He Jiankui

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He Jiankui
He Jiankui (cropped).jpg
Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
贺建奎Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
He Jiankui
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Southern University of Science and Technology (en) ( - )Voir et modifier les données sur Wikidata
Directeur de thèse
Michael W. Deem (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Influencé par
Stephen Quake (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Thousand Talents Program (en)
Nature's 10 (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

He Jiankui (([ˈxɤ̂ ˌtɕjɛ̂nkʰwěi]; Chinese: 贺建奎; né en 1984) est un chercheur chinois en biophysique qui a été professeur associé au département de biologie de l'Université des sciences et de la technologie du Sud à Shenzhen, en Chine.

Il est devenu largement connu en novembre 2018 après avoir prétendu avoir créé les premiers bébés humains modifiés génétiquement sous les pseudonymes, Lulu et Nana.

Biographie[modifier | modifier le code]

Spécialisé dans l’édition du génome, il effectue sa thèse de doctorat à l’Université Rice à Houston au Texas, sur le sujet de Crispr-Cas9. Il poursuit son post-doctorat à l'Université de Stanford en Californie avant de retourner en Chine, en 2012. Outre son poste à l’université de Shenzhen, il a créé plusieurs sociétés de biotechnologie visant un séquençage rapide du génome[1].

Expérience de modification génétique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Controverse autour de Lulu et Nana.

Bébés génétiquement modifiés[modifier | modifier le code]

À la veille de l'ouverture du Sommet international de l'édition du génome humain à Hong Kong, le 27 novembre 2018, He Jankui met en ligne une vidéo où il annonce la naissance des premiers bébés génétiquement modifiés en utilisant la technique d'édition génétique CRISPR-Cas9[2], appelé également "ciseau génétique". Il affirme avoir utilisé cette technique sur les embryons (conçus par FIV) afin de les protéger d'une infection par le VIH, sur un couple sérodifférent (l'homme étant séropositif tandis que la femme est séronégative)[3].

L'annonce est relayée par l'agence AP, qui précise n’avoir pas été en mesure de vérifier indépendamment la réalité de ces naissances et qu'aucune publication scientifique détaillant le protocole expérimental utilisé n’accompagne cette annonce[4].

Réactions à l'annonce de l'expérience[modifier | modifier le code]

Cette expérimentation auto-proclamée suscite rapidement de nombreuses réserves de la communauté scientifique sur le plan scientifique mais également sur le plan éthique. En effet, la modification du gène ne s'inscrit pas dans une logique thérapeutique, mais seulement préventive. En France, ce type d'expérience est interdit par la convention d'Oviedo.

L’Université de Shenzhen déclare rapidement ne pas avoir été avertie et se dit "profondément choquée" par ce travail qu'elle considère comme "une sérieuse violation des normes et de l'éthique académiques" et met en place une commission en charge d'enquêter sur cet incident. Elle déclare également qu'il était en congé sans solde depuis février 2018 et que ses recherches avaient été menées à l'extérieur de leur campus.

Depuis son annonce, il vit en résidence surveillée sur le campus de l’université de Shenzhen[5].

Une enquête des autorités chinoises est également menée qui confirment l'existence des deux jumelles génétiquement modifiées par CRISPR-Cas9 et révèlent l'existence d'une deuxième grossesse en cours[6].

Suite à cette affaire, la Chine ne disposant pas de loi propre dans ce domaine des modifications génétiques, le gouvernement a rédigé une nouvelle réglementation afin de superviser la recherche génétique, prévoyant des sanctions financières et la confiscation des travaux[7].

Malgré la controverse, il a intégré le classement des 10 personnalités scientifiques de l'année 2018 de la revue Nature[8].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hervé Morin, « Bébés génétiquement modifiés : la chute de He Jiankui, « Frankenstein » chinois », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. Hugo Jalinière, « Un scientifique chinois annonce la naissance des premiers bébés génétiquement modifiés », Sciences et Avenir,‎ (lire en ligne)
  3. (en) Jon Cohen, « Ethics aside, does the CRISPR baby experiment make scientific sense? », Sciencemag,‎ (lire en ligne)
  4. (en) Marilynn Marchione, « Chinese researcher claims first gene-edited babies », Agence AP,‎ (lire en ligne)
  5. « Bébés génétiquement modifiés : He Jiankui risque la peine de mort », Genethique.org,‎ (lire en ligne)
  6. Anthony Wallace, « Bébés CRISPR : l'enquête révèle les dessous du scandale », Science et Avenir,‎ (lire en ligne)
  7. « Bébés OGM : la Chine prépare des sanctions contre les savants « fous » », Le Quotidien (Luxembourg),‎ (lire en ligne)
  8. Hugo Jalinière, « Bébés CRISPR : mais où est donc He Jiankui ? », Science et Vie,‎ (lire en ligne)