plusieurs jours.

Heureusement, Herstatt était une petite banque. Néanmoins, cette affaire a montré au grand jour qu'un risque systémique existait sur le marché des changes et a frappé durablement les esprits aussi bien dans les établissements bancaires que chez leurs régulateurs. On lui doit toute une série de mesures de sécurisation du dénouement des opérations interbancaires en général, qui a permis le fantastique développement des marchés financiers dans les années 1980.

Ces nouvelles normes de sécurisation et de prévention du risque systémique sont édictées par le comité de Bâle, regroupant les banques du G10 (Allemagne, France, Espagne, États-Unis, Royaume-Uni, Belgique, Luxembourg, Pays-bas, Italie, Suisse, Suède, Canada et Japon). Faisant suite à de premiers accords, dits accords de Bâle I (1988), les accords dits de Bâle II (2004) imposent aux établissements bancaires la mise en place d'un nouveau ratio dénommé ratio McDonough (du nom du président du comité de Bâle au moment des accords), à la place du ratio Cooke. Ce dernier était limité puisqu'il ne prenait en compte que le risque de crédit (appelé aussi risque de contrepartie). Le nouveau ratio Mac Donough, s'il conserve le principe d'une couverture des risques par 8 % de fonds propres, tient compte du risque de crédit, du risque opérationnel et du risque de marché.