Fort de Queuleu

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Fort de Queuleu
Fort Geoben/Feste Goeben
Entrée du fort de Queuleu.
Entrée du fort de Queuleu.
Description
Ceinture fortifiée première ceinture fortifiée de Metz
Type d’ouvrage fort de type Séré de Rivières
Dates de construction 1868-1870
Dates de modernisation 1872-1890
Garnison 2 000 hommes
Armement 122 pièces d’artillerie
Usage actuel Lieu de mémoire
Mémorial de la résistance et de la déportation
Zone de loisir
Parcours de santé
Protection Inscription (arrêté du 13 février 1970)[1]
Coordonnées 49° 05′ 44,23″ nord, 6° 12′ 15,48″ est

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Fort de Queuleu

Le fort de Queuleu, ou fort Goeben[note 1], est un fort militaire de la première ceinture fortifiée de Metz, construit entre 1868 et 1870. Il bénéficie de renforcements importants à partir de 1889 et sert de camp d’internement nazi durant la Seconde Guerre mondiale.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le fort de Queuleu[2] est situé au sud-est de Metz, sur le contrefort compris entre le ruisseau de la Cheneau et la vallée de la Seille. Le flanc droit du fort couvre la vallée de la Seille jusque Augny, son flanc gauche surveille le plateau de Borny jusqu’à Colombey. Les vues vers le sud sont bornées par les hauteurs de la Haute-Bevoie et Mercy-lès-Metz, qui le dominent et lui dissimulent la ligne de chemin de fer de Strasbourg. Le fort est conçu dans l’esprit des « forts détachés », concept développé par le lieutenant-colonel du génie Raymond Adolphe Séré de Rivières. Le but était de former une enceinte discontinue autour de Metz, faite de forts espacés d’une portée de canons. Le comité des fortifications de Metz valide le 16 juin 1865 la construction d’un fort sur les hauteurs de Queuleu. Un décret impérial en date du 9 novembre 1867[3], déclare d’utilité publique l’acquisition des terrains pour l’édification des forts qui composeront la première ceinture fortifiée de Metz, c’est-à-dire les forts de Saint-Privat (1870), de Queuleu (1867), des Bordes (1870), de Saint-Julien (1867), Gambetta, Déroulède, Decaen, de Plappeville (1867) et du Saint-Quentin (1867), la plupart inachevés en 1870, lorsque la Guerre franco-prussienne éclate.

Le fort de la première ceinture fortifiée de Metz[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

Un des bâtiments du fort de Queuleu en 2014

Les travaux de terrassement et la construction débutent en 1867. Le fort de Queuleu est le plus vaste des forts de la première ceinture de Metz, avec un front de 800 m pour une profondeur de 450 m. Son architecture s’inspire encore des enceintes bastionnées, perfectionnées par Vauban au XVIIe siècle et par Cormontaigne au XVIIIe siècle. Ses quatre fronts mesurent chacun 350 m de long et la façade côté ville est longue de 700 m[4]. Il est prolongé de chaque côté d’une batterie annexe. La caserne forte est un ouvrage en béton, avec parement en pierre de Jaumont, comprenant deux étages de casemates, avec des salles voûtées[1]. L’armement du fort est de 122 pièces d’artillerie de divers calibres. La garnison est fixée par décret le 23 août 1869 à 2 000 hommes[5]. Ses quatre fronts mesurent chacun 350 m de long.

Il comporte différents éléments propres à l’architecture défensive de cette époque[5] :

  • une enceinte bastionnée : L’enceinte bastionnée est constituée de cinq grands bastions. Le fossé périphérique, d’une largeur de 15 m pour une profondeur de 6 m, est défendu par deux parapets : un d’infanterie et un autre d’artillerie. La contrescarpe et l’escarpe du fossé sont revêtues de maçonnerie.
  • un cavalier central : la partie centrale du fort est occupée par un important cavalier, formant réduit, et traversé par quatre longues poternes. L’une d’entre possède une entrée modifiée et une autre sert de magasins à munitions (celle à l’extrémité sud du cavalier). Le cavalier comporte aussi une grande caserne de deux étages avec un parement en pierre de Jaumont extrêmement décoré, deux magasins à poudre (d’une capacité totale de 237 688 kg) et de nombreux abris ainsi que des aménagements en terre destinés à l’installation de pièces d’artillerie. Fortement surélevé, il domine tous les parapets élevés devant lui, en particulier celui barrant la porte d’entrée et tout le terrain environnant. Conforme à l’esprit de Séré de Rivière, il constitue ainsi la batterie haute du fort avec un rôle de batterie à longue portée, tandis que les pièces disposées sur les parapets ont surtout pour rôle d’assurer une défense rapprochée en flanquant le fossé en cas d’assaut.
  • un fossé de gorge : le fossé de gorge est renforcé par une galerie reliant les deux casernes construites dans le fossé, qui comporte toutes sortes d’embrasures et de coffres, simples ou doubles, ce qui permet de mettre à l’abri les pièces pour la défense de la partie la plus sensible du fort.
  • des coffres : on note aussi l’existence de deux séries de coffres : la première le long du mur de flanquement droit de la caserne I du fossé et l'autre quelques centaines de mètres de distance de ce même bastion. Il semblerait qu'on ait adjoint à cette dernière série de coffres une « issue de secours » juste en face d'une casemate permettant de sortir du fossé vers l'extérieur. Cela expliquerait la présence non académique de ces coffres à cet emplacement. Ces deux séries de coffres pourraient avoir été reliées par une galerie encore plus profonde.
  • des batteries annexes : le fort est prolongé de part et d'autre par une batterie annexe : celle de Queuleu au nord et celle du Sablon au sud-ouest.

Incomplète lorsque la guerre de 1870 éclate, sa construction sera achevée sous l'Empire allemand.

Guerre franco-prussienne de 1870[modifier | modifier le code]

Le 14 août 1870, le fort reçoit son baptême du feu lors de la bataille de Borny. Le fort fait l’objet de bombardements prussiens. La forteresse est occupée par les troupes françaises pendant le siège de Metz entre le 20 août et le 28 octobre 1870.

Modifications allemandes (1872-1889)[modifier | modifier le code]

Suite au siège de Metz qui s’achève le 28 octobre 1870 par une défaite française, le fort passe sous domination allemande. Le fort est alors renommé Feste Goeben, du nom du général prussien du VIIIe corps d’armée (VIII. Armeekorps), August Karl von Goeben (1816-1880) qui s’était illustré en Moselle lors des batailles de bataille de Forbach-Spicheren, le 6 août 1870 et de Saint-Privat/Gravelotte le 18 août 1870

Les ingénieurs allemands entreprennent d’importants travaux de modernisation et de renforcement. Les principes théoriques mis en place par Hans Alexis von Biehler (1818-1886) en Allemagne y sont apportés. La ceinture de fortifications est complétée par de nouvelles constructions qui ont parfois été ébauchées par les Français en 1870 : Feste von Zastrow/fort des Bordes (1872-1875), Feste Prinz August von Württemberg/fort Saint-Privat (1872-1875), Feste Kameke/fort Déroulède (1876-1879), Feste Schwerin/fort Decaen (1878-1880) et Feste Hindersin/fort Gambetta (1879-1881). Les travaux de modernisation qui s’étendront entre 1872 et 1874 puis entre et 1887 et 1889.

Ils se caractérisent par[5] :

  • l’installation sur le cavalier de deux abris d’observation cuirassée modèle 1887, qui se trouvent dans des casemates reliées aux poternes ;
  • la construction de deux casemates de flanquement sur les bastions. L’une d’entre elles semble avoir accueilli des chevaux. Les portes ont été modifiées par obturation de l’espace de l’un des deux battants ;
  • la construction de nouveaux bâtiments, essentiellement des casemates jumelles reliées par galerie, et la modification d’autres. On note par exemple l’obturation des deux casemates situées dans les deux élargissements du fossé au niveau du front de tête. Il semblerait que l’accès à ces deux casemates était assuré par un escalier situé dans le fossé ;
  • l’installation à la pointe des trois bastions des fronts de tête d’observatoires d’infanterie. Ces deniers sont noyés dans le béton d’une petite casemate à une seule entrée sans autre espace que la chambre de l’observatoire ;
  • la construction de batteries annexes de part et d’autre de la gorge ;
  • le creusement de galeries de contre-mines dans la contrescarpe des trois bastions de têtes. Pour certaines d’entre elles, de véritables petites casemates ont été aménagées en façade. En général, à l’intérieur se trouvent deux départs de galeries de sape ;
  • le renforcement après 1887 des bâtiments suite aux progrès de l’artillerie ;
  • l’installation de nouveaux équipements comme des monte-charges ou le blindage des fenêtres. La poterne à entrée modifiée et un abri d’observation cuirassé en sont encore équipés. Le fort est alors alimenté en eau par la station élévatrice de Queuleu et se trouve relié au réseau électrique urbain et au réseau téléphonique souterrain de la place forte de Metz ;
  • l’installation d’un réseau de fil de fer sur les glacis du front de tête et des flancs. Ce réseau est encore ponctuellement conservé.

Les travaux s’achèvent en 1890. En effet, entre 1899 et 1914, les Allemands décident la construction d’une seconde ligne de fortification, à une dizaine de kilomètres du centre-ville de Metz, afin de tenir compte des progrès de l’artillerie. Cette nouvelle ceinture fortifiée fait perdre au fort de Queuleu son intérêt stratégique mais ce dernier reste cependant un important lieu de cantonnement. À cette époque, Metz, dont la garnison allemande oscille entre 15 000 et 20 000 hommes[6], est devenue la première place forte du Reich allemand[7].

Caserne II du Fort de Metz Queuleu construite en 1872

Affectations successives militaires et carcérales[modifier | modifier le code]

Première annexion allemande (1871-1914)[modifier | modifier le code]

À partir de 1890, la relève dans les forts est assurée par les troupes allemandes du XVI e Corps d’Armée stationnées à Metz et à Thionville. Entre 1899 et 1914, les Allemands décident de la construction d’une seconde ligne de fortification, à une dizaine de kilomètres du centre-ville, afin de tenir compte des progrès de l’artillerie. Cette nouvelle ceinture fortifiée fait perdre au fort de Queuleu son intérêt stratégique. Le fort reste cependant un important lieu de cantonnement. Les tranchées à traverses situées à l’extérieur de l’enceinte fortifiée, au sud et à l’est des bastions, ont vraisemblablement été réalisées pour l’entraînement des troupes qui y étaient stationnées. Les parties hautes du fort sont utilisées pour mettre en place des pièces de défense contre avions.

Première Guerre mondiale (1914-1918)[modifier | modifier le code]

Pendant la Première Guerre mondiale, un camp allemand de prisonniers de guerre français y est vraisemblablement installé mais les informations disponibles à ce sujet sont rares. Un réseau complexe de tranchées, conservé à l’extérieur de l’enceinte du fort témoigne des aménagements allemands liés à la défense de Metz entre 1914 et 1918. Des survols réguliers d’avions alliés photographient et bombardent le fort.

À partir de novembre 1918, le fort sert de camp pour prisonniers de guerre. Des soldats allemands, italiens, russes y sont regroupés. Il est géré par l’armée française mais la présence de soldats américains y est attestée notamment dans le cadre du YMCA (Young Men's Christian Association) qui accompagne les troupes américaines.

Entre-deux-guerres (1919-1939)[modifier | modifier le code]

En 1919, le fort de Queuleu est désarmé par l’armée française, mais non déclassé. Il est alors occupé par différentes unités françaises, notamment vers 1925 par le 18e régiment de tirailleurs algériens. Des baraquements pour le cantonnement, des voies étroites destinées au transport du matériel et des munitions sont installées dans certaines parties du fort. Quelques travaux d’aménagements intérieurs sont également réalisés : réaménagement pour le de stockages de munitions, installations sanitaires, décorations murales… Le fort est alors intégré au dispositif arrière de la ligne Maginot.

Seconde Guerre mondiale (1939-1945)[modifier | modifier le code]

Drôle de guerre (1939-1940)[modifier | modifier le code]

Pendant la drôle de guerre, le fort de Queuleu est occupé par plusieurs régiments français : le 13e régiment de tirailleurs algériens, le 165e régiment d’artillerie de position et le 68e régiment régional.

Créé en 1914, le 13e régiment de tirailleurs algériens est un régiment d’infanterie appartenant à l'Armée d'Afrique qui a pris cette dénomination le 1er novembre 1920. Après avoir participé aux opérations de pacification du Maroc. Arrivé en France, il est affecté à la 2e division d’infanterie nord-africaine en Lorraine et tient garnison entre 1936 à 1939 à Thionville et à Metz au Fort Moselle et au fort de Queuleu. À la déclaration de guerre, il est d’abord en couverture en Lorraine. Puis, du 18 décembre 1939 au 10 mai 1940, il est employé à des travaux défensifs dans le Nord à Saint-Amand-les-Eaux. Le 11 mai, il entre en Belgique. Attaqué à partir du 14 mai, le régiment subit des pertes sévères au pont de Limal avant de se replier en direction de Waterloo à Lasne. Le régiment se bat à Dunkerque, revenu par Brest et Cherbourg. Il se regroupe enfin à Bernay dans l’Eure le 8 juin 1940 avant d’être dissous le 14 juin.

Le 165e régiment d’artillerie de position est mobilisé à partir du 26 août 1939 à partir d’un noyau du 163e régiment d’artillerie de position. Il assure la défense de la ville de Metz en occupant principalement les forts. Le fort de Queuleu accueille son poste de commandement. Le régiment possède 134 pièces d’artillerie lourde et de campagne. Déployé loin du front, il n’est pas engagé dans les combats. Le 14 juin 1940, Metz est déclarée « ville ouverte», et le régiment se replie vers le sud en abandonnant une grosse partie de son matériel. Les unités suivent l’itinéraire Nancy, Épinal, Belfort, Pontarlier, Lyon, Issoire et enfin Soual près de Castres le 25 juin 1940 lors de l’armistice.

La garnison du 68e régiment régional se trouve principalement au fort de Queuleu à partir de sa création le 26 août 1939. Le recrutement est régional à base de réservistes âgés de 35 à 45 ans, encadrés par des officiers et sous-officiers de la même ancienneté voir plus. Leur armement en sous-nombre par rapport à l’effectif est très désuet. Ainsi, on y trouve encore des revolvers 1873, fusils Gras 1874, fusils Lebel 1886, fusils-mitrailleurs Chauchat 1915 et l’habillement est presque exclusivement bleu horizon alors que la tenue kaki est adoptée depuis novembre 1921. La mission de ce type de régiment est de maintenir les arrières en surveillant les sites sensibles (ouvrage d’art, voies ferrées, carrefours, lieux de stockage, forts) et en aménageant les positions (abris, tranchées…). Le 68e régiment régional se replie vers Lyon le 14 juin 1940 et intègre le groupement du général de Mesmay. Placé le 19 juin en seconde ligne au nord de Lyon, le régiment défaille et disparaît dès l’arrivée de l’ennemi. Quelques dizaines d’hommes, sans armes, sont retrouvés le lendemain à une vingtaine de kilomètres au sud.

Annexion allemande (1940-1944)[modifier | modifier le code]

À la fin de la campagne de France, en juin 1940, il est réinvesti par l’armée allemande. En 1940-1941, le fort est réutilisé par les nazis en camp de détention pour prisonniers de guerre, puis en 1943-1944 en kommando du camp de concentration de Natzweiler-Struthof et en camp spécial d’interrogatoire de la Gestapo, antichambre de la déportation. Ce dernier voit l’internement d’environ 1800 prisonniers, principalement des résistants, qui y sont torturés et enfermés les yeux bandés avec les pieds et mains liés.

Combats de la Libération de Metz (1944)[modifier | modifier le code]

Début septembre 1944, au début de la bataille de Metz, le commandement allemand l’intègre au dispositif défensif mis en place autour de Metz.

Article détaillé : Bataille de Metz.

Le 2 septembre 1944, Metz est en effet déclarée forteresse du Reich par Hitler. La place forte doit donc être défendue jusqu’à la dernière extrémité par les troupes allemandes, dont les chefs ont tous prêté serment au Führer[8]. L’offensive américaine, lancée le 7 septembre 1944 sur la ligne ouest des forts de Metz tourne court. Les troupes américaines s’arrêtent finalement sur la Moselle, malgré la prise de deux têtes de pont au sud de Metz. Butant contre des forts mieux défendus qu’elles ne le pensaient, les troupes américaines sont maintenant à bout de souffle. Le général McLain (en), en accord avec le général Walker, décide de suspendre les attaques, en attendant de nouveaux plans de l’état-major de la 90e division d’infanterie américaine[9]. Lorsque les hostilités reprennent, après un mois pluvieux, les soldats de la 462e Volks-Grenadier-Division tiennent toujours solidement les forts de Metz, même si les ravitaillements se font plus difficilement à cause des tirs d’artillerie et des bombardements fréquents[10]. En guise de prélude à l’offensive sur Metz, le 9 novembre 1944, l’Air Force envoie pas moins de 1 299 bombardiers lourds B-17 et B-24 déverser 3 753 tonnes de bombes, de 1 000 à 2 000 livres, sur les ouvrages fortifiés et les points stratégiques situés dans la zone de combat de la IIIe armée américaine[11]. La plupart des bombardiers ayant largué leurs bombes sans visibilité, à plus de 20 000 pieds, les objectifs militaires ont souvent été manqués. À Metz, les 689 chargements de bombes destinés à frapper sept forts de Metz, désignés comme des cibles prioritaires, ne font que des dégâts collatéraux, prouvant une fois de plus l’inadéquation des bombardements massifs sur des objectifs militaires[12]. Dans la nuit du 15 au 16 novembre 1944, 400 hommes du Volkssturm, portant des brassards et armés de fusils français, sont placés par des fonctionnaires de police dans les lignes, entre le fort Saint-Privat et le fort de Queuleu[13]. Ce bataillon du Volkssturm Metz, formé à la Bayern-Kasern de Metz, se composait essentiellement d’anciens fonctionnaires de police et de vétérans de 14-18, âgés de plus de 45 ans et incorporés de force, de réfractaires de l’armée allemande, mais aussi de jeunes de la Hitlerjugend, âgés de moins de 18 ans. Placés sous l’autorité d’un commandant de l’Ordnungspolizei, ils furent principalement affectés à des tâches de maintien de l’ordre et de défense passive[14]. Le 17 novembre 1944, un détachement du 22e régiment de forteresse, intégré à la 462e Volks-Grenadier-Division, prend position à l’intérieur et autour du fort, attendant avec résignation l’attaque finale du 10e Infantry regiment de la 5e division d’infanterie américaine. La résistance est de courte durée, puisque le 2e bataillon du 10e Infantry regiment prendra le fort de Queuleu cinq jours plus tard, le 21 novembre 1944, après des négociations avec les défenseurs allemands. Le fort Jeanne-d’Arc fut le dernier des forts de Metz à déposer les armes. La résistance allemande, déterminée, les intempéries et les inondations, inopportunes, ainsi qu’une tendance générale à mésestimer la puissance de feu des fortifications de Metz, ont contribué à ralentir l’offensive américaine, donnant l’occasion à l’armée allemande de se retirer en bon ordre vers la Sarre[15]. L’objectif de l’état-major allemand, qui était de gagner du temps en fixant le plus longtemps possible les troupes américaines en avant de la ligne Siegfried, sera donc largement atteint.

Centre de séjour surveillé (1944-1946)[modifier | modifier le code]

Un Centre de séjour surveillé est établi par l’administration française dans le fort entre décembre 1944 et mars 1946 pour l’internement des Allemands et des suspects, jugés « dangereux », soit plus de 8 000 personnes en Moselle[16].. D’abord réservé aux civils allemands et à leurs familles, le site sert aussi de lieu de détention aux internés administratifs arrêtés pour motifs de collaboration, propagande, antipatriotisme ou dénonciation (jusqu’à 4 400 personnes y furent internées). Il s’agit d’un des centres les plus importants de ce type installé sur le territoire français. Des étrangers de différentes nationalités y sont internés (Allemands, Espagnols, Français, Italiens, Luxembourgeois, Polonais, Yougoslaves…).

Camp de prisonniers allemands de guerre (1946-1947)[modifier | modifier le code]

Entre 1946 et 1947, le fort de Queuleu accueille un camp de prisonniers où sont enfermés des soldats allemands. Ce détachement, formé le 1er juin 1946, dépend du dépôt de prisonniers de guerre 211 de Metz. Géré par M. Massu, le camp est visité le 13 février 1947 par la Croix Rouge. 145 prisonniers sont alors logés dans la caserne II/casemate A du fort. Les locaux sont chauffés, les rations sont suffisantes et de l’eau chaude est disponible pour la toilette. Une infirmerie est gérée par le Dr. Dietrich Ostler. Les prisonniers sont affectés au déchargement de wagons, au nettoyage d’un canal et au transport de matériaux de construction.

Camp de travailleurs indochinois (1948-1950)[modifier | modifier le code]

Quelques centaines de travailleurs indochinois sont installés dans le fort de Queuleu entre 1948 et 1950[17]. En octobre 1948, ils sont plus de 500. La présence de ces travailleurs coloniaux est liée au remplacement de la main-d’œuvre mobilisée pendant la Seconde Guerre mondiale. En effet, le « plan Mandel » élaboré en 1938 par Georges Mandel alors ministre des colonies prévoyait la mobilisation de travailleurs coloniaux destinés à renforcer les manques liés à la mobilisation des hommes. Environ 20 000 travailleurs indochinois arrivent en France au début de la Seconde Guerre mondiale. Le Service de la main-d’œuvre indigène nord-africaine et coloniale (MOI) est chargé au sein du ministère du Travail de recruter les travailleurs coloniaux requis, de les acheminer par bateaux et de les mettre au service des industries de la défense nationale. La majorité des recrutements est effectuée de force au sein de la paysannerie pauvre des protectorats de l’Annam, du Tonkin et de la colonie cochinchinoise. Ces ouvriers non spécialisés sont pour la plupart employés à des travaux forestiers, agricoles et industriels notamment dans les usines d’armement et les poudrières. Après la défaite française, ils sont logés dans d’immenses camps de la zone libre et soumis à une discipline militaire ainsi qu’à des conditions de vie très dures. À la Libération, la majorité de ces hommes aspire à un rapatriement rapide, reporté à cause de la désorganisation de l’après-guerre et des événements qui affectent l’Indochine française. À la souffrance de l’exil, succèdent alors l’exaspération et la colère. En écho au mouvement indépendantiste vietminh en Indochine, les travailleurs indochinois revendiquent en métropole leur émancipation et l’égalité des droits avec les autres travailleurs. Quelques graffitis témoignent encore aujourd’hui de leur présence dans le fort de Queuleu.

Lieu de mémoire[modifier | modifier le code]

Protections patrimoniales (1970 et 1972)[modifier | modifier le code]

La caserne II/casemate A est inscrite à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du 13 février 1970 (PA00106840)[18]. Depuis 2016, une étude patrimoniale menée par la DRAC ACAL-Site de Metz, est en cours afin de proposer l’extension de la protection à l’ensemble du site.

L’intégralité du fort de Queuleu est un site inscrit au titre de la loi de 1930 par arrêté du 20 septembre 1972 (SI57463A).

Mémorial de la résistance et de la déportation (1977)[modifier | modifier le code]

Le 22 janvier 1973, le Comité mosellan du musée et du mémorial de la résistance et de la déportation est créé. Il regroupe cinq associations patriotiques mosellanes : l’Amicale des anciens déportés et familles de disparus du fort de Queuleu (présidée par Firmin Nicolas), l’Association départementale de la Moselle de la Fédération nationale des déportés internés résistants politiques (présidée par Léon Burger), la Fédération mosellane de l’Union nationale des associations de déportés, internés et familles de disparus (UNADIF, présidée par Jean Cuelle), l’Union départementale des combattants volontaires de la résistance (présidée par Bernard Lauris), et la section départementale de l’Association nationale des anciennes déportées et internées de la résistance (présidée par Suzanne Thiam).

Le but de ce comité, présidé par Firmin Nicolas, déporté au fort de Queuleu, Natzweiler-Struthof, Dachau et Mauthausen en 1944, est la création d’un musée départemental de la résistance et de la déportation au fort de Queuleu et l’érection d’un mémorial de la résistance et de la déportation à Metz.

Après de nombreuses discussions concernant l’emplacement du mémorial dont la localisation au centre-ville était initialement prévue depuis une vingtaine d’années, le site du fort de Queuleu est retenu afin de devenir la « Colline du Souvenir ». D’abord projeté à l’extérieur du fort, le mémorial est finalement implanté à l’entrée du fort.

À partir de novembre 1975, une collecte de fonds est organisée à l’initiative du Comité mosellan et connaît un franc succès grâce aux dons de diverses familles de résistants et déportés, associations, collectivités territoriales, entreprises privées et particuliers.

L’architecte Roger Zonca dont plusieurs membres de la famille ont été déportés réalise les plans du monument. Deux projets légèrement différents sont proposés successivement. Les principales différences concernant la base de la flamme et sa forme, plus torsadée dans le projet non retenu. Le permis de construire du mémorial est obtenu le 13 mai 1977 et les travaux de gros œuvre sont réalisés entre juillet et octobre 1977. René Thill, interné au fort de Queuleu en 1943-1944 et Roger Flucklinger, déporté à Neu Bremm et Dachau en 1944, supervisent les travaux pour le Comité mosellan. L’entreprise Boyon de Marly effectue les terrassements pour l’implantation du monument. Gustave Boyon avait été déporté au fort de Queuleu, à Natzweiler-Struthof, Schömberg et Dachau en 1943-1944.

Le 29 novembre 1977 au soir, l’urne renfermant les cendres de déportés inconnus provenant de 18 camps de concentration nazis, déposée au monument aux morts de Metz près de la porte Serpenoise depuis le 27 avril 1955, est transférée lors d’une procession aux flambeaux au fort de Queuleu. Convoyée sur un véhicule militaire précédé par la gendarmerie mobile, l’urne est encadrée par des porte-drapeaux avant d’être déposée dans une ciste en pierre située dans la crypte du mémorial.

Le mémorial départemental de la résistance et de la déportation est inauguré le matin du 20 novembre 1977, en présence du Secrétaire d’État aux Anciens Combattants Jean-Jacques Beucler (1923-1999). Un parchemin rappelant les commémorations des 19-20 novembre 1977 signé par l’architecte Roger Zonca et les membres du Comité mosellan est par ailleurs inséré dans le mémorial afin de rappeler l’événement.

Aujourd’hui, le mémorial accueille de nombreuses cérémonies patriotiques officielles comme la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation.

Fin de la présence militaire, mise en valeur du site et devoir de mémoire (depuis 1971)[modifier | modifier le code]

La désaffection du fort par l’armée est entamée le 31 août 1971 après 104 années d’occupations militaires. L’entretien du site n’est plus assuré par les militaires et la végétation spontanée se développe causant d’importants dommages aux bâtiments historiques.

Le 7 mars 1971, l’Amicale des anciens déportés du fort de Queuleu et de leurs familles est créée. L’association est inscrite le 10 mai 1971 au tribunal d’instance de Metz. Michel Debré, ministre de la Défense, autorise l’association à entreprendre des travaux de conservation du site.

Le 27 novembre 1972 (ou en avril 1974 ?)[réf. nécessaire], le ministère de la Défense cède le site à la Direction départementale de l’équipement (44,65 ha). À partir du 11 juin 1972, une équipe de dix-sept bénévoles, tous anciens internés de la casemate A, commence à travailler sur le site. Deux ares sont déboisés et quatre ares désherbés aux abords de la casemate A/caserne II. L’intérieur est délabré (absence de vitres aux fenêtres et aux impostes des portes, absence d’eau, d’électricité et de chauffage). Il faut alors empêcher que le site soit vandalisé ou fasse la convoitise des récupérateurs (métal et bois). Deux mois plus tard, l’électricité est amenée par une ligne posée par l’usine d’électricité de Metz. Une conduite d’eau est créée sur 120 m de longueur depuis un puits situé à l’intérieur de la casemate afin d’alimenter un atelier et des sanitaires. Trois cellules collectives sont reconstituées et deux autres sont aménagées : une salle d’exposition avec chauffage central et une autre présentant les fiches individuelles des anciens détenus avec une niche où figurent les noms de 36 victimes décédés dans le fort pendant l’occupation allemande.

Dans ses statuts originaux, l’Amicale des déportés du fort de Queuleu et de leurs familles se propose de tout faire pour que le site soit aménagé pour les visites publiques et pour qu’il soit maintenu dans l’état où il se trouvait pendant l’incarcération des prisonniers. L’Amicale se donne alors pour tâche d’installer un musée de la Déportation contenant des souvenirs d’internement notamment des camps de concentration.

Vers 1975-1977, la casemate A est ouverte aux visiteurs après environ 70 000 heures de travail. Dès 1978, le public peut découvrir le fort les premiers dimanches de chaque mois d’avril à octobre ainsi que sur rendez-vous pour les groupes et les scolaires. On compte alors environ 10 000 visiteurs par an. En 1984, l’association reçoit le prix du mérite délivré par l’académie nationale de Metz.

Après le décès de Firmin Nicolas, René Micheletti, ancien détenu, est élu président de l’Amicale en 1993. L’Amicale comptait alors 183 membres.

Le 12 mars 1995, une dizaine de mineurs et un adulte s’introduisent volontairement par effraction dans la caserne II/casemate A et anéantissent le musée et les cellules des déportés. Les mannequins sont détruits et les châlits sont défoncés. Les responsables seront retrouvés, jugés et condamnés. Ce vandalisme sera le premier d’une trop longue série.

En 2000, l’amicale compte 192 adhérents. On dénombre alors 48 déportés (qui ne sont pas tous forcément passés à Queuleu), 107 familles de déportés et 7 sympathisants.

Début 2001, Jean-Pierre Masseret, alors secrétaire d’État à la Défense, chargé des anciens combattants créé un comité de pilotage. Ce dernier comprend le secrétaire d’État aux Anciens combattants, des élus du conseil général de la Moselle, des élus du conseil régional de Lorraine, des élus de la ville de Metz, des associations patriotiques, un ancien ministre Jean Laurain et un universitaire (qui n’a jamais été désigné). Selon Jean-Pierre Masseret, dans un article publié dans Le Républicain lorrain du 25 mai 2001, l’État devait financer 80 % de l’étude de faisabilité et 12 à 15 % du coût total de réalisation du lieu de mémoire. Il fallait cependant que les collectivités territoriales participent à l’investissement, ce qui n’a jamais été le cas. Malgré tout, Jean-Pierre Masseret fait preuve d’optimisme en affirmant que ce lieu de mémoire pourrait ouvrir qu’une ou deux années plus tard.

Le concept prévoyait :

  • l’aménagement d’un espace consacré aux faits historiques, à travers la création d’un centre d’interprétation (au niveau 0 de la casemate A/caserne II). Outre la présentation du rôle militaire et architectural du fort lui-même, du rôle particulier des annexions en Moselle, il prévoyait de présenter le fonctionnement du camp par l’intermédiaire d’une série de personnages dont la destinée pourrait permettre de comprendre les faits historiques ;
  • le réaménagement de l’espace où furent internés les détenus (au niveau -1 de la casemate A/caserne II) mais celui-ci devait, quant à lui rester sobre et respecter les lieux ;
  • l’installation d’un centre de documentation où pourraient être consultés des documents relatifs à la période.

Ce projet, qui devait utiliser les nouvelles technologies nécessitait un investissement de 30 millions de francs. Malheureusement, ce projet ambitieux a été totalement abandonné car aucune collectivité territoriale ne souhaitait supporter les frais de fonctionnement d’un tel site. Parallèlement, Jean-Pierre Masseret arrête son choix sur la ville de Schirmeck (entre Schirmeck, Strasbourg, Phalsbourg et Saint-Louis), pour accueillir le Mémorial de l’Alsace-Moselle annexée. Ce choix politique entraîne l’abandon du projet.

En 2003, on compte 198 adhérents et le nombre d’anciens internés dans la casemate A diminue. Ces derniers, âgés et fatigués, commencent à passer le flambeau aux plus jeunes. La même année, la Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives, émanation du Ministère de la Défense, démontre un grand intérêt pour le fort de Queuleu. Dans chaque quart géographique, un chargé de mission doit mettre en place des « Chemins de Mémoire », chemins qui comportent des sites jugés d’un intérêt historique et mémoriel. Le fort de Queuleu figure sur le chemin intitulé « Internement et Déportation » qui comprend le futur centre européen du déporté au Struthof (Bas-Rhin), le camp de Thil (Meurthe-et-Moselle) et le camp d’Arc-et-Senan (Doubs). Une nouvelle étude est commandée, moins ambitieuse et moins onéreuse. Ce projet comprend une simple sécurisation et une remise aux normes de la casemate A pour un montant d’environ un million d’euros. Ce projet bénéficierait d’un large soutien de la Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives mais l’association de bénévoles n’est pas en mesure de prendre en charge le reste des travaux. Des propositions sont faites aux différentes collectivités territoriales mais toutes sont rejetées.

En octobre 2003, le Comité mosellan du musée et du mémorial de la résistance et de la déportation finance avec l’aide de la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives[19], l’enregistrement des derniers témoins enfermés entre 1943 et 1944 dans la casemate A du fort de Queuleu. Treize témoignages sont ainsi déposés aux archives départementales de la Moselle afin d’être mis à la disposition des chercheurs et d’être conservés dans des conditions optimales.

À la suite d’actes de vandalisme répétés en 2012, les collectivités locales décident de créer un syndicat mixte destiné à protéger et mettre en valeur ce lieu de mémoire[20]. Le musée est totalement détruit.

Depuis fin 2014, de nombreuses journées de travaux ouvertes aux bénévoles permettent l’entretien, la remise en état et la réouverture du site aux visites. Cet élan citoyen s’inscrit dans la lignée de ce qui avait été entamé par l’équipe de Firmin Nicolas lors de la création de l’association au début des années 1970.

Le 26 avril 2015, l’association s’ouvre vers l’extérieur notamment aux personnes non apparentées à des internés-déportés du fort de Queuleu. L’association prend un nouveau nom et valide de nouveaux statuts en rapport avec les enjeux du XXIe siècle. Par ailleurs, le siège social est accueilli au sein de mairie de quartier de Plantières-Queuleu.

En septembre 2015, d’importants tags sont découverts sur la façade de la Caserne I du fort de Queuleu qui a vraisemblablement abrité le camp de concentration.

Le 24 mars 2016, un nouveau panneau d’entrée du camp, financé par la réserve parlementaire d’Aurélie Filippetti, ancienne ministre et députée de la Moselle, petite-fille d’un interné déporté au fort de Queuleu décédé au camp de Bergen-Belsen, a été inauguré.

Le 9 mai 2016, Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense chargé des Anciens combattants et de la Mémoire, a signé une convention pour la réhabilitation partielle du fort de Queuleu (casemate A/caserne II) et du pavillon d’accueil. L’État et les collectivités locales (ville de Metz, Metz-Métropole, département de la Moselle et région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine) ont tenu à se mobiliser pour la préservation de cet important lieu de la mémoire mosellane en investissant un million d’euros[21]. Ainsi, la convention pour la réhabilitation partielle du fort confiée par l’État, propriétaire du site, à la communauté d’agglomération de Metz-Métropole pour une durée de 4 ans, impliquera la création d’un centre d’interprétation permettant une valorisation mémorielle, éducative et culturelle.

En 2016, dans le cadre du 45e anniversaire de l’association du fort de Metz-Queuleu, de nombreux événements sont organisés sur le site : accueil d’expositions artistiques et historiques réalisées par le Centre européen du résistant déporté, représentations théâtrales réalisées par la compagnie messine Entre les Actes, Nuit européenne des musées, Journées européennes du patrimoine…

L’association regroupe aujourd’hui presque 800 adhérents et constitue une des plus importantes associations de la ville de Metz.

Liste des présidents de l'Association du fort de Metz-Queuleu
Début Fin
Firmin Nicolas 7 mars 1971 1993
René Micheletti 1993 2002
Jean-Charles Micheletti 2002 29 novembre 2014
Jean-Pierre Burger 29 novembre 2014 1er septembre 2017
Paule Einig 13 octobre 2017 en cours

Lieu de détente[modifier | modifier le code]

Parcours de santé[modifier | modifier le code]

Aujourd’hui, le fort de Queuleu propose également un parcours de santé pour les amateurs d’obstacles et de détente.

Tournage de films[modifier | modifier le code]

Le film Le tombeau de la Garde, réalisé par Patrick Basso, a été partiellement tourné en 2011 au fort de Queuleu. D’autres scènes ont été tournées par exemple aux châteaux de Pange et de Jarny, dans les abbayes de Gravelotte et d’Azannes ainsi qu’au Fort-Moselle à Metz. Le film historique se déroule en août 1870 dans plaine de Gravelotte en Moselle. Trois soldats français, assis dans un campement attendent d’être relevés mais la relève n’arrive pas. Le maréchal Bazaine décide le repli sur Metz, contre l’avis de ses officiers. Sur un coup de tête, ils désertent. C’est alors une cavale dans la campagne et surtout la rencontre de Jean et de Ethel, femme hors du commun, qui tente de prendre en main son destin. Le film est tourné grâce à la solidarité de nombreux figurants et reconstituants avec des moyens limités.

Le tournage d’un film, The Hunters de Chris Briant, a été réalisé en 2009 sur le site du fort.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Du nom du général du 8e corps d’armée prussien, August Karl von Goeben, qui s’illustra lors des batailles de Spicheren et Gravelotte en 1870.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Fort de Queuleu dit Feste Goeben sur culture.gouv.fr.
  2. « Fort de Queuleu | Chemins de mémoire », sur cheminsdememoire.gouv.fr/ (consulté le 8 juin 2016)
  3. Les chemins de la mémoire no 145
  4. « Metz, autres quartiers. Le fort de Queuleu », sur Mairie de Metz. Visite guidée de Metz.
  5. a b et c « Fort de Queuleu (1876-1870) / Feste Goeben (1871-1890) », sur darkplaces.org.
  6. René Bour, Histoire de Metz, , p. 227.
  7. François Roth, « Metz annexée à l’Empire allemand », dans François-Yves Le Moigne, Histoire de Metz, Toulouse, Privat, , p. 350.
  8. René Caboz, La bataille de Metz, Sarreguemines, Éditions Pierron, , p. 132.
  9. Cole 1950, p. 176-183.
  10. Cole 1950, p. 256.
  11. Général Jean Colin, Contribution à l’histoire de la libération de la ville de Metz ; Les combats du fort Driant (septembre-décembre 1944), Académie nationale de Metz, , p. 13.
  12. Cole 1950, p. 424.
  13. Cole 1950, p. 431.
  14. « Levée en masse », dans 1944-1945, Les années Liberté, Metz, Le Républicain Lorrain, , p. 35.
  15. Cole 1950, p. 448.
  16. Cédric Neveu, « Les camps d’internement du fort Queuleu 1943-1946, conférence de la Société d’histoire du Pays naborien », .
  17. « L’histoire du Fort : le camp de travailleurs indochinois », 2016 (consulté le 1er octobre 2016).
  18. Fort de Queuleu-Fort dit Feste Goeben sur culture.gouv.fr.
  19. « Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives - DMPA » (consulté le 27 novembre 2016).
  20. Décision du Conseil municipal de la ville de Metz no 13-12-19-5.
  21. « Décision du Conseil municipal de la ville de Metz n° 13-12-19-5 ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Pour visiter le site[modifier | modifier le code]

L'extérieur du fort peut être visité toute l'année.

L'intérieur du fort fait l'objet de visites guidées le dimanche après-midi ou sur rendez-vous pour des groupes ou des scolaires.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Caboz, La bataille de Metz, Éditions Pierron, Sarreguemines, 1984.
  • (en) Hugh M. Cole, The Lorraine Campaign, Washington, Center of Military History, [détail de l’édition].
  • Pierre Denis, La libération de Metz, Éditions Serpenoise, Metz, 1994.
  • Christian Dropsy, Les fortifications de Metz et Thionville, Bruxelles, 1995.
  • Rémy Fontbonne, Les fortifications allemandes de Metz et de Thionville 1871-1918, Éditions Serpenoise, , p. 37-38.
  • Marie-Caroline Gaymard, « Le patrimoine militaire sur la scène urbaine : les processus de reconversion des sites militaires à Metz », Revue géographique de l’Est [En ligne], vol. 54/n°3-4, 2014.
  • Éric Rondel, L’armée américaine en Lorraine, Éditions Ouest et Cie, Sables d’Or-les-Pins, 2012.
  • Michaël Séramour, 20 000 soldats sous la terre. Peintures murales et graffitis des fortifications de Thionville, Metz et Strasbourg, 1871-1945, Metz, Éditions Serpenoise, .
  • Philippe Wilmouth, Les camps de prisonniers de guerre en Moselle 1940-1948, A. Sutton, Saint-Cyr-sur-Loire, 2009.
  • Philippe Wilmouth, Cédric Neveu, Les camps d’internement du fort de Metz-Queuleu 1943-1946, A. Sutton, Saint-Cyr-sur-Loire, 2011.
  • Deux mille ans d'architecture militaire, Metz, Éditions Serpenoise, .

Articles connexes[modifier | modifier le code]