Gérard Lattier
| Naissance | |
|---|---|
| Nom de naissance |
Gérard Lattier |
| Nationalité |
française |
| Activité |
Peintre, conteur, écrivain |
| Mouvement |
Art singulier |
Gérard Lattier, né le 15 novembre 1937 à Nîmes, est un peintre, conteur et écrivain français. Son œuvre, développée depuis les années 1960, se caractérise par une peinture narrative inspirée des traditions populaires, de la mémoire rurale, des récits bibliques et de la culture occitane[1].
Son travail est conservé à la Collection de l'Art Brut de Lausanne ainsi que dans plusieurs collections publiques françaises[2],[3].
Biographie
[modifier | modifier le code]Gérard Lattier naît à Nîmes le 15 novembre 1937[4],[5]. Son père meurt lors d'un bombardement allié en 1944[6],[7].
Après des études au collège technique, il est employé comme dessinateur par la ville de Nîmes[8],[9],[10]. Refusant de participer à la guerre d'Algérie, il est condamné à une peine de prison à l'âge de vingt ans puis fait un long séjour en hôpital psychiatrique militaire, où il commence à peindre[11],[12],[13].
Ses premières œuvres, réalisées à la fin des années 1950 et au début des années 1960, développent un univers de figures monstrueuses, de squelettes et de visions fantastiques, période que l'artiste désigne lui-même comme sa « période sombre »[14],[15].
En 1965, une cécité temporaire l'oblige à interrompre son activité artistique. À son retour à la peinture, il abandonne l'huile, l'encre de Chine et l'eau-forte au profit de la gouache, tournant qui coïncide avec une place croissante donnée au récit et au texte manuscrit dans son œuvre[16],[17].
Installé entre le Gard et l'Ardèche, Gérard Lattier peint des récits inspirés des légendes locales, des traditions occitanes et de la mémoire des territoires qu'il fréquente. Il réalise des œuvres de grand format composées de plusieurs panneaux et accompagne régulièrement ses expositions de récits oraux[18],[12].
Œuvre
[modifier | modifier le code]L'œuvre de Gérard Lattier associe image et texte manuscrit. Inspiré par les traditions orales, les légendes occitanes et les textes bibliques, il développe à partir du milieu des années 1960 un langage pictural dans lequel chaque tableau constitue un récit autonome[19],[20],[21].
Ses compositions se distinguent par une perspective libre, une multiplication des scènes simultanées et des commentaires manuscrits intégrés à l'image[22],[23].
Les paysages du Gard et de l'Ardèche, les traditions rurales, les croyances populaires, les faits divers, la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et les récits bibliques constituent les principales sources d'inspiration de son œuvre[24],[23].
Période sombre
[modifier | modifier le code]Les œuvres réalisées entre la fin des années 1950 et le milieu des années 1960 sont désignées par l'artiste comme sa « période sombre », marquées par son internement psychiatrique militaire[25].
Cette période a fait l'objet d'une exposition, Période sombre, organisée en 2013 par les éditions Le Dernier Cri à Marseille, accompagnée d'une publication du même titre[26].
Les grands récits
[modifier | modifier le code]À partir de la seconde moitié des années 1960, Gérard Lattier développe une peinture fondée sur le récit, associant personnages, animaux, paysages et inscriptions manuscrites dans des compositions de grand format[27],[22].
La Bête
[modifier | modifier le code]Entre 1989 et 1993, Gérard Lattier consacre un cycle de peintures à l'histoire de la Bête du Gévaudan, donnant lieu à la publication en 1996 de La Bête : une histoire de la Bête du Gévaudan racontée et peinte par Gérard Lattier[28].
L'Évangile selon saint Lattier
[modifier | modifier le code]Réalisé entre 2006 et 2009, L'Évangile selon saint Lattier comprend soixante-dix-huit peintures inspirées des Évangiles, transposées dans un univers nourri des paysages et traditions du sud de la France[29],[30].
Réception critique
[modifier | modifier le code]L'œuvre de Gérard Lattier est généralement rattachée au courant de l'art singulier, certains auteurs la rapprochant également de l'art brut en raison de son indépendance vis-à-vis des formations artistiques académiques[31],[23].
Dans Raw Vision, Sarah Lombardi décrit Gérard Lattier comme un conteur dont les peintures associent texte et image pour transmettre des histoires issues de la mémoire populaire et de l'expérience personnelle[20].
Les auteurs du Jardin des malices relèvent l'importance de la tradition orale dans son travail ainsi que la place occupée par les paysages du Gard et de l'Ardèche[23].
La Collection de l'Art Brut relève que son œuvre mêle souvenirs personnels, récits historiques, croyances populaires et épisodes bibliques, les inscriptions manuscrites jouant un rôle dans la lecture des images[32].
Expositions principales
[modifier | modifier le code]Expositions personnelles
[modifier | modifier le code]- 1982 : Gérard Lattier ou la mémoire en couleurs, Collection de l'Art Brut, Lausanne[33].
- 1986 : Gérard Lattier, Galerie des Arènes et galerie de la Salamandre, Nîmes (16 octobre - 30 novembre 1986), exposition organisée par l'Association Carré d'Art et la Ville de Nîmes[34].
- 1987 : Lattier, peintre et conteur, galerie Cérès Franco, Paris[35].
- 2013 : Période sombre, Le Dernier Cri, Friche la Belle de Mai, Marseille[26].
- 2022 : Le Voyage en Ardèche, galerie Mirabilia (Lagorce), musée des Vans et médiathèque de Ruoms[36],[37].
- 2022 : Gérard Lattier, musée d'Art brut, Montpellier[38].
- 2024-2025 : Gérard Lattier, mythologies ardéchoises, Château d'Aubenas (commissariat : Reno Leplat-Torti)[39].
- 2025-2026 : L'Évangile illustré de Gérard Lattier, Musée d'Art sacré du Gard, Pont-Saint-Esprit[40].
Expositions collectives
[modifier | modifier le code]- 1995 : Art brut et compagnie, Halle Saint-Pierre, Paris[41].
- 2013 : HEY! Modern Art & Pop Culture Part II, Halle Saint-Pierre, Paris[42].
- 2020 : Mondo Dernier Cri - Une internationale sérigrafike, Musée international des arts modestes, Sète[43].
Publications
[modifier | modifier le code]- Gérard Lattier [catalogue d'exposition, Nîmes, Galerie des Arènes et La Salamandre, 16 octobre - 30 novembre 1986], préf. Bernard Durand, Nîmes, Association Carré d'Art / Ville de Nîmes, 1986. N.p., ill. n.b., 29 cm (pas d'ISBN).
- Lattier ou « la mémoire en couleurs », Éditions de Candide, Lavilledieu, 1991.
- De l'imaginaire au Petit Musée du Bizarre, Éditions de Candide, Lavilledieu, 1993. (ISBN 978-2-904877-34-6)[44]
- La Bête : une histoire de la Bête du Gévaudan racontée et peinte par Gérard Lattier, Éditions de Candide, Lavilledieu, 1996[45].
- Correspondances, avec Clovis Trouille, Arles, Actes Sud / Cercle d'art contemporain du Cailar, 2004. (ISBN 978-2-7427-4934-8)[46]
- Le Voyage en peinture, Vals-les-Bains, Éditions du Chassel, 2004. (ISBN 978-2-9509918-5-0)
- L'Évangile selon saint Lattier, avec Jacques Poujoulat (photographies), Lagorce, L'Ilbie / Éditions du Chassel, 2010. (ISBN 978-2-9509918-7-4)
- Période sombre, Le Dernier Cri, Marseille, 2013.
- La Petite Sorcière, Apeiron, 2018. (ISBN 978-2-919440-63-4)[45]
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Michel Bernié-Boissard, Alain Boissard et Jean-Marie Velay, Le Jardin des malices : Gérard Lattier, Nîmes, Alcide, 2009. (ISBN 978-2-917743-08-5[à vérifier : ISBN invalide])
- Sarah Lombardi, « Gérard Lattier: Storyteller of Human Destinies », Raw Vision, n° 86, hiver 2015.
- Reno Leplat-Torti et Sarah Lucide, « Gérard Lattier e Leonardo Peña: parallelismi imprevisti », ''Osservatorio Outsider Art'', n° 30, 2025.
Collections publiques
[modifier | modifier le code]Des œuvres de Gérard Lattier sont conservées dans plusieurs collections publiques françaises et étrangères, notamment à la Collection de l'Art Brut à Lausanne, au FRAC Occitanie Montpellier et au Musée laïque d'Art sacré du Gard à Pont-Saint-Esprit[47],[48],[40]. Ses œuvres figurent également à la Casey Gould Gallery/Folk Art International de New York[21].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Gérard Lattier », sur Collection de l'Art Brut (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur Collection de l'Art Brut (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur FRAC Occitanie Montpellier (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur Collection de l'Art Brut (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur ArtsHebdoMédias (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur Collection de l'Art Brut (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur ArtsHebdoMédias (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur Collection de l'Art Brut (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur Collection Cérès Franco (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur Aralya, Musée d'Art Brut de Montpellier (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur Collection de l'Art Brut (consulté le )
- 1 2 « LATTIER Gérard », sur Artistes d'Occitanie (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur ArtsHebdoMédias (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur Collection de l'Art Brut (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur ArtsHebdoMédias (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur Collection de l'Art Brut (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur ArtsHebdoMédias (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur Collection de l'Art Brut (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur Collection de l'Art Brut (consulté le )
- 1 2 Sarah Lombardi, « Gérard Lattier: Storyteller of Human Destinies », Raw Vision, n° 86, hiver 2015.
- 1 2 « Gérard Lattier, Hommage au Facteur Cheval », sur Le Palais idéal du Facteur Cheval (consulté le )
- 1 2 Sarah Lombardi, Raw Vision, n° 86, hiver 2015.
- 1 2 3 4 Michel Bernié-Boissard, Alain Boissard et Jean-Marie Velay, Le Jardin des malices : Gérard Lattier, Alcide, 2009.
- ↑ « Gérard Lattier », sur Collection de l'Art Brut (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur Collection de l'Art Brut (consulté le )
- 1 2 « Gérard Lattier », sur Le Dernier Cri (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur Collection de l'Art Brut (consulté le )
- ↑ Gérard Lattier, La Bête, Éditions de Candide, 1996.
- ↑ Gérard Lattier et Jacques Poujoulat, L'Évangile selon saint Lattier, Éditions du Chassel, 2010.
- ↑ « Gérard Lattier », sur Artistes Occitanie (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur Collection de l'Art Brut (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur Collection de l'Art Brut (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur Collection de l'Art Brut (consulté le )
- ↑ Gérard Lattier [catalogue d'exposition, Nîmes, Galerie des Arènes et La Salamandre, 16 octobre - 30 novembre 1986], préf. Bernard Durand, Nîmes, Association Carré d'Art / Ville de Nîmes, 1986.
- ↑ « Gérard Lattier », sur Collection Cérès Franco (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur Galerie Mirabilia (consulté le )
- ↑ « Médiathèque municipale », sur Mairie de Ruoms (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », Musée d'Art brut de Montpellier (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier, mythologies ardéchoises », sur Le Château d'Aubenas (consulté le )
- 1 2 « Musée laïque d'Art sacré du Gard » (consulté le )
- ↑ Art brut et compagnie, Halle Saint-Pierre,
- ↑ « Archives des expositions », sur Halle Saint-Pierre (consulté le )
- ↑ « Mondo Dernier Cri », sur MIAM (consulté le )
- ↑ « De l'imaginaire au Petit musée du bizarre », sur BnF Catalogue général (consulté le )
- 1 2 « Lattier, Gérard (1937-....) », sur BnF Catalogue général (consulté le )
- ↑ « Correspondances », sur AbeBooks (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur Collection de l'Art Brut (consulté le )
- ↑ « Gérard Lattier », sur FRAC Occitanie Montpellier (consulté le )