Fort de Kœnigsmacker

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Fort de Kœnigsmacker
Feste Königsmachern
Illustration du fort.
Description
Ceinture fortifiée ceinture fortifiée de Thionville
Type d’ouvrage fort de type von Biehler
Dates de construction 1908-1914
Dates de modernisation
Garnison 1 180 hommes
Armement 4 pièces d’artillerie
(4 x 100 mm)
Usage actuel désaffecté
Protection néant
Coordonnées 49° 22′ 47″ nord, 6° 15′ 28″ est
Géolocalisation sur la carte : Moselle
(Voir situation sur carte : Moselle)
Fort de Kœnigsmacker
Géolocalisation sur la carte : Lorraine
(Voir situation sur carte : Lorraine)
Fort de Kœnigsmacker
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Fort de Kœnigsmacker

Le fort de Kœnigsmacker sur la commune du même nom dans le département français de la Moselle a été construit entre 1908 et 1914 par les Allemands, pendant l'annexion de la Moselle.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Construit au début du XXe siècle, le fort faisait partie d’un programme de fortifications plus vaste, appelé Moselstellung et englobant des forteresses disséminées entre Thionville et Metz, dans la vallée de la Moselle. L’objectif de l’Allemagne était de se protéger contre une attaque française visant à reprendre le Reichsland Elsaß-Lothringen, soit l’Alsace et la Moselle, à l’Empire allemand. À partir de 1899, le plan Schlieffen de l’état-major allemand conçut les fortifications de la Moselstellung, entre Metz et Thionville, comme un verrou destiné à bloquer l’avance éventuelle des troupes françaises en cas de conflit[1]. Ce concept de ligne fortifiée sur la Moselle constituait une innovation significative par rapport au système Séré de Rivières développé par les Français. Il inspira plus tard les ingénieurs de la ligne Maginot[2].

Construction et aménagements[modifier | modifier le code]

Le groupe fortifié pouvait abriter trois compagnies d’infanterie et comprenait une batterie de quatre canons longs de calibre 100 mm. Sa mission principale était, avec le fort d'Illange, de couvrir le fort de Guentrange qui protégeait la ville de Thionville.

Affectations successives[modifier | modifier le code]

À partir de 1890, la relève dans les forts est assurée par les troupes du XVIe Corps d'Armée stationnées à Metz et à Thionville. En 1919, le fort est de nouveau occupé par l’armée française. Le fort de Kœnigsmacker fut intégré dans le secteur fortifié de Thionville de la ligne Maginot dans les années 1930.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale le fort est occupé par l’armée allemande. Le 74e Volksgrenadier-Regiment de la 19e Volksgrenadier-Division y est affecté en 1944. Le 9 novembre 1944, pas moins de 1 299 bombardiers lourds B-17 et B-24 déversent 3 753 tonnes de bombes, de 1 000 à 2 000 livres, sur les ouvrages fortifiés et les points stratégiques situés dans la zone de combat de la IIIe armée[3]. La plupart des bombardiers ayant largué leurs bombes sans visibilité, à plus de 20 000 pieds, les objectifs militaires ont souvent été manqués. À Metz, les 689 chargements de bombes destinés à frapper sept forts désignés comme des cibles prioritaires, ne firent que des dégâts collatéraux. À Thionville et à Sarrebruck, le résultat est aussi peu concluant, prouvant une fois de plus l'inadéquation des bombardements massifs sur des objectifs militaires[4].

Le fort de Kœnigsmacker fut attaqué à l'aube du par un bataillon du 358e régiment de la 90e division d'infanterie, de la troisième armée des États-Unis. La bataille dura trois jours. Les Américains, à l'aide d'explosifs, réussirent la capture des casemates après avoir déversé de l'essence dans les conduits d'aération de la fortification. 111 soldats américains périrent durant ces combats.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Donnell Clayton, The German Fortress of Metz: 1870-1944, Oxford, Osprey, , p. 24.
  2. (en) Donnell Clayton, op. cit., p. 10-13.
  3. Général Jean Colin, Contribution à l’histoire de la libération de la ville de Metz ; Les combats du fort Driant (septembre-décembre 1944), Académie nationale de Metz, 1963, p. 13.
  4. Hugh M. Cole : The Lorraine Campaign, Center of Military History, Washington, 1950 (p. 424)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]